{"id":1421,"date":"2013-07-01T11:41:53","date_gmt":"2013-07-01T10:41:53","guid":{"rendered":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/?p=1421"},"modified":"2013-11-08T17:00:09","modified_gmt":"2013-11-08T16:00:09","slug":"de-la-pauvrete-subie-a-la-pauvrete-acceptee","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/de-la-pauvrete-subie-a-la-pauvrete-acceptee\/","title":{"rendered":"De la pauvret\u00e9 subie \u00e0 la pauvret\u00e9 accept\u00e9e | T\u00e9moignage"},"content":{"rendered":"<p>T\u00e9moignage de Francis Bois, du Syndicat des ch\u00f4meurs et de l&rsquo;association Partage<\/p>\n<p>Octobre 1981 : \u00e0 cette \u00e9poque, j&rsquo;\u00e9tais sans emploi depuis quatre ans. Mon doctorat en sociologie ne m&rsquo;avait ouvert aucune porte, dans une p\u00e9riode encore proche des \u00e9v\u00e9nements de mai 1968 : les employeurs avaient oubli\u00e9 leur coutume de donner volontiers leur chance aux jeunes et, d\u00e9sormais, ils ne verraient en eux que trublions en puissance ou contestataires cong\u00e9nitaux. On n&#8217;embauche, m\u00eame \u00e0 l&rsquo;essai, qu&rsquo;en cas d&rsquo;extr\u00eame n\u00e9cessit\u00e9. Cette p\u00e9riode \u00e9tait aussi tr\u00e8s marqu\u00e9e par la politique giscardienne : avec le pr\u00e9texte de la crise \u00e9conomique, on avait drastiquement r\u00e9duit le financement du recrutement de nouveaux chercheurs, surtout en sciences humaines, jug\u00e9es en France potentiellement subversives en raison de l&rsquo;influence alors profonde du marxisme dans les milieux universitaires fran\u00e7ais.<br \/>\nApr\u00e8s des ann\u00e9es de recherches vaines, d&rsquo;\u00e9checs \u00e0 des concours administratifs, un manuscrit non publi\u00e9, je tentai ma chance avec la presse. Tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement, je r\u00e9digeais des articles de quelques feuillets dont certains furent publi\u00e9s, dans <i>Le Monde <\/i>et dans <i>L&rsquo;\u00c9quipe. <\/i>Les revenus procur\u00e9s par ces piges \u00e9taient cependant tr\u00e8s insuffisants pour me faire vivre, et m\u00eame pour survivre: c&rsquo;est gr\u00e2ce au soutien de ma famille que je n&rsquo;ai pas sombr\u00e9. Mes parents, devenus pr\u00e9-retrait\u00e9s, donc eux aussi touch\u00e9s par le ch\u00f4mage, mais sans obligation de rechercher un nouvel emploi, s&rsquo;\u00e9taient retir\u00e9s dans leur maison de campagne pr\u00e8s de Bagnols-sur-C\u00e8ze et m&rsquo;avaient laiss\u00e9 leur appartement \u00e0 Malakoff. Ils avaient d\u00e9finitivement acquis un statut de retrait\u00e9s bien consid\u00e9r\u00e9s, tandis que les ch\u00f4meurs, comme je l&rsquo;\u00e9tais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, tenus de rechercher du travail, demeuraient mal consid\u00e9r\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 leur embauche \u00e9ventuelle. Parmi mes articles, r\u00e9dig\u00e9s \u00e0 la mani\u00e8re de chroniques toujours en rapport avec l&rsquo;actualit\u00e9, quelques-uns \u00e9taient d&rsquo;ailleurs consacr\u00e9s au ch\u00f4mage, non parce qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de mon domaine de pr\u00e9dilection, mais en raison m\u00eame de ma situation sociale d&rsquo;alors dont je faisais la difficile exp\u00e9rience, dans l&rsquo;isolement social le plus complet.<br \/>\nLe 10 octobre me tomba sous les yeux l&rsquo;appel lanc\u00e9 par Maurice Pagat pour la cr\u00e9ation d&rsquo;un syndicat de ch\u00f4meurs, paru dans <i>le Monde dimanche. <\/i>Je fis la connaissance de ce personnage hors du commun, mais qui s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9cemment retrouv\u00e9 dans une situation encore pire que la mienne. Je choisis de m&rsquo;investir dans cette initiative \u00e0 hauts risques mais que je consid\u00e9rais paradoxalement comme une de mes derni\u00e8res chances de salut. Dans une pareille organisation en voie de constitution, sans doute pourrais-je jouer un r\u00f4le, d\u00e9velopper mon capital social et, d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre, trouver enfin un emploi, au sein m\u00eame de cette association nouvelle, ou \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur,<br \/>\nL&rsquo;association perdura, se d\u00e9veloppa, donna naissance \u00e0 d&rsquo;autres dont \u00abPartage \u00bb, parce qu&rsquo;un nombre suffisants de ch\u00f4meurs frapp\u00e8rent \u00e0 la porte dans un but analogue au mien, s&rsquo;investissant quelque temps, puis le plus souvent disparaissant, ayant retrouv\u00e9 du travail, pris leur retraite, ou disparu Dieu sait o\u00f9. Elle r\u00e9sista \u00e0 l&rsquo;usure aussi parce que Maurice Pagat y trouvait son int\u00e9r\u00eat personnel: jouer un nouveau r\u00f4le social, lutter contre l&rsquo;injustice faite aux ch\u00f4meurs victimes des al\u00e9as de la recherche d&#8217;emploi et de discriminations diverses, par l&rsquo;\u00e2ge, le sexe, l&rsquo;origine ethnique, les relations personnelles, et, peut-\u00eatre, s&rsquo;en servir lui-m\u00eame de tremplin pour une \u00e9ventuelle nomination \u00e0 un poste politique.<br \/>\nToutefois, ce nouveau \u00absyndicat\u00bb v\u00e9g\u00e9ta longtemps et si, avec d&rsquo;autres, il me sortit de la solitude, je restais toujours aussi d\u00e9sargent\u00e9. Je m&rsquo;\u00e9tais mis \u00e0 la recherche d&rsquo;un mode de vie adapt\u00e9 \u00e0 mes ressources et je m&rsquo;y accoutumais. Comment vivre le mieux possible avec tr\u00e8s peu d&rsquo;argent? C&rsquo;est le type de question essentielle aux personnes d\u00e9munies mais ignor\u00e9e des syndicats &#8230;<br \/>\nCelle du logement est vitale. \u00c0 cette \u00e9poque, elle \u00e9tait r\u00e9gl\u00e9e pour moi par mes parents qui continuaient \u00e0 payer le loyer de leur appartement en r\u00e9gion parisienne. Par la suite, j&rsquo;obtins de l&rsquo;association Partage un petit salaire: ce fut alors moi qui le r\u00e9glais, \u00e0 partir de 1985 jusqu&rsquo;en 2008, sans pouvoir obtenir le transfert du contrat \u00e0 mon nom. \u00c0 partir de 2009, on m&rsquo;obligea \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager dans un petit studio dont je devins enfin locataire en titre. Dans tous les cas, j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 honorer le loyer sans retard, ainsi que les charges : c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<p>Pour le reste, ma vie durant et jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour, je me suis pass\u00e9 du superflu. Depuis l&rsquo;\u00e2ge de vingt-quatre ans, en 1974, je n&rsquo;ai plus pris de vacances ni accompli aucun voyage \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger : c&rsquo;est une des choses qui m&rsquo;ont le plus co\u00fbt\u00e9, \u00e0 moi qui suis dipl\u00f4m\u00e9 en ethnologie. Je n&rsquo;ai jamais poss\u00e9d\u00e9 de voiture, je n&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs pas pass\u00e9 un permis de conduire trop on\u00e9reux pour moi et dont je n&rsquo;aurais pas besoin. Je n&rsquo;ai pas fond\u00e9 de foyer: quelle femme aurait accept\u00e9 de telles conditions?<\/p>\n<p>Toute ma vie, je n&rsquo;aurais donc joui que de ce qui co\u00fbte peu : les livres, gratuits dans les biblioth\u00e8ques, ou en collection de poche, chefs-d&rsquo;\u0153uvre tomb\u00e9s dans le domaine public vendus dix francs, etc., ainsi que ceux de la biblioth\u00e8que que l&rsquo;association tenait de Maurice Pagat et qu&rsquo;elle enrichira notamment gr\u00e2ce aux services de presse n\u00e9cessaires \u00e0 sa revue, \u00e0 ma disposition dans un ancien couvent en Dordogne donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;association : vingt-trois mille volumes \u00e0 l&rsquo;heure actuelle. J&rsquo;ai profit\u00e9 aussi de la t\u00e9l\u00e9vision, invention dont l&rsquo;usage est peu on\u00e9reux : un ancien poste laiss\u00e9 par mes parents, un nouveau que j&rsquo;ai pu acheter gr\u00e2ce aux \u00e9conomies que je parvenais n\u00e9anmoins \u00e0 r\u00e9aliser sur le SMIC que je gagnais, celui de l&rsquo;ancien couvent. Les murs de celui-ci <i>avaient <\/i>\u00e9t\u00e9 orn\u00e9s par mes soins de reproductions de chefsd&rsquo;\u0153uvre de la peinture encadr\u00e9es par un atelier de femmes en insertion : un ensemble de pr\u00e8s de quatre cents <i>\u0153uvres, <\/i>unique au monde, et dont je jouissais plus qu&rsquo;un autre en raison de ma fr\u00e9quente pr\u00e9sence dans ces lieux, surtout dans les ann\u00e9es 2000.<br \/>\nPour l&rsquo;habillement, j&rsquo;ai d\u00e9pens\u00e9 un minimum, pour les sousv\u00eatements principalement. Dans les ann\u00e9es 1980 et 1990, une bonne partie de ma garde-robe m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 fournie par un pr\u00eatre en paroisse qui r\u00e9ceptionnait de temps \u00e0 autre des colis de v\u00eatements en bon \u00e9tat, parfois co\u00fbteux, et qui, en raison de mes m\u00e9rites dans l&rsquo;association, me passait ceux qui me convenaient par priorit\u00e9.<br \/>\nReste l&rsquo;alimentation. Souvent, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 au restaurant par Maurice Pagat, quand il r\u00e9ussit \u00e0 obtenir sa retraite, en \u00e9change de mon labeur et de menus services personnels : courses, etc. Fr\u00e9quemment, j&rsquo;ai d\u00e9jeun\u00e9 \u00e0 la maison des ch\u00f4meurs de Saint-Ouen, par obligation professionnelle : les repas y \u00e9taient offerts. Pour le reste, j&rsquo;avais constat\u00e9 que la nourriture \u00e9tait un des postes de d\u00e9pense les plus faciles \u00e0 r\u00e9duire sans n\u00e9gliger pour autant ou d\u00e9s\u00e9quilibrer son alimentation. Le foie de g\u00e9nisse, \u00e9quivalent du foie de veau, est pourtant vendu tr\u00e8s peu cher simplement parce qu&rsquo;il est peu demand\u00e9 ; le p\u00e2t\u00e9 de foie, les c\u00f4te de porc ne sont pas chers, ni certains poissons, les \u0153uts, le riz, les p\u00e2tes, les fruits communs, le lait. C&rsquo;est au d\u00e9b\u00fbt des ann\u00e9es 1980 que j&rsquo;ai \u00e9labor\u00e9 une recette de g\u00e2teau de semoule \u00e0 l&rsquo;orange, mets d\u00e9licieux que je continue de servir \u00e0 l&rsquo;occasion quand j\u2019ai assez de monde \u00e0 table. De plus, les supermarch\u00e9s proposent souvent des produits en promotion, ou \u00e0 consommer dans un d\u00e9lai bref : aussi savoureux que les autres, on peut, en en faisant le choix, d\u00eener aussi bien que n&rsquo;importe qui de bien plus ais\u00e9, en d\u00e9pensant deux fois moins. Il faut seulement veiller \u00e0 la date de preemption ! Les d\u00e9penses alimentaires peuvent donc, sans probl\u00e8me, \u00eatre tr\u00e8s contraintes. Je ne parle pas du chauffage : comme le sugg\u00e9rait une publicit\u00e9 des ann\u00e9es 1970, enfiler deux pull-overs l&rsquo;un sur l&rsquo;autre permet des \u00e9conomies de fuel appr\u00e9ciables.<br \/>\nDe la sorte, en profitant au mieux de ce qui est bon march\u00e9 et pleinement de ce qui est offert, on peut s&rsquo;am\u00e9nager une vie de pauvre \u00e0 faire p\u00e2lir d&rsquo;envie certains riches mauvais gestionnaires. Ou, plus souvent, de simples travailleurs qui s&rsquo;endettent d\u00e9raisonnablement sans que les syndicats s&rsquo;en \u00e9meuvent ou tentent de les conseiller : ce n&rsquo;est pas leur boulot, ce serait plut\u00f4t leur justification d&rsquo;agir pour r\u00e9clamer des salaires toujours plus \u00e9lev\u00e9s qui plombent ensuite les comptes de r\u00e9sultat ainsi que le Tr\u00e9sor public quand il s&rsquo;agit de fonctionnaires. Un simple souci d&rsquo;\u00e9conomie aurait pourtant un effet analogue sur la qualit\u00e9 de la vie&#8230;<br \/>\nMa vie a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s marqu\u00e9e par le ch\u00f4mage, il y a une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es. J&rsquo;ai fr\u00f4l\u00e9 la mis\u00e8re sans jamais y tomber : j&rsquo;ai toujours mang\u00e9 \u00e0 ma faim, couch\u00e9 sur un lit et sous un toit. Par la suite, j&rsquo;ai continu\u00e9 et continue \u00e0 conna\u00eetre la pauvret\u00e9 en termes mon\u00e9taires, c&rsquo;est-\u00e0-dire de pouvoir d&rsquo;achat. Cette pauvret\u00e9 est compens\u00e9e par un sens acquis de l&rsquo;\u00e9conomie et par une capacit\u00e9 \u00e9galement acquise de jouir de ce qui est gratuit ou bon march\u00e9. Jamais je n&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 endett\u00e9. Je n&rsquo;ai jamais rien emprunt\u00e9, demand\u00e9 \u00e0 quiconque de me pr\u00eater de l&rsquo;argent. Propri\u00e9taire de peu de choses, j&rsquo;ai, en compensation, la possession de beaucoup: espace, livres, t\u00e9l\u00e9vision, visites nombreuses, voitures de service, employ\u00e9e de maison, except\u00e9 pour ma propre chambre, parce que vivant le plus souvent dans un lieu collectif, jardin, jardinier, tableaux de ma\u00eetres, bonne nourriture, etc.<br \/>\nComme l&rsquo;a avou\u00e9 nagu\u00e8re John Lennon, le plus connu des Beatles, pour son propre compte, si la plupart des gens veulent de l&rsquo;argent, c&rsquo;est simplement pour \u00eatre riches, ou plus riches que leurs voisins. Ce qu&rsquo;ils consomment importe moins que ce qu&rsquo;ils th\u00e9saurisent. Et ils vivent dans le m\u00e9susage de leurs ressources.<br \/>\nMoi, j&rsquo;ai renonc\u00e9 \u00e0 th\u00e9sauriser, ce qui ne signifie pas que je ne poss\u00e8de aucune \u00e9conomie. Je consomme le mieux que je peux en fonction de mes revenus, c&rsquo;est-\u00e0-dire surtout ce qui est gratuit, et que je poss\u00e8de alors compl\u00e8tement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>T\u00e9moignage de Francis Bois, du Syndicat des ch\u00f4meurs et de l&rsquo;association Partage Octobre 1981 : \u00e0 cette \u00e9poque, j&rsquo;\u00e9tais sans emploi depuis quatre ans. 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