{"id":1496,"date":"2013-07-18T22:53:09","date_gmt":"2013-07-18T21:53:09","guid":{"rendered":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/?p=1496"},"modified":"2013-07-19T08:50:32","modified_gmt":"2013-07-19T07:50:32","slug":"le-palmares-des-500-fortunes-francaises-challenges","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/le-palmares-des-500-fortunes-francaises-challenges\/","title":{"rendered":"Le palmar\u00e8s des 500 fortunes fran\u00e7aises |\u00a0Challenges"},"content":{"rendered":"<p><time itemprop=\"dateCreated\" datetime=\"2011-07-06T14:45:22\">Cr\u00e9\u00e9 le 06-07-2011 \u00e0 14h45<\/time>\u00a0&#8211;\u00a0<time itemprop=\"dateModified\" datetime=\"2011-07-07T12:53:37\">Mis \u00e0 jour le 07-07-2011 \u00e0 12h53<\/time><\/p>\n<div itemprop=\"author\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Person\">\n<div>Par\u00a0<a itemprop=\"url\" title=\"Challenges.fr\" href=\"http:\/\/www.challenges.fr\/journaliste\/72\/challenges-fr.html\" rel=\"author\">Challenges.fr<\/a><\/div>\n<\/div>\n<h2 itemprop=\"headline\">Les Arnault, les Mulliez et les Bettencourt trustent toujours les trois premi\u00e8res places du classement Challenges des 500 plus riches de France. Constat \u00e9difiant: en quinze ans, moins de six sur dix figurent encore dans cette \u00e9dition.<\/h2>\n<p><strong>CE<\/strong>\u00a0<a href=\"http:\/\/www.challenges.fr\/classements\/fortune.php?t=rang&amp;s=asc\">palmar\u00e8s des 500 fortunes professionnelles fran\u00e7aises<\/a>\u00a0est le quinzi\u00e8me que publie\u00a0<em>Challenges<\/em>. C&rsquo;est donc un anniversaire qui compte, et qui permet d&rsquo;analyser la fa\u00e7on dont notre soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9volu\u00e9 en une d\u00e9cennie et demie. Le constat est \u00e9difiant: des 500 fortunes que nous classions il y a quinze ans, moins de six sur dix figurent encore dans cette \u00e9dition. Sur notre radar, par exemple, plus de traces des Guichard (Casino), Defforey (Carrefour), Dubois (Castorama)&#8230; Non pas que ces fortunes de la distribution, caract\u00e9ristiques de la France des Trente Glorieuses, aient disparu, mais elles se sont dilu\u00e9es. En vendant leur soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 un concurrent ou \u00e0 un fonds, les entrepreneurs se sont transform\u00e9s en rentiers. Et disparaissent de notre classement, qui ne s&rsquo;int\u00e9resse qu&rsquo;aux fortunes qui continuent de faire cro\u00eetre l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>En outre, les riches familles qui sont rest\u00e9es \u00e0 la barre de leur groupe, comme les Arnault (1\u00e8re fortune de France avec 21,2 milliards d&rsquo;euros), les Mulliez (2e, 21 milliards), les Bollor\u00e9 (10e, 3,8 milliards) ou les Bouygues (22e, 2,3 milliards) n&rsquo;ont pas fait le mauvais choix. Car, en quinze ans, la valeur de leur patrimoine a explos\u00e9, comme en t\u00e9moigne l&rsquo;\u00e9volution de la fortune de la famille Dassault, pass\u00e9e de 1,5 milliard d&rsquo;euros en 1996 \u00e0 7,5 milliards. Les Bettencourt (3e, 17,5 milliards), dont le patrimoine a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 aux Fran\u00e7ais depuis les disputes entre la m\u00e8re Liliane et sa fille Fran\u00e7oise, n&rsquo;ont pas eu \u00e0 souffrir de ce d\u00e9ballage: leurs 31% d&rsquo;actions de L&rsquo;Or\u00e9al ont tripl\u00e9 de valeur en quinze ans.<\/p>\n<p>Cette bonne \u00ab\u00a0fortune\u00a0\u00bb, pour reprendre le mot que Liliane Bettencourt a toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0richesse\u00a0\u00bb, se retrouve \u00e0 tous les niveaux de notre classement des 500: alors qu&rsquo;il suffisait en 1996 de 14 millions d&rsquo;euros pour y entrer, il en faut aujourd&rsquo;hui au moins 60. En quinze ans, notre Fmic (fortune minimale pour int\u00e9grer le classement) a donc quadrupl\u00e9. Le Smic n&rsquo;a progress\u00e9, lui, que de 57\u2009% sur la p\u00e9riode. Et le PIB fran\u00e7ais a fait \u00e0 peine mieux (+\u200963\u2009%). Sur quinze ans, les fortunes ont donc cr\u00fb six fois plus vite que la moyenne de l&rsquo;\u00e9conomie du pays ou que ses r\u00e9mun\u00e9rations les plus basses.<br \/>\nC&rsquo;est \u00e9videmment l&rsquo;\u00e9volution de la Bourse qui a permis \u00e0 un tel foss\u00e9 de se creuser. Apr\u00e8s la faillite de la banque Lehman Brothers (chute de 42% pour l&rsquo;indice CAC 40 en 2008), les cours se sont repris ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es (+\u200920%). Ils ont permis \u00e0 certaines valeurs de retrouver des sommets, et ont entra\u00een\u00e9 une forte revalorisation de la participation de leurs principaux actionnaires. Surtout quand la sp\u00e9culation s&rsquo;en est m\u00eal\u00e9e. L&rsquo;offensive sur Herm\u00e8s lanc\u00e9e par Bernard Arnault, d\u00e9sormais propri\u00e9taire de 20% des titres, a boost\u00e9 le cours de Bourse du sellier. La capitalisation d&rsquo;Herm\u00e8s est pass\u00e9e de 11 \u00e0 19 milliards d&rsquo;euros en quelques mois. Et la fortune des principales branches h\u00e9riti\u00e8res, propri\u00e9taires de 62% du capital, est pass\u00e9e de 7,5 milliards \u00e0 12 milliards d&rsquo;euros.<\/p>\n<p>La crise n&rsquo;est donc plus qu&rsquo;un mauvais souvenir pour les riches. La France se r\u00e9veille, et se r\u00e9v\u00e8le \u00e9tonnamment favoris\u00e9e sur ce terrain fertile. Si l&rsquo;on en croit une \u00e9tude du Credit Suisse publi\u00e9e en septembre dernier, l&rsquo;Hexagone compterait 2,2 millions de foyers millionnaires en dollars, naturellement devanc\u00e9 par les Etats-Unis et le Japon, mais loin devant l&rsquo;Allemagne (1,6 million), l&rsquo;Italie (1,4 million) et le Royaume-Uni (1,2 million). Cette estimation est certes beaucoup plus importante que le nombre d&rsquo;assujettis \u00e0 l&rsquo;Imp\u00f4t de solidarit\u00e9 sur la fortune (560.000), qui s&rsquo;appliquait, avant sa r\u00e9forme en cours, justement \u00e0 un niveau proche du million de dollars (760.000 euros). Mais on se souvient que l&rsquo;ISF laisse de c\u00f4t\u00e9 les actifs professionnels. Avec un millionnaire pour trente habitants, la densit\u00e9 fran\u00e7aise serait donc la plus \u00e9lev\u00e9e au monde! Par rapport aux autres pays de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, l&rsquo;\u00e9cart s&rsquo;explique par les placements fructueux dans la pierre, le faible endettement, et aussi, selon la banque helv\u00e8te, par \u00ab\u00a0des in\u00e9galit\u00e9s de fortune plus \u00e9lev\u00e9es que chez ses voisins\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0In\u00e9galit\u00e9s\u00a0\u00bb. Le mot qui f\u00e2che est l\u00e2ch\u00e9. Le syst\u00e8me social redistributif \u00e0 la fran\u00e7aise est bel et bien en panne depuis la fin des ann\u00e9es 1990. Il y a un an,\u00a0<em>Challenges<\/em>\u00a0avait publi\u00e9 avec l&rsquo;Ifop un sondage qui montrait que 69% des Fran\u00e7ais jugeaient leur soci\u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment injuste. Pourtant, les chiffres publi\u00e9s par le Conseil des pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires sont formels: la France est l&rsquo;un des rares pays d\u00e9velopp\u00e9s o\u00f9, entre 1985 et 2005, l&rsquo;\u00e9cart de revenus entre les 10% les plus pauvres et les 10% les plus riches (de 1 \u00e0 5) a diminu\u00e9 -c&rsquo;est m\u00eame celui o\u00f9 il a recul\u00e9 le plus. Mais ce qui est nouveau, et qui a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence par une \u00e9tude de l&rsquo;\u00e9conomiste Camille Landais, c&rsquo;est que les in\u00e9galit\u00e9s explosent par le haut. C&rsquo;est en effet \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des 10% de foyers les plus ais\u00e9s -\u00e9tudi\u00e9s pour la premi\u00e8re fois par Camille Landais- qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 faite la plus surprenante d\u00e9couverte: alors que les revenus de 90% des foyers ont progress\u00e9 de 5% entre 1998 et 2005, ils ont grimp\u00e9 de 9% pour les 10% au-dessus, de 20% pour le 1% des plus riches, de 32% pour le 0,1% de super-riches (35.000 foyers) et de 43% pour le 0,01% de m\u00e9gariches (3.500 foyers). Deux explications \u00e0 ces disparit\u00e9s: les tr\u00e8s hautes r\u00e9mun\u00e9rations sont les seules \u00e0 avoir cr\u00fb \u00e0 tr\u00e8s grande vitesse, et ont d&rsquo;ailleurs propuls\u00e9 certaines stars du business dans notre classement (Charles Edelstenne de Dassault Syst\u00e8mes, Maurice L\u00e9vy de Publicis&#8230;). Surtout, \u00e0 ce niveau, les revenus du patrimoine prennent le pas sur ceux du travail (les deux tiers des revenus des 3.500 les plus riches proviennent de loyers, int\u00e9r\u00eats, dividendes, plus-values). Or ce sont ces revenus-l\u00e0 qui ont le plus perform\u00e9&#8230; et qui sont les moins impos\u00e9s.<\/p>\n<p>Moins voyante et moins bien connue statistiquement, l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 des patrimoines -\u00e9cart de 1 \u00e0 400 entre les 10% les plus pauvres et les 10% les plus riches- s&rsquo;est aussi accrue ces derni\u00e8res ann\u00e9es, surtout parmi les mieux dot\u00e9s, comme l&rsquo;ont montr\u00e9 les travaux de l&rsquo;\u00e9conomiste Thomas Piketty. Quoi de commun entre les 10% de privil\u00e9gi\u00e9s (3,5 millions de foyers) qui gagnent en moyenne 80.000 euros par an et poss\u00e8dent un patrimoine d&rsquo;environ 500.000 euros, et, au sommet de la pyramide, le 0,01% (3.500 foyers) qui jouit de 3,5 millions de revenus annuels et d&rsquo;actifs sup\u00e9rieurs \u00e0 50 millions d&rsquo;euros? C&rsquo;est comme si la lutte des classes s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9port\u00e9e vers le haut. \u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais ont toujours \u00e9t\u00e9 susceptibles sur les questions d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et d&rsquo;argent, rappelle Fr\u00e9d\u00e9ric Dabi, directeur g\u00e9n\u00e9ral adjoint de l&rsquo;Ifop. Mais avant, le ressentiment venait surtout des classes populaires, de la gauche. Aujourd&rsquo;hui, il impr\u00e8gne toutes les classes, traverse les clivages politiques. Les entrepreneurs, les cadres, les patrons de PME sont aussi exc\u00e9d\u00e9s par les privil\u00e8ges excessifs de cette oligarchie qui n&rsquo;est plus sur leur plan\u00e8te.\u00a0\u00bb<br \/>\nJean-Herv\u00e9 Lorenzi, pr\u00e9sident du Cercle des \u00e9conomistes, ajoute un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 cette ombre port\u00e9e sur les classes les plus privil\u00e9gi\u00e9es: leur manque d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la chose collective. \u00ab\u00a0En public, elles sont muettes sur leur vision \u00e9conomique ou sociale, leurs id\u00e9es pour redresser la France, regrette l&rsquo;\u00e9conomiste de la Compagnie financi\u00e8re Edmond de Rothschild. En priv\u00e9, c&rsquo;est pire: beaucoup sont cyniques ou d\u00e9clinistes.\u00a0\u00bb Le peu d&rsquo;enthousiasme exprim\u00e9 en France pour la croisade de Bill Gates et Warren Buffett et leur engagement \u00e0 redistribuer la moiti\u00e9 de leur fortune est aussi symptomatique d&rsquo;un capitalisme frileux et vieillissant. M\u00eame la famille Bettencourt, qui a pourtant cr\u00e9\u00e9 la fondation la mieux dot\u00e9e de France (750 millions d&rsquo;euros de capital), n&rsquo;a pas encore r\u00e9ussi \u00e0 donner une \u00e2me \u00e0 son projet philanthropique. L&rsquo;affaire Banier a laiss\u00e9 des traces, au point que la fondation Bettencourt Schueller n&rsquo;a toujours pas trouv\u00e9 de directeur g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Cette tentation immobiliste est le parfait reflet de fortunes principalement transmises. Une r\u00e9cente \u00e9tude de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et de\u00a0<em>Forbes\u00a0<\/em>qui r\u00e9pertorie l&rsquo;origine du patrimoine des milliardaires montrait ainsi que 67% des fortunes fran\u00e7aises provenaient d&rsquo;un h\u00e9ritage, \u00e0 peu pr\u00e8s comme en Allemagne (64%)\u2009; \u00e0 l&rsquo;inverse, aux Etats-Unis, 68% des \u00ab\u00a0dix z\u00e9ros\u00a0\u00bb sont des self-made-men et m\u00eame 80% au Royaume-Uni! Louis-Dreyfus (7e patrimoine fran\u00e7ais, 6,6 milliards), Peugeot (15e, 3 milliards), Herm\u00e8s, Rothschild sont des fortunes plus que centenaires. Et m\u00eame les grands b\u00e2tisseurs des ann\u00e9es 1980, Fran\u00e7ois Pinault (5e, 8,1 milliards) ou Jean-Claude Decaux (11e, 3,4 milliards), n&rsquo;ont rien de plus press\u00e9 que de fonder \u00e0 leur tour une dynastie.<br \/>\nParmi les 51 milliardaires de notre classement, un seul est parti de rien il y a dix ans, en bricolant dans son garage: Xavier Niel (12e, 3,2 milliards), le fondateur d&rsquo;Iliad-Free et inventeur de la Freebox. Plus bas dans les rangs de nos \u00ab\u00a0500\u00a0\u00bb, il y a de belles surprises, comme Thierry Ehrmann, fondateur de la soci\u00e9t\u00e9 internet Artprice, entr\u00e9 cette ann\u00e9e dans notre classement. Mais elles sont trop rares. Son patrimoine est pass\u00e9 de 17 \u00e0&#8230; 90 millions d&rsquo;euros en un an sur une belle intuition: Artprice va bient\u00f4t pouvoir, gr\u00e2ce \u00e0 de nouvelles dispositions europ\u00e9ennes, r\u00e9aliser des transactions entre ses clients sans passer par un interm\u00e9diaire. Et comme Sotheby&rsquo;s, Christie&rsquo;s et Artcurial, percevoir de confortables honoraires sur ces ventes en ligne.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9crivain Fran\u00e7ois de Closets, grand pourfendeur des corporatismes, s&rsquo;inqui\u00e9tait dans nos colonnes du manque de brassage des classes les plus ais\u00e9es: \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 tire sa dynamique de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9. Pouvoir entreprendre, s&rsquo;enrichir, c&rsquo;est le moteur de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste. Mais, pour \u00eatre accept\u00e9, cet enrichissement doit \u00eatre accessible \u00e0 tous ceux qui ont la motivation et le talent. Et il faut qu&rsquo;il r\u00e9mun\u00e8re un risque, pas des privil\u00e8ges acquis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Surtout, la perception d&rsquo;injustice dans l&rsquo;opinion est aiguis\u00e9e par le fait que l&rsquo;imp\u00f4t ne joue plus son r\u00f4le de redistribution. Et les r\u00e9v\u00e9lations publi\u00e9es autour de la famille Bettencourt n&rsquo;ont fait qu&rsquo;accentuer ce sentiment. La dispute entre la propri\u00e9taire de la troisi\u00e8me fortune de France et sa fille a mis au jour son imposition r\u00e9elle: compar\u00e9e \u00e0 ses revenus colossaux (280 millions de dividendes en 2009), sa feuille d&rsquo;imp\u00f4t appara\u00eet particuli\u00e8rement l\u00e9g\u00e8re (40 millions). Rien d&rsquo;ill\u00e9gal dans le montage. Simplement une illustration caricaturale des effets pervers du bouclier fiscal, dont Liliane Bettencourt a \u00e9t\u00e9 la plus importante b\u00e9n\u00e9ficiaire en France -un ch\u00e8que de l&rsquo;Etat de 32 millions en 2009-, et de la ma\u00eetrise des holdings. En pleine affaire Bettencourt, sept Fran\u00e7ais sur dix r\u00e9clamaient la suppression du bouclier fiscal, selon un sondage BVA.<br \/>\nD&rsquo;apr\u00e8s les chiffres du rapporteur \u00e0 la commission des Finances de l&rsquo;Assembl\u00e9e, Gilles Carrez (UMP), les trois quarts des 191 patrimoines les plus importants assujettis \u00e0 l&rsquo;ISF (65 millions d&rsquo;euros au minimum) ont profit\u00e9 du bouclier fiscal, qui leur a permis de diviser par six leur imp\u00f4t. Et concernant l&rsquo;utilisation des holdings, la France est, selon Michel Taly, fiscaliste chez Arsene Taxand, \u00ab\u00a0un quasi-paradis fiscal\u00a0\u00bb: ces structures profitent d&rsquo;une d\u00e9cote de 20% de leurs actifs, ne subissent pratiquement pas l&rsquo;imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s, peuvent d\u00e9duire leurs dettes en cas d&rsquo;achat de titres et ne sont pas tax\u00e9es sur les plus-values en cas de cession de titres. Les ultrariches en usent \u00e0 l&rsquo;envi: les Bettencourt (T\u00e9thys), les Dassault (GIMD), Bruno Bich (MBD), Romain Zaleski (Carlo Tassara)&#8230;<\/p>\n<p>Dans leur dernier ouvrage, \u00ab\u00a0Pour une r\u00e9volution fiscale\u00a0\u00bb (Le Seuil), Thomas Piketty et Camille Landais ont d\u00e9montr\u00e9 que le syst\u00e8me fiscal fran\u00e7ais devenait r\u00e9gressif \u00e0 partir du seuil des 1% les plus riches. L&rsquo;Insee a constat\u00e9 que ces privil\u00e9gi\u00e9s profitaient d&rsquo;une ponction fiscale limit\u00e9e \u00e0 20% de leurs revenus, largement inf\u00e9rieure au taux d&rsquo;imposition de bien des cadres et des professions lib\u00e9rales. Effet d&rsquo;une imposition plus douce sur les revenus du patrimoine, et des niches. Ainsi, l&rsquo;investissement outre-mer via le Girardin industriel a \u00e9t\u00e9 une excellente affaire pour nombre de tr\u00e8s riches contribuables qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de r\u00e9ductions d&rsquo;imp\u00f4ts jusqu&rsquo;\u00e0 140% de la mise. M\u00eame leurs plaisirs et leurs passions b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;int\u00e9ressantes ristournes fiscales. Les chasses sont, dans le cadre fiscal des for\u00eats, largement exon\u00e9r\u00e9es d&rsquo;ISF et de droits de succession. Exon\u00e9r\u00e9es aussi totalement: les \u0153uvres d&rsquo;art, les voitures de collection et les propri\u00e9t\u00e9s viticoles. Que penser des 32 contribuables qui en 2010 d\u00e9claraient plus de 16,5 millions de patrimoine imposable, mais moins de 3.500 euros annuels de revenus?<\/p>\n<p>A l&rsquo;heure o\u00f9 les finances publiques sont exsangues, o\u00f9 les hausses d&rsquo;imp\u00f4ts semblent in\u00e9vitables, l&rsquo;\u00e9vaporation fiscale chez les riches, parfaitement l\u00e9gale, ne passe plus. Nicolas Sarkozy, plomb\u00e9 autant par sa soir\u00e9e de victoire au Fouquet&rsquo;s que par le bouclier fiscal, est stigmatis\u00e9 comme le \u00ab\u00a0pr\u00e9sident des riches\u00a0\u00bb. Et pourtant, \u00ab\u00a0matraquer les riches n&rsquo;apportera pas les milliards manquants et risque de les pousser \u00e0 l&rsquo;exil, avertit l&rsquo;\u00e9conomiste Christian Saint-Etienne. Mais r\u00e9tablir au moins une \u00e9quit\u00e9 fiscale est un pr\u00e9alable, un symbole, sans quoi les Fran\u00e7ais n&rsquo;accepteront pas de faire des sacrifices\u00a0\u00bb. Les grandes fortunes sont donc pr\u00e9venues: elles devront elles aussi participer \u00e0 l&rsquo;effort. L&rsquo;admettront-elles?<\/p>\n<p><strong>par Ga\u00eblle Macke et Eric Tr\u00e9guier, journaliste et chef de la rubrique \u00ab\u00a0Finances priv\u00e9es\u00a0\u00bb \u00e0<em>Challenges<\/em>.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9\u00e9 le 06-07-2011 \u00e0 14h45\u00a0&#8211;\u00a0Mis \u00e0 jour le 07-07-2011 \u00e0 12h53 Par\u00a0Challenges.fr Les Arnault, les Mulliez et les Bettencourt trustent toujours les trois premi\u00e8res places du classement Challenges des 500 plus riches de France. Constat \u00e9difiant: en quinze ans, moins de six sur dix figurent encore dans cette \u00e9dition. 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