{"id":165,"date":"2013-02-04T11:26:05","date_gmt":"2013-02-04T10:26:05","guid":{"rendered":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/?p=165"},"modified":"2013-03-30T22:34:17","modified_gmt":"2013-03-30T21:34:17","slug":"riches-a-pleurer","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/riches-a-pleurer\/","title":{"rendered":"Riches \u00e0 pleurer | Le Monde"},"content":{"rendered":"<p>Long reportage du Monde sur \u00eatre riche en France, avec t\u00e9moignages contradictoires de Pierre Berg\u00e9 et Pierre Kociusko-Morizet.<\/p>\n<p>LE MONDE CULTURE ET IDEES\u00a0|\u00a022.11.2012<br \/>\nPar Dominique Gallois, Claire Gatinois, Michel Guerrin et Rapha\u00eblle R\u00e9rolle<br \/>\nLes plus fortun\u00e9s se disent mal aim\u00e9s. Enqu\u00eate sur les relations ambig\u00fces des Fran\u00e7ais avec la richesse.<\/p>\n<article>\n<div id=\"articleBody\" itemprop=\"articleBody\">\n<figure><img decoding=\"async\" title=\"L'affiche du film de Costa-Gavras, &quot;Le Capital&quot;, avec Gad Elmaleh. | DR\" alt=\"L'affiche du film de Costa-Gavras, &quot;Le Capital&quot;, avec Gad Elmaleh.\" src=\"http:\/\/s1.lemde.fr\/image\/2012\/11\/25\/534x0\/1795624_4_efdc_l-affiche-du-film-de-costa-gavras-le_f5498055cd58913e2177c6aac267a2c5.jpg\" width=\"534\" data-lazyload=\"false\" \/><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sur l&rsquo;affiche du dernier film de Costa-Gavras,\u00a0<em>Le Capital,<\/em>\u00a0le banquier Gad Elmaleh descend d&rsquo;un jet priv\u00e9. Dans le ciel, une phrase vaut programme :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Continuons de prendre aux pauvres pour donner aux riches.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Ce film vient s&rsquo;ajouter \u00e0 une bonne douzaine sortis en cinq ans sur le m\u00eame sujet, dont\u00a0<em>Inside Job<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>Margin Call<\/em>. Si, apr\u00e8s les avoir vus, vous n&rsquo;avez pas envie de mettre un contrat sur la t\u00eate des gens tr\u00e8s riches, c&rsquo;est que vous en \u00eates un. Car le profil est tranch\u00e9 : le financier \u2013 et non plus l&rsquo;industriel \u2013 invente des \u00e9quations insens\u00e9es qui lui permettent de remplir ses poches et de vider celles des plus modestes.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Cette affiche ? Elle me fait \u00e9clater de rire\u00a0\u00bb<\/em>, dit Marie-Christine Coisne-Roquette, PDG de Sonepar (mat\u00e9riel \u00e9lectrique, 33 000 salari\u00e9s). Elle est bien la seule. Car la quinzaine d&rsquo;industriels, financiers, sportifs, h\u00e9ritiers, tous tr\u00e8s riches, que nous avons interrog\u00e9s en ont marre d&rsquo;\u00eatre d\u00e9test\u00e9s \u2013 au point, pour certains, de s&rsquo;exiler. Pierre Kosciusko-Morizet est tr\u00e8s remont\u00e9 :\u00a0<em>\u00ab\u00a0A un moment on a cherch\u00e9 les juifs, maintenant on cherche les riches.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Cet entrepreneur, qui a amass\u00e9 plus de 40 millions d&rsquo;euros en vendant son entreprise de commerce en ligne Priceminister, ajoute :\u00a0<em>\u00ab\u00a0On dit &lsquo;Les riches, les riches, les riches&rsquo;. On voit les couvertures de journaux terrifiantes : &lsquo;A quoi servent les riches ?&rsquo; Tout cela sent mauvais. A un moment j&rsquo;aimerais bien qu&rsquo;on me dise merci<\/em>\u00a0[de payer plus d&rsquo;imp\u00f4ts]<em>, et pas que je suis un connard.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Marc Ambrus, fondateur de la soci\u00e9t\u00e9 Ticketac.com, juge aussi qu&rsquo;<em>\u00ab\u00a0on diabolise l&rsquo;argent et la r\u00e9ussite\u00a0\u00bb<\/em>. Depuis la revente de son entreprise dont il est toujours PDG, il a cr\u00e9\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 de conseil dans l&rsquo;art, tout en naviguant entre Paris et New York.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Je suis pour le partage des richesses, mais il y a des limites.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Un quadrag\u00e9naire qui dirige une soci\u00e9t\u00e9 de conseil d&rsquo;une quarantaine de salari\u00e9s se dit effar\u00e9\u00a0<em>\u00ab\u00a0par le foss\u00e9 entre la mani\u00e8re dont nous sommes per\u00e7us et ce que nous vivons au quotidien\u00a0\u00bb<\/em>. Antoine Devaux est footballeur \u00e0 Reims. Il constate que les critiques se font plus vives.\u00a0<em>\u00ab\u00a0A la moindre erreur, j&rsquo;entends : &lsquo;Il est pay\u00e9 une fortune et il ne court m\u00eame pas.&rsquo; Un joueur de Ligue 1 gagne en moyenne 44 000 euros par mois, parfois beaucoup plus, et on finit par se demander si on les m\u00e9rite.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Exag\u00e9r\u00e9 ? Un patron du Cac 40 veut calmer le jeu :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Bien s\u00fbr que la France n&rsquo;aime pas ses riches, moins que d&rsquo;autres pays. La France a-t-elle jamais aim\u00e9 ses dirigeants ? Mais il faut nuancer cette d\u00e9testation.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Il y a quelques jours, la soci\u00e9t\u00e9 Sonepar a convi\u00e9 des sociologues \u00e0 un s\u00e9minaire pour recueillir la parole de dizaines d&rsquo;actionnaires, tous familiaux, de culture chr\u00e9tienne du Nord.\u00a0<em>\u00ab\u00a0L&rsquo;argent, ce formidable levier de cr\u00e9ation et d&rsquo;\u00e9go\u00efsme, est le sujet qui est le plus ressorti, notamment chez ceux qui ne travaillent pas : &lsquo;Est-ce que je suis un sale rentier, dois-je culpabiliser ?&rsquo; &lsquo;Est-ce que je m\u00e9rite cet argent ?'\u00a0\u00bb<\/em>, raconte Marie-Christine Coisne-Roquette, qui commente :\u00a0<em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est dans l&rsquo;air de dire que les Fran\u00e7ais n&rsquo;aiment pas leurs riches, mais moi, je ne le sens pas. Ni dans l&rsquo;entreprise ni quand je vais chez le coiffeur.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Hollande attiserait le feu avec la taxe \u00e0 75 % des revenus au-dessus du million d&rsquo;euros, et apr\u00e8s avoir dit, en 2007, qu&rsquo;il\u00a0<em>\u00ab\u00a0n&rsquo;aime pas les riches\u00a0\u00bb<\/em>. Qui le lui rendent bien. Pierre Kociusko-Morizet, toujours en premi\u00e8re ligne, a le sentiment que\u00a0<em>\u00ab\u00a0le gouvernement veut faire nos poches. On veut nous faire croire qu&rsquo;\u00eatre de gauche c&rsquo;est ne pas aimer l&rsquo;argent, qu&rsquo;en avoir, c&rsquo;est mal. A l&rsquo;\u00e9tranger, ce discours fait peur\u00a0\u00bb<\/em>. Ce patron du CAC 40 a un regret :\u00a0<em>\u00ab\u00a0La gauche aurait pu dire : &lsquo;La p\u00e9riode est tr\u00e8s dure, tout le monde doit faire un effort, et les riches encore plus.&rsquo; Elle a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 jouer sur les antagonismes.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Dans ce concert, une voix dissone, celle de Pierre Berg\u00e9 :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Je me suis souvent senti seul dans ma vie<\/em>, sourit cet homme de gauche, ancien g\u00e9rant de la maison Yves Saint Laurent et actionnaire du\u00a0<em>Monde<\/em>.\u00a0<em>Que tous ces gens se sentent mal aim\u00e9s n&rsquo;a aucune importance. S&rsquo;il y a hostilit\u00e9, c&rsquo;est celle des riches d&rsquo;aujourd&rsquo;hui envers la France. Je d\u00e9teste cette position : &lsquo;On est trop tax\u00e9s, on ne nous aime pas !&rsquo; C&rsquo;est r\u00e9actionnaire, tr\u00e8s moderne. Moi, j&rsquo;ai toujours trouv\u00e9 normal de participer \u00e0 l&rsquo;effort collectif. J&rsquo;esp\u00e8re juste que le 75 % est provisoire. J&rsquo;ai du reste fait l&rsquo;an dernier un tr\u00e8s gros ch\u00e8que \u00e0 l&rsquo;Etat&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Les riches se sentent d\u00e9test\u00e9s, mais les Fran\u00e7ais d\u00e9testent-ils leurs riches ? Un sondage de l&rsquo;IFOP, r\u00e9alis\u00e9 en octobre pour la plate-forme de cr\u00e9dit Pr\u00eat d&rsquo;union, met en avant deux tendances contradictoires : 76 % des Fran\u00e7ais pensent que c&rsquo;est une bonne chose de vouloir gagner de l&rsquo;argent, mais la m\u00eame proportion (78 %) estiment qu&rsquo;il est mal per\u00e7u d&rsquo;\u00eatre riche.<\/p>\n<p>Thierry Pech, auteur du livre\u00a0<em>Le Temps des riches<\/em>, r\u00e9concilie les chiffres :\u00a0<em>\u00ab\u00a0De tout temps, les plus fortun\u00e9s provoquent fascination et ressentiment. On peut aimer la richesse sans aimer les riches.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>Fr\u00e9d\u00e9ric Dabi, directeur g\u00e9n\u00e9ral adjoint de l&rsquo;IFOP, va dans le m\u00eame sens :<em>\u00a0\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a aucun rejet de l&rsquo;enrichissement, mais un r\u00e9flexe, ancr\u00e9 dans la culture fran\u00e7aise, contre ceux qui refusent de participer \u00e0 l&rsquo;effort de guerre. Quand Fran\u00e7ois Hollande s&rsquo;en prend \u00e0 la finance, sa campagne pour la pr\u00e9sidentielle s&rsquo;en trouve relanc\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;attirance-r\u00e9pulsion des Fran\u00e7ais pour la richesse remonte loin. Les sociologues Damien de Blic et Jeanne Lazarus ont r\u00e9uni dans\u00a0<em>Contre l&rsquo;argent fou\u00a0<\/em>des textes qui, de la fin du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00e0 nos jours, stigmatisent les plus fortun\u00e9s. Deux th\u00e8mes dominent, que l&rsquo;on retrouve aujourd&rsquo;hui : la finance et l&rsquo;\u00e9cart des revenus. Pour Damien de Blic, les riches sont attaqu\u00e9s au nom d&rsquo;une morale chr\u00e9tienne \u2013 contre le superflu \u2013 ou d&rsquo;un discours de classe. Deux traits que cumule le cur\u00e9 r\u00e9volutionnaire Jacques Roux, qui, en 1793, a des mots violents dans un discours au titre limpide : \u00ab\u00a0Les riches, c&rsquo;est-\u00e0-dire les m\u00e9chants\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour Damien de Blic, cette m\u00e9fiance traverse la gauche comme la droite :\u00a0<em>\u00ab\u00a0De Gaulle d\u00e9nonce le Georges Pompidou banquier chez Rothschild, et Mitterrand s&rsquo;en prend aux forces de l&rsquo;argent. Nicolas Sarkozy est le premier dirigeant d\u00e9complex\u00e9, d&rsquo;o\u00f9 son surnom de \u00ab\u00a0pr\u00e9sident des riches\u00a0\u00bb, qui explique en partie sa d\u00e9faite.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>Car son approche est fausse, juge M. Kosciusko-Morizet :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Sarkozy a \u00e9rig\u00e9 l&rsquo;argent en valeur. Or l&rsquo;argent ce n&rsquo;est pas une valeur.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;essentiel est ailleurs. Damien de Blic ne constate pas ce que ressentent les riches.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Regardez les textes d&rsquo;une violence inou\u00efe des ann\u00e9es 1890 ou 1930 : l&rsquo;hostilit\u00e9 des Fran\u00e7ais envers les riches est bien moins virulente qu&rsquo;auparavant.\u00a0\u00bb<\/em>Pour Thierry Pech, le ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;est m\u00eame retourn\u00e9 :\u00a0<em>\u00ab\u00a0La France d\u00e9testerait ses riches parce qu&rsquo;elle est rurale, catholique et impr\u00e9gn\u00e9e de marxisme ? Mais ces trois facteurs sont marginalis\u00e9s depuis longtemps. Nous sommes dans une soci\u00e9t\u00e9 vid\u00e9e d&rsquo;esp\u00e9rances id\u00e9ologique ou religieuse. Ce qui reste, c&rsquo;est la passion d&rsquo;avoir. On a inocul\u00e9 \u00e0 la jeunesse le virus de la r\u00e9ussite mat\u00e9rielle.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Pourquoi, alors, l&rsquo;ostentation de sa richesse est-elle moins accept\u00e9e en France qu&rsquo;ailleurs ? C&rsquo;est l&rsquo;avis de ce fondateur d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 financi\u00e8re, qui vit \u00e0 Gen\u00e8ve :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Si je veux me payer une Porsche, je peux la garer dans la rue sans qu&rsquo;elle soit ab\u00eem\u00e9e ou qu&rsquo;on me traite de voyou ; ce n&rsquo;est pas le cas en France.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Ce \u00e0 quoi Thierry Pech r\u00e9torque :\u00a0<em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est vrai, l&rsquo;ostentation est plus accept\u00e9e en Suisse ou dans les pays anglo-saxons, o\u00f9 les codes sont diff\u00e9rents. Mais si on regarde plus largement, il y a une d\u00e9sinhibition par rapport \u00e0 la richesse en France.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0M. Berg\u00e9 a trouv\u00e9 ce compromis :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Je poss\u00e8de une vieille Jaguar en Normandie. Les gens, m\u00eame modestes, l&rsquo;aiment, car ce n&rsquo;est plus une voiture mais un objet de patrimoine. Les Fran\u00e7ais aiment le beau. En revanche, il y a quelque chose d&rsquo;insolent \u00e0 acheter aujourd&rsquo;hui une Ferrari neuve.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Parce qu&rsquo;ils ne se sentent pas aim\u00e9s, qu&rsquo;ils jugent le d\u00e9bat fauss\u00e9, les riches se r\u00e9fugient dans le silence. Pour une personne acceptant de r\u00e9pondre \u00e0 nos questions (parfois sous couvert d&rsquo;anonymat), dix ont refus\u00e9. Un Fran\u00e7ais install\u00e9 \u00e0 Londres va plus loin :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Je rejette ce principe qui consiste \u00e0 nier l&rsquo;individu pour l&rsquo;assimiler \u00e0 un groupe social. J&rsquo;esp\u00e8re \u00eatre assimilable \u00e0 autre chose qu&rsquo;au patrimoine que j&rsquo;ai pu accumuler par chance et par travail.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Discrets donc, et difficiles \u00e0 d\u00e9finir. Il a fallu attendre 2010 pour que l&rsquo;Insee publie une \u00e9tude sur les tr\u00e8s hauts revenus. Si l&rsquo;on prend le seul travail, les riches sont-ils les 5 % de Fran\u00e7ais qui gagnent plus de 5 400 euros par mois, les 1 % qui gagnent plus de 10 000 euros, ou les 0,01 % qui gagnent plus de 82 000 euros, soit 5 800 personnes ?\u00a0<em>\u00ab\u00a0Selon un sondage IFOP, en 2011, 66 % des Fran\u00e7ais pensent qu&rsquo;on est riche quand on gagne plus de 5 000 euros net par mois ; on est loin des tr\u00e8s riches\u00a0\u00bb<\/em>, r\u00e9pond M. Dabi.<\/p>\n<p>M\u00eame le riche se voit rarement riche. Mais dans l&rsquo;autre sens. Un marchand d&rsquo;art explique :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Une personne ais\u00e9e donne un montant dix fois sup\u00e9rieur \u00e0 son patrimoine pour d\u00e9finir le riche. Le riche, c&rsquo;est l&rsquo;autre.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Muet, insaisissable. Thierry Pech regrette ce retrait :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Si les riches pensent que le sort qu&rsquo;on leur r\u00e9serve est injuste, il faut qu&rsquo;ils r\u00e9int\u00e8grent les d\u00e9bats publics. Aujourd&rsquo;hui, on ne les entend pas.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le premier d\u00e9bat qui peut faire du riche une cible est li\u00e9 \u00e0 la crise. Le ressentiment monte lorsque les temps sont durs et que les \u00e9preuves touchent les d\u00e9munis. Sur les terrains de football, Antoine Devaux le ressent :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Les gens gal\u00e8rent, et ils deviennent plus s\u00e9v\u00e8res avec nous.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Mais M. Kosciusko-Morizet ajoute :\u00a0<em>\u00ab\u00a0La gauche s&rsquo;attaque aux riches dans une p\u00e9riode o\u00f9 il est compliqu\u00e9 de mettre en<\/em><em>place ses id\u00e9aux.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Ce discours, Thierry Pech le r\u00e9fute :\u00a0<em>\u00ab\u00a0La France actuelle n&rsquo;est pas s\u00e9v\u00e8re avec les riches. Apr\u00e8s la cris<\/em><em>e de<\/em>\u00a0<em>1929, Roosevelt a tax\u00e9 les plus riches jusqu&rsquo;\u00e0 90 %. Et la France des \u00ab\u00a0trente glorieuses\u00a0\u00bb appliquait une fiscalit\u00e9 relativement plus lourde pour les plus riches qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Une autre raison du ressentiment serait la m\u00e9connaissance des m\u00e9canismes de la richesse.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Les \u00e9lus, de gauche comme de droite, sont souvent des fonctionnaires qui connaissent mal le monde de l&rsquo;entreprise, dit ce patron du CAC 40. Ils sursautent d\u00e8s que s&rsquo;affiche un gros salaire ou des stock-options mirobolants. Les chiffres, il faut les expliquer.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Cela provoque, selon Mme Coisne-Roquette,\u00a0<em>\u00ab\u00a0des jugements guid\u00e9s par l&rsquo;id\u00e9ologie, l&rsquo;\u00e9motion ou la morale\u00a0\u00bb<\/em>. Pour M. Kosciusko-Morizet, les Fran\u00e7ais pensent que les ressources d&rsquo;un pays fonctionnent comme un jeu \u00e0 somme nulle : l&rsquo;argent que les uns gagnent est pris sur les autres.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Il y a un c\u00f4t\u00e9 un peu Robin des bois. Mais il ne faut pas seulement redistribuer, il faut cr\u00e9er.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Justement, les gros revenus profitent-ils \u00e0 la collectivit\u00e9 ? C&rsquo;est le th\u00e8me le plus mis en avant par les riches comme par leurs analystes. Pour arriver aux conclusions inverses. Un patron du CAC 40 r\u00e9sume l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit des premiers :<em>\u00ab\u00a0L&rsquo;essentiel, c&rsquo;est l&#8217;emploi, et les gens riches cr\u00e9ent des emplois. Je vous jure que l&rsquo;immense majorit\u00e9 ne travaille pas pour gagner toujours plus mais pour faire baisser le ch\u00f4mage.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>Ce financier install\u00e9 \u00e0 Londres ajoute :\u00a0<em>\u00ab\u00a0En France, tout le d\u00e9bat sur la richesse part d&rsquo;une \u00e9quation : riche = nanti. Jamais riche = cr\u00e9ateur d&#8217;emplois. Cette vision n&rsquo;est vraie nulle part ailleurs dans les grands pays occidentaux.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0M\u00eame un patron de gauche, install\u00e9 \u00e0 Londres et qui conna\u00eet bien Fran\u00e7ois Hollande, est g\u00ean\u00e9 :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Pourquoi cette animosit\u00e9 envers ceux qui prennent des risques et montent leur entreprise ?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Quand les riches entrepreneurs parlent emploi, Thierry Pech oppose r\u00e9mun\u00e9rations :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Des \u00e9conomistes lib\u00e9raux affirment que plus les riches sont riches, plus leur argent ruisselle sur les plus modestes. C&rsquo;est faux. Les riches se sont \u00e9norm\u00e9ment enrichis dans les ann\u00e9es r\u00e9centes, pourtant de croissance lente, en raison de m\u00e9canismes protecteurs qui ont fait exploser les salaires et favoris\u00e9 les d\u00e9tenteurs de capital, alors que ceux des plus modestes ont \u00e0 peine augment\u00e9, et parfois pas du tout.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Il donne cet exemple pour d\u00e9finir un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial : les revenus des patrons am\u00e9ricains ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s par plus de sept entre 1980 et 2000 ; ils gagnaient 35 fois plus qu&rsquo;un salari\u00e9 en 1980, 130 fois plus en 2000.<\/p>\n<p>Cet \u00e9cart des revenus s&rsquo;explique en partie par un bouleversement datant des ann\u00e9es 1980, explique la sociologue Monique Pin\u00e7on-Charlot : le capitalisme industriel des \u00ab\u00a0trente glorieuses\u00a0\u00bb est devenu un capitalisme financier qui tire vers le haut les salaires les plus \u00e9lev\u00e9s.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Les patrons avaient un contact avec les ouvriers qu&rsquo;ils n&rsquo;ont plus.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>Et ils forment une classe soud\u00e9e. Elle cite le milliardaire am\u00e9ricain Warren Buffett :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Il y a bien une lutte des classes, et cette guerre, c&rsquo;est ma classe, la classe des plus riches, qui est en train de la gagner.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette citation r\u00e9sonne avec une r\u00e9ponse au sondage de l&rsquo;IFOP sur les riches : 82 % des Fran\u00e7ais stigmatisent leur manque d&rsquo;exemplarit\u00e9.\u00a0<em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est li\u00e9 au fait que la France est le pays occidental o\u00f9 le sentiment d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 est le plus ressenti\u00a0\u00bb<\/em>, dit Fr\u00e9d\u00e9ric Dabi. Qui ajoute :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Il y a quelques ann\u00e9es, les Fran\u00e7ais disaient que le riche civique \u00e9tait celui qui faisait du m\u00e9c\u00e9nat. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est celui qui cr\u00e9e des emplois. Au lieu de cela, il est per\u00e7u comme celui qui profite de niches fiscales et n&rsquo;investit pas assez.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0C&rsquo;est la raison pour laquelle M. Kosciusko-Morizet n&rsquo;a jamais per\u00e7u de la rancoeur :\u00a0<em>\u00ab\u00a0On sait que j&rsquo;ai cr\u00e9\u00e9 ma bo\u00eete et des emplois.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>La critique sur leur efficacit\u00e9 \u00e9conomique agace au plus haut point les riches entrepreneurs.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Oui, il y a des patrons voyous, confie cette figure du CAC 40. Mais ils sont minoritaires. Le plus souvent, l&rsquo;argent gagn\u00e9 est coh\u00e9rent par rapport au risque, \u00e0 l&rsquo;importance du poste, aux enjeux, au prix du march\u00e9. On ne m\u00e9diatise que les abus.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Idem pour M<sup>me<\/sup>\u00a0Coisne-Roquette :\u00a0<em>\u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9cart s&rsquo;accro\u00eet entre riches et pauvres, mais les pauvres s&rsquo;enrichissent aussi ; le Br\u00e9sil en est un bon exemple. Et puis nos grands patrons ne sont pas mieux pay\u00e9s que leurs homologues \u00e9trangers. C&rsquo;est juste que des revenus jug\u00e9s\u00a0<\/em><em>abusifs en France sont jug\u00e9s normaux \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>On le voit, le d\u00e9bat glisse vite de l&rsquo;\u00e9conomique \u00e0 l&rsquo;\u00e9thique. Aurait-on atteint, dans les revenus des tr\u00e8s riches, le seuil de l&rsquo;acceptabilit\u00e9 ?\u00a0<em>\u00ab\u00a0Possible<\/em>, r\u00e9pond Mme Coisne-Roquette.\u00a0<em>Je peux expliquer pourquoi le smic est \u00e0 1 425 euros et pourquoi un grand patron gagne 2,2 millions. Est-ce acceptable ? A chacun de juger. Pour moi, la r\u00e9ponse n&rsquo;est pas tant dans ce qu&rsquo;on gagne mais dans ce que l&rsquo;on fait.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Thierry Pech s&rsquo;agace lui aussi de la mani\u00e8re dont sont stigmatis\u00e9s les riches.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Il faut tenir la morale \u00e0 distance. Il n&rsquo;y a pas les gentils opprim\u00e9s et les m\u00e9chants voraces. Se focaliser sur les liens entre le revenu et la morale, cerner des cas particuliers, c&rsquo;est ne pas voir le fonctionnement global de notre soci\u00e9t\u00e9 qui a permis aux gros revenus d&rsquo;exploser partout. Apr\u00e8s, des questions \u00e9thiques se posent : ainsi, est-il justifi\u00e9 que Thierry Henry ait gagn\u00e9 17 millions d&rsquo;euros en 2009 ? Est-ce li\u00e9 \u00e0 son m\u00e9rite, \u00e0 son travail ou \u00e0 celui des autres ? Faut-il encourager une forme de richesse plut\u00f4t qu&rsquo;une autre ?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Par exemple, la richesse li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage est-elle l\u00e9gitime ?\u00a0<em>\u00ab\u00a0On reproche aux gens qui h\u00e9ritent d&rsquo;avoir de la chance<\/em>, s&rsquo;insurge M. Kosciusko-Morizet.\u00a0<em>C&rsquo;est de la jalousie.<\/em><em>\u00ab\u00a0<\/em>\u00a0Pierre Berg\u00e9 n&rsquo;est pas d&rsquo;accord :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Je suis contre l&rsquo;h\u00e9ritage. H\u00e9riter en dormant, c&rsquo;est un privil\u00e8ge exorbitant. Les enfants n&rsquo;ont qu&rsquo;\u00e0 se d\u00e9merder.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>Facile \u00e0 dire pour quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;en a pas ?\u00a0<em>\u00ab\u00a0Des amis qui en ont pensent comme moi.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Certains s&rsquo;\u00e9tonnent aussi que le m\u00e9c\u00e9nat stagne, voire baisse, alors que les hauts revenus ont fortement augment\u00e9. Avec l&rsquo;imp\u00f4t, et notamment celui sur la fortune, nous faisons beaucoup pour la collectivit\u00e9, r\u00e9pondent les riches. Pierre Berg\u00e9, grand m\u00e9c\u00e8ne dans l&rsquo;art ou la sant\u00e9, n&rsquo;est pas convaincu :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Je ne comprends pas que les riches soient si peu m\u00e9c\u00e8nes, alors qu&rsquo;ils doivent \u00eatre des exemples. Que certains pr\u00e9f\u00e8rent suivre un cours de Bourse me laisse sans voix. Je ne dis pas que je veux rendre ce que j&rsquo;ai gagn\u00e9, je pr\u00e9f\u00e8re le mot partager.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Jean-Claude Volot, PDG de Dedienne (assistance technique aux compagnies a\u00e9riennes) et collectionneur d&rsquo;art, raconte :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Lors d&rsquo;une r\u00e9union dans une banque d&rsquo;affaires, j&rsquo;\u00e9tais stup\u00e9fait de voir \u00e0 quel point les clients qui d\u00e9tiennent des avoirs consid\u00e9rables semblaient tristes et d&rsquo;une anxi\u00e9t\u00e9 inou\u00efe. Beaucoup exigent des relev\u00e9s mensuels de leur fortune et font des<\/em>\u00a0<em>scandales quand ils perdent 0,002 %. J&rsquo;ai sugg\u00e9r\u00e9 au banquier de cr\u00e9er un slogan : &lsquo;Vivez votre argent&rsquo;. Pour le vivre, il faut le d\u00e9penser.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>Sa philosophie, dit-il, vient de ses origines.<em>\u00a0\u00ab\u00a0Je suis issu d&rsquo;une famille de huit enfants de l&rsquo;est de la France, et mon p\u00e8re \u00e9tait un petit fonctionnaire. Je n&rsquo;ai pas \u00e0 assurer la continuit\u00e9 d&rsquo;un patrimoine, \u00e0 la diff\u00e9rence des h\u00e9ritiers. Plus d&rsquo;imp\u00f4ts, pour moi, c&rsquo;est un tableau en moins.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Jean-Claude Volot respire au milieu de sa collection. D&rsquo;autres d\u00e9cident carr\u00e9ment de changer d&rsquo;air et optent pour l&rsquo;exil. Ou jurent qu&rsquo;ils vont partir. C&rsquo;est le sympt\u00f4me le plus visible, le plus m\u00e9diatis\u00e9 aussi, du mal-\u00eatre des riches. Pour preuve, le d\u00e9sir de Bernard Arnault, le plus riche des Fran\u00e7ais (41 milliards de dollars, selon<em>Forbes<\/em>), de devenir belge. Provoquant cette \u00ab\u00a0une\u00a0\u00bb de<em>\u00a0Lib\u00e9ration<\/em>\u00a0le montrant une valise \u00e0 la main, sous ce titre : \u00ab\u00a0Casse-toi, riche con !\u00a0\u00bb, qui a fait hurler tant de riches, m\u00eame ceux qui n&rsquo;aiment pas le patron de LVMH.<\/p>\n<p>Un responsable travaillant dans la finance affirme que ses dix doigts ne suffisent pas pour compter ses relations parties \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger ou en partance. Destination ? Belgique, Suisse, Luxembourg, Royaume-Uni, Etats-Unis. A Bruxelles, un avocat fiscaliste constate une acc\u00e9l\u00e9ration des demandes par rapport \u00e0 2011. D\u00e9but novembre, le quotidien belge\u00a0<em>Le Soir\u00a0<\/em>annon\u00e7ait que G\u00e9rard Depardieu venait d&rsquo;acqu\u00e9rir une maison en Belgique, \u00e0 moins de 3 km de la fronti\u00e8re fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Ce qui frappe, c&rsquo;est le d\u00e9part d&rsquo;entrepreneurs pas si fortun\u00e9s que \u00e7a. Ils sont jeunes, fuient\u00a0<em>\u00ab\u00a0une France triste\u00a0\u00bb<\/em>, r\u00eavent de New York, o\u00f9\u00a0<em>\u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9nergie est partout\u00a0\u00bb<\/em>, ou de Londres, o\u00f9<em>\u00a0\u00ab\u00a0les riches sont des mod\u00e8les\u00a0\u00bb<\/em>. Pierre Kosciusko-Morizet en veut \u00e0 ceux qui partent, mais dit qu&rsquo;il a<em>\u00a0\u00ab\u00a0de moins en moins d&rsquo;arguments pour les convaincre de rester\u00a0\u00bb<\/em>. M\u00eame le footballeur Antoine Devaux r\u00eave d&rsquo;aller jouer au Royaume-Uni, o\u00f9\u00a0<em>\u00ab\u00a0la fiscalit\u00e9 est plus light\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0et o\u00f9 les supporteurs\u00a0<em>\u00ab\u00a0vous soutiennent toujours\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>On fuit la France parce qu&rsquo;on est mal aim\u00e9 et \u00e0 cause de la fiscalit\u00e9. Thierry Pech d\u00e9plore, comme beaucoup, l&rsquo;absence d&rsquo;une fiscalit\u00e9 commune \u00e0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne.\u00a0<em>\u00ab\u00a0La culpabilit\u00e9 n&rsquo;est plus un frein au d\u00e9part et je trouve \u00e7a terrifiant<\/em>, commente un patron du CAC 40.\u00a0<em>N\u00e9anmoins, un bon nombre renoncent, car ce n&rsquo;est pas si facile. D&rsquo;ailleurs je connais beaucoup plus d&rsquo;exils tristes que d&rsquo;exils heureux, sauf pour ceux qui mettent l&rsquo;argent en t\u00eate de leurs valeurs. Devant les amis, les lieux, les souvenirs, la culture, la famille, le pays&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le profil du patron a chang\u00e9, et il favorise les d\u00e9parts, poursuit cet industriel qui a plus de quarante ans de management derri\u00e8re lui :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Les jeunes ont \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, y ont obtenu des dipl\u00f4mes, parlent plusieurs langues&#8230; Avec la mondialisation de l&rsquo;entreprise, ils passent 90 % de leur temps \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, l&rsquo;attachement au pays natal se distend. Et ils ne voient que le c\u00f4t\u00e9 n\u00e9gatif de la France.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Pierre Berg\u00e9 trouve aberrant un d\u00e9part motiv\u00e9 par la fiscalit\u00e9.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Comment l&rsquo;argent peut-il guider un d\u00e9part ? Ce n&rsquo;est quand m\u00eame pas une question de survie&#8230;\u00a0\u00bb<\/em>Jean-Claude Volot va dans le m\u00eame sens :\u00a0<em>\u00ab\u00a0Apr\u00e8s un mois dans un autre pays, je m&rsquo;ennuie. J&rsquo;ai besoin de la France, pour aimer, me f\u00e2cher aussi. La question centrale, c&rsquo;est : &lsquo;Qu&rsquo;est-ce qui fait votre vie ?&rsquo; Si vous acceptez d&rsquo;\u00eatre la ris\u00e9e de Belges, c&rsquo;est que l&rsquo;argent est au centre. Moi, je pr\u00e9f\u00e8re regarder mon abbaye d&rsquo;Auberive que mon compte en banque. C&rsquo;est plus beau et moins anxiog\u00e8ne.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/div>\n<p itemprop=\"author\">Dominique Gallois, Claire Gatinois, Michel Guerrin et Rapha\u00eblle R\u00e9rolle<\/p>\n<\/article>\n<aside><b>Pour aller plus loin<\/b><b>A LIRE<\/b><br \/>\n&#8211; <i>Le Temps des riches<\/i>\u00a0de Thierry Pech (Seuil, 2011).<br \/>\n&#8211; <i>Contre l&rsquo;argent fou.Anthologie de textes sur les riches et la richesse<\/i>\u00a0(Ed. Le Monde, \u00ab\u00a0Les Rebelles\u00a0\u00bb, 2012).<br \/>\n&#8211;\u00a0<i>L&rsquo;Argent sans foi ni loi<\/i>\u00a0de Michel Pin\u00e7on et Monique Pin\u00e7on-Charlot. Conversation avec R\u00e9gis Meyran (Textuel, 2012).<br \/>\n&#8211; <i>Sociologie de l&rsquo;argent<\/i>\u00a0de Damien de Blic et Jeanne Lazarus (La D\u00e9couverte, 2007).<br \/>\n&#8211;\u00a0<i>Les Hauts Revenus en France au xx<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. In\u00e9galit\u00e9s et Redistribution<\/i>\u00a0de Thomas Piketty (Grasset, 2001).<br \/>\n&#8211;\u00a0<i>Le Capitalisme d&rsquo;h\u00e9ritiers. La Crise fran\u00e7aise du travail<\/i>\u00a0de Thomas Philippon (Seuil, \u00ab\u00a0La r\u00e9publique des id\u00e9es\u00a0\u00bb, 2006).<b>A VOIR<\/b><br \/>\n&#8211;\u00a0<i>Entrevues<\/i>. Festival du film de Belfort. R\u00e9trospective sur le th\u00e8me de l&rsquo;argent. T\u00e9l. : 03-84-90-40-40. Du 24 novembre au 2 d\u00e9cembre.<a style=\"line-height: 1.714285714; font-size: 1rem;\" href=\"http:\/\/festival-entrevues.com\/\" target=\"_blank\">\u00a0Festival-entrevues.com<\/a><br \/>\n&#8211;\u00a0<i>Margin Call<\/i> de J. C. Chandor (2012).<br \/>\n&#8211; <i>Inside Job<\/i> de Charles Ferguson (2010).<br \/>\n&#8211; <i>Cleveland contre Wall Street<\/i> de Jean-St\u00e9phane Bron (2010).<\/aside>\n<p><a title=\"Riches \u00e0 pleurer\" href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/culture\/article\/2012\/11\/22\/riches-a-pleurer_1794718_3246.html\">Article sur le site du Monde.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Long reportage du Monde sur \u00eatre riche en France, avec t\u00e9moignages contradictoires de Pierre Berg\u00e9 et Pierre Kociusko-Morizet. LE MONDE CULTURE ET IDEES\u00a0|\u00a022.11.2012 Par Dominique Gallois, Claire Gatinois, Michel Guerrin et Rapha\u00eblle R\u00e9rolle Les plus fortun\u00e9s se disent mal aim\u00e9s. Enqu\u00eate sur les relations ambig\u00fces des Fran\u00e7ais avec la richesse. &nbsp; Sur l&rsquo;affiche du dernier [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-165","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/165","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=165"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/165\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":167,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/165\/revisions\/167"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=165"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=165"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=165"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}