{"id":860,"date":"2013-04-10T12:11:32","date_gmt":"2013-04-10T11:11:32","guid":{"rendered":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/?p=860"},"modified":"2013-04-10T12:12:29","modified_gmt":"2013-04-10T11:12:29","slug":"marinaleda-loasis-rouge-qui-defie-la-crise-publico","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/marinaleda-loasis-rouge-qui-defie-la-crise-publico\/","title":{"rendered":"Marinaleda, l\u2019oasis rouge qui d\u00e9fie la crise | P\u00fablico"},"content":{"rendered":"<p><a title=\"Opens in new window\" href=\"http:\/\/www.publico.es\/espana\/440867\/la-economia-segun-sanchez-gordillo\" target=\"_blank\" hreflang=\"es\">P\u00fablico<\/a>\u00a0|\u00a029 ao\u00fbt 2012<\/p>\n<figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Marinaleda. Juan Manuel S\u00e1nchez Gordillo, le maire de la ville, devant un graffiti faisant l&amp;#039;\u00e9loge de la r\u00e9forme agraire.\" alt=\"Marinaleda. Juan Manuel S\u00e1nchez Gordillo, le maire de la ville, devant un graffiti faisant l&amp;#039;\u00e9loge de la r\u00e9forme agraire.\" src=\"http:\/\/www.presseurop.eu\/files\/images\/article\/wall-marinaleda.jpg?1346251165\" width=\"490\" height=\"225\" \/><\/p>\n<p id=\"baseLine\">Marinaleda. Juan Manuel S\u00e1nchez Gordillo, le maire de la ville, devant un graffiti faisant l&rsquo;\u00e9loge de la r\u00e9forme agraire.<\/p><figcaption><strong>DR<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<div>\n<p><strong>Cette ville d\u2019Andalousie ne conna\u00eet pas le ch\u00f4mage et prosp\u00e8re \u00e0 l\u2019ombre de sa coop\u00e9rative agricole. Alors que la politique d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 bat son plein en Espagne, son maire, Juan Manuel S\u00e1nchez Gordillo, a pris la t\u00eate d&rsquo;un mouvement de r\u00e9sistance populaire.<\/strong><\/p>\n<div id=\"content-author\"><strong><a href=\"http:\/\/www.presseurop.eu\/fr\/content\/source-information\/317-publico\">P\u00fablico<\/a><\/strong><\/div>\n<p>Juan Manuel S\u00e1nchez Gordillo a fait la une des journaux apr\u00e8s avoir men\u00e9 une \u201cexpropriation forc\u00e9e\u201d de produits alimentaires pour les distribuer aux plus d\u00e9favoris\u00e9s, une action men\u00e9e dans plusieurs supermarch\u00e9s avec ses camarades du Syndicat andalou des travailleurs (<a title=\"Opens in new window\" href=\"http:\/\/www.sindicatoandaluz.org\/\" target=\"_blank\">SAT<\/a>). C\u2019est dire si cet homme est un dirigeant singulier au sein de la classe politique espagnole.<\/p>\n<p>S\u00e1nchez Gordillo est un dirigeant historique du Syndicat des ouvriers agricoles (SOC), colonne vert\u00e9brale de l\u2019actuel SAT. En outre, depuis 1979, il est maire de Marinaleda, une petite localit\u00e9 [ de pr\u00e8s de 3 000 habitants] de la r\u00e9gion de S\u00e9ville. L\u00e0, gr\u00e2ce \u00e0 la participation et au soutien des habitants, il a lanc\u00e9 une exp\u00e9rience politique et \u00e9conomique originale qui a fait de ce village une sorte d\u2019\u00eelot socialiste dans la campagne andalouse.<\/p>\n<h4>La terre \u00e0 ceux qui la travaillent<\/h4>\n<p>Avec la crise \u00e9conomique, Marinaleda a eu l\u2019occasion de v\u00e9rifier si son utopie sur 25 kilom\u00e8tres carr\u00e9s \u00e9tait une solution viable face au march\u00e9. Son taux de ch\u00f4mage actuel est de 0 %. Une bonne partie des habitants sont employ\u00e9s par la\u00a0<a title=\"Opens in new window\" href=\"http:\/\/www.cooperativamarinaleda.es\/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=57&amp;Itemid=70\" target=\"_blank\">Coop\u00e9rative Humar-Marinaleda<\/a>, cr\u00e9\u00e9e par les ouvriers agricoles eux-m\u00eames apr\u00e8s des ann\u00e9es de lutte. Longtemps, les paysans ont occup\u00e9 les terres de l\u2019exploitation agricole Humoso [ qui appartenait \u00e0 un aristocrate] et \u00e0 chaque fois, ils \u00e9taient d\u00e9log\u00e9s par la Guardia Civil [la gendarmerie espagnole]. \u201c<em>La terre est \u00e0 ceux qui la travaillent<\/em>\u201d, clamaient-ils. En 1992, ils ont fini par obtenir gain de cause : ils sont d\u00e9sormais propri\u00e9taires de l\u2019exploitation.<\/p>\n<p>Ils produisent des f\u00e8ves, des artichauts, des poivrons et de l\u2019huile d\u2019olive vierge extra. Les travailleurs contr\u00f4lent eux-m\u00eames toutes les phases de la production : l\u2019exploitation comprend une conserverie, un moulin \u00e0 huile, des serres, des \u00e9quipements d\u2019\u00e9levage, un magasin. Quel que soit leur poste, les travailleurs re\u00e7oivent tous un salaire de 47 euros la journ\u00e9e et travaillent 6 jours par semaine, soit 1 128 euros par mois pour 35 heures par semaine [le salaire minimum est de 641 euros].<\/p>\n<p>En pleine saison, la coop\u00e9rative emploie environ 400 personnes, une centaine au minimum en p\u00e9riode creuse. Mais chaque poste de travail n\u2019est pas attribu\u00e9 \u00e0 tel ou tel habitant : ils effectuent une rotation afin d\u2019assurer un revenu \u00e0 tous. \u201cTravailler moins pour que tous aient du travail\u201d, tel est le principe. Par ailleurs, certaines personnes cultivent de petites parcelles dont elles sont propri\u00e9taires. Le reste de la vie \u00e9conomique tourne gr\u00e2ce aux boutiques, aux services de base et aux activit\u00e9s sportives. Pratiquement, tous les habitants du village per\u00e7oivent autant qu\u2019un travailleur de la coop\u00e9rative.<\/p>\n<h4>\u00a090 m\u00e8tres carr\u00e9 pour 15 euros par mois<\/h4>\n<p>Dans un\u00a0<a title=\"Opens in new window\" href=\"http:\/\/www.publico.es\/espana\/440082\/sanchez-gordillo-los-recortes-consisten-basicamente-en-que-los-ricos-roban-a-los-pobres\" target=\"_blank\">entretien accord\u00e9 \u00e0\u00a0<em>P\u00fablico<\/em><\/a>\u00a0le mois dernier, Gordillo lui-m\u00eame expliquait les r\u00e9percussions de la crise \u00e0 Marinaleda : \u201c<em>D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la crise a \u00e9t\u00e9 moins sensible dans l\u2019agriculture et l\u2019alimentation. Ce qui se passe, c\u2019est que les gens qui avaient quitt\u00e9 la campagne pour travailler dans le b\u00e2timent reviennent et cherchent du travail. R\u00e9sultat, il faut non seulement maintenir l\u2019emploi existant, mais l\u2019augmenter, tout en sachant que l\u2019agriculture bio cr\u00e9e plus d\u2019emplois que l\u2019agriculture traditionnelle<\/em>\u201d, explique-t-il.<\/p>\n<p>Pendant les derni\u00e8res d\u00e9cennies, dans une Espagne en proie au \u201cboom de l\u2019immobilier\u201d, la sp\u00e9culation s\u2019est empar\u00e9e du b\u00e2timent. Marinaleda a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aller r\u00e9solument \u00e0 contre-courant. Il est possible d\u2019y louer une maison en bon \u00e9tat, de 90 m\u00e8tres carr\u00e9s, avec terrasse, pour 15 euros par mois. Seule condition : chacun doit participer \u00e0 la construction de son logement, suivant la philosophie horizontale qui pr\u00e9side \u00e0 toutes les activit\u00e9s de Marinaleda. La municipalit\u00e9 a obtenu des lotissements en alternant achats et expropriations. Ainsi, elle propose des terrains et fournit le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 la construction du logement. Celle-ci est confi\u00e9e aux locataires eux-m\u00eames, \u00e0 moins que ces derniers ne r\u00e9mun\u00e8rent des gens pour les remplacer. Par ailleurs, la mairie emploie des ma\u00e7ons professionnels pour qu\u2019ils conseillent les habitants et r\u00e9alisent les travaux les plus compliqu\u00e9s. Dernier point, les futurs locataires ne savent pas d\u2019avance quel logement va leur \u00eatre attribu\u00e9, ce qui favorise l\u2019entraide.<\/p>\n<p>\u201c<em>Quand on travaille \u00e0 construire une maison, on est pay\u00e9 800 euros par mois<\/em>\u201d, note Juan Jos\u00e9 Sancho, un habitant de Marinaleda. \u201c<em>La moiti\u00e9 du salaire sert \u00e0 payer le logement.<\/em>\u201d Du haut de ses 21 ans, ce jeune homme fait d\u00e9j\u00e0 partie du \u201cgroupe d\u2019action\u201d de la municipalit\u00e9, lequel a pour mission, via l\u2019assembl\u00e9e, de g\u00e9rer les affaires courantes de la municipalit\u00e9. Selon lui, \u201c<em>cette mesure a \u00e9t\u00e9 prise pour qu\u2019on ne puisse pas sp\u00e9culer sur l\u2019immobilier<\/em>\u201d.<\/p>\n<h4>Pas de police et des d\u00e9cisions collectives<\/h4>\n<p>Autrefois, une grande partie des ouvriers agricoles savaient \u00e0 peine \u00e9crire. Ils disposent aujourd\u2019hui d\u2019une maternelle, d\u2019une \u00e9cole primaire et d\u2019un coll\u00e8ge-lyc\u00e9e qui va jusqu\u2019\u00e0 la classe de seconde. La cantine ne co\u00fbte que 15 euros par mois. Toutefois, au dire de Sancho, \u201c<em>le taux d\u2019\u00e9chec scolaire est un peu \u00e9lev\u00e9. Les gens ont un logement et un travail assur\u00e9s, si bien que beaucoup ne voient pas l\u2019int\u00e9r\u00eat de faire des \u00e9tudes. C\u2019est l\u2019un des points que nous devons am\u00e9liorer.<\/em>\u201d<\/p>\n<p>A Marinaleda, il n\u2019y a pas de police, et les d\u00e9cisions politiques sont prises par une assembl\u00e9e \u00e0 laquelle tous les habitants sont appel\u00e9s \u00e0 participer. Quant au \u201cgroupe d\u2019action\u201d, il \u201c<em>traite toutes les questions urgentes, au jour le jour. Ce n\u2019est pas un groupe d\u2019\u00e9lus, ce sont des gens qui d\u00e9cident ensemble de la r\u00e9partition des t\u00e2ches qu\u2019il faut mener \u00e0 bien dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du village<\/em>\u201d, explique Sancho. En ce qui concerne les imp\u00f4ts, \u201c<em>ils sont tr\u00e8s bas, ce sont les plus bas de toute la r\u00e9gion<\/em>\u201d, \u00e0 l\u2019en croire. Les budgets sont vot\u00e9s lors des r\u00e9unions pl\u00e9ni\u00e8res de l\u2019assembl\u00e9e, au cours desquelles sont approuv\u00e9s les diff\u00e9rents postes. Ensuite, on proc\u00e8de quartier par quartier, car chacun d\u2019entre eux comprend sa propre assembl\u00e9e d\u2019habitants, et c\u2019est \u00e0 cet \u00e9chelon qu\u2019on d\u00e9cide \u00e0 quoi va \u00eatre d\u00e9di\u00e9 chaque euro du poste d\u00e9fini par la mairie.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>P\u00fablico\u00a0|\u00a029 ao\u00fbt 2012 Marinaleda. 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