{"id":878,"date":"2013-04-10T12:42:32","date_gmt":"2013-04-10T11:42:32","guid":{"rendered":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/?p=878"},"modified":"2013-04-10T12:43:35","modified_gmt":"2013-04-10T11:43:35","slug":"a-salvaterra-de-mino-en-galice-les-espagnols-renouent-avec-la-peseta-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/a-salvaterra-de-mino-en-galice-les-espagnols-renouent-avec-la-peseta-le-monde\/","title":{"rendered":"\u00c0 Salvaterra de Mino, en Galice, les Espagnols renouent avec la peseta | Le Monde"},"content":{"rendered":"<p>Le Monde | 6 janvier 2012<\/p>\n<figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Dans la boutique de Fina Rodr\u00edguez, l&amp;#039;ancienne monnaie espagnole est la bienvenue.\" alt=\"Dans la boutique de Fina Rodr\u00edguez, l&amp;#039;ancienne monnaie espagnole est la bienvenue.\" src=\"http:\/\/www.presseurop.eu\/files\/images\/article\/pesetas-bis.jpg?1326105589\" width=\"490\" height=\"225\" \/><\/p>\n<p id=\"baseLine\">Dans la boutique de Fina Rodr\u00edguez, l&rsquo;ancienne monnaie espagnole est la bienvenue.<\/p><figcaption><strong>Nelson d&rsquo;Aires \/ Kameraphoto pour Le Monde<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<div>\n<p><strong>Face \u00e0 la crise, les commer\u00e7ants de ce village de Galice ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019accepter \u00e0 nouveau et pour un temps l\u2019ancienne monnaie nationale. Et les clients, attir\u00e9s par des prix au m\u00eame taux de change qu\u2019au moment du lancement de l\u2019euro, en 2002, se pressent.<\/strong><\/p>\n<div id=\"content-author\"><a href=\"http:\/\/www.presseurop.eu\/fr\/content\/author\/1363581-claire-gatinois\" rel=\"author\">Claire Gatinois<\/a><\/div>\n<p>La veille encore, Ana Perez, esth\u00e9ticienne dans la petite ville de Salvaterra de Mi\u00f1o en Galice, dans le nord-ouest de l&rsquo;Espagne, a vu d\u00e9barquer dans sa boutique une cliente ayant les poches pleines de pesetas. \u00ab\u00a0<em>Elle en avait 30 000 \u2013 l&rsquo;\u00e9quivalent de 180 euros \u2013 , elle en a d\u00e9pens\u00e9 20 000 ici pour acheter trois parfums, un pour elle, deux pour offrir<\/em>\u00ab\u00a0, se r\u00e9jouit la jeune femme.<\/p>\n<p>Ce mardi 27 d\u00e9cembre la journ\u00e9e est encore calme mais depuis qu&rsquo;a commenc\u00e9 cette curieuse op\u00e9ration \u00ab\u00a0Peseta\u00a0\u00bb, le 1er octobre, permettant d&rsquo;acheter tout ou presque \u00e0 Salvaterra dans l&rsquo;ancienne monnaie espagnole, Mme Perez voit d\u00e9filer des clients d&rsquo;un peu partout. M\u00eame les collectionneurs la sollicitent. N&rsquo;a-t-elle pas entre les mains de vieux billets espagnols datant de 1949 ?<\/p>\n<p>Comme Mme Perez, Sandra Ameijeira Rivas l&rsquo;opticienne, Fina Rodriguez, la vendeuse d&rsquo;\u00e9lectrom\u00e9nager ou Montse Ledo, l&rsquo;ancienne coiffeuse au ch\u00f4mage devenue cog\u00e9rante d&rsquo;un bar restaurant, la cinquantaine de commer\u00e7ants de Salvaterra qui participent \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement organis\u00e9 par l&rsquo;association Unes ont retrouv\u00e9 le sourire.<\/p>\n<p>L&rsquo;op\u00e9ration \u00ab\u00a0Peseta\u00a0\u00bb a ramen\u00e9 un peu de lumi\u00e8re \u00e0 Salvaterra de Mi\u00f1o. Le village, perch\u00e9 dans les brumes de la Galice, sur les bords du fleuve Mi\u00f1o, souffre de la concurrence des boutiques de la jolie petite ville portugaise de Mon\u00e7\u00e0o, \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres \u00e0 peine. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pont \u00e0 traverser pour se rendre au supermarch\u00e9 Continente au Portugal.<\/p>\n<h4>Tout est paralys\u00e9 \u00e0 cause de la crise<\/h4>\n<p>Pour Mme Perez, dont le fianc\u00e9 est au ch\u00f4mage depuis un an, l&rsquo;op\u00e9ration qui lui a permis de r\u00e9colter 300 000 pesetas, est une vraie bouff\u00e9e d&rsquo;oxyg\u00e8ne. Sa boutique ouverte en juin 2008 vivote. Ancienne esth\u00e9ticienne salari\u00e9e \u00e0 Vigo, la grande ville de la r\u00e9gion \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres, elle voulait devenir son patron, et Salvaterra de Mi\u00f1o \u00e9tait l&rsquo;endroit id\u00e9al pour s&rsquo;installer, pensait-elle. La petite ville \u00e9tait en plein boom. Il \u00e9tait question de cr\u00e9er un projet pharaonique de \u00ab\u00a0pentagone industriel\u00a0\u00bb, qui aurait attir\u00e9 des entreprises comme Mitsubishi, PSA Peugeot Citro\u00ebn pour d\u00e9sengorger Vigo. Les immeubles commen\u00e7aient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 pousser pour accueillir les milliers d&#8217;employ\u00e9s potentiels. Le maire, Arturo Grandal Vaqueiro, en poste depuis trente ans, pensait enfin concr\u00e9tiser ses r\u00eaves de grandeur&#8230;<\/p>\n<p>Mais fin 2008, Anna a su que les choses n&rsquo;iraient pas ausssi bien. Pas aussi vite. La crise a commen\u00e9 \u00e0 ronger l&rsquo;Espagne. Aujourd&rsquo;hui, le pentagone n&rsquo;est qu&rsquo;une maquette d&rsquo;architecte expos\u00e9e \u00e0 la mairie. La construction de cinq immeubles reste inachev\u00e9e. Tout est paralys\u00e9.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la \u00ab\u00a0Peseta\u00a0\u00bb, le village est ainsi devenu, au moins pour quelque temps, la coqueluche des journalistes. \u00ab\u00a0<em>Le succ\u00e8s a d\u00e9pass\u00e9 toutes nos esp\u00e9rances<\/em>\u00ab\u00a0, note Pablo Pino, pr\u00e9sident de l&rsquo;association de commer\u00e7ants Unes. L&rsquo;op\u00e9ration, qui ne devait durer qu&rsquo;un mois, a \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9e deux fois et il est maintenant question de la prolonger jusqu&rsquo;au 31 janvier.<\/p>\n<p>Les pesetas, en pi\u00e8ces ou billets, pourvu qu&rsquo;ils aient \u00e9t\u00e9 imprim\u00e9s apr\u00e8s 1940, peuvent \u00eatre \u00e9chang\u00e9es contre un caf\u00e9, un parfum, une t\u00e9l\u00e9vision&#8230;, avec le m\u00eame taux de conversion que celui appliqu\u00e9 en 2002, \u00e0 savoir 1 euro pour 166,386 pesetas. Les commer\u00e7ants disposent d&rsquo;un logiciel leur permettant de recalculer imm\u00e9diatement leurs prix et de rendre la monnaie en euros.<\/p>\n<h4>La nostalgie n&rsquo;a plus sa place<\/h4>\n<p>A ce jour, Salvaterra a r\u00e9colt\u00e9 environ 1 million de pesetas. Et toute cette manne est, expliquent les professionnels, du \u00ab\u00a0bonus\u00a0\u00bb. Les clients ne sont pas des habitu\u00e9s : ils viennent de Vigo et plus loin encore pour convertir les pi\u00e8ces et billets rest\u00e9s dans les maisons de campagnes, les coffres, ou les tirelires des grands-parents. Certains les gardaient en souvenir mais avec la crise, la nostalgie n&rsquo;a plus sa place, explique M. Pino. C&rsquo;est Mme Ameijeira Rivas, l&rsquo;opticienne, qui a eu l&rsquo;id\u00e9e de tout ceci, se souvenant que la banque d&rsquo;Espagne avait calcul\u00e9 qu&rsquo;il restait plus de 1,7 milliard d&rsquo;euros de pesetas en circulation.<\/p>\n<p>Or, dans le pays, il est possible de convertir ses vieilles pi\u00e8ces ou ses vieux billets sans limite de temps. Mais les Espagnols souvent l&rsquo;ignorent ou rechignent \u00e0 faire des kilom\u00e8tres pour \u00e9changer la \u00ab\u00a0blonde\u00a0\u00bb, la peseta, en euros.<\/p>\n<p>Sur fond de crise de l&rsquo;Union mon\u00e9taire, quand on redoute de plus en plus l&rsquo;abandon de l&rsquo;euro, l&rsquo;initiative de Salvaterra a tout de m\u00eame des allures \u00e9tranges. Alors que pr\u00e8s de 70 % des Espagnols estiment que l&rsquo;euro n&rsquo;a rien am\u00e9lior\u00e9 ou peu dans leur vie selon un sondage du Real Instituto Elcano cit\u00e9 par El Pa\u00eds, l&rsquo;offre ne met-elle pas en \u00e9vidence la forte hausse des prix qui a accompagn\u00e9 l&rsquo;euro, sans faire bondir d&rsquo;autant les salaires ?<\/p>\n<p>Mme Ameijeira Rivas, comme les commer\u00e7ants de l&rsquo;Unes, r\u00e9fute toute malice : \u00ab\u00a0<em>Ce qu&rsquo; on voulait c&rsquo;est dynamiser les ventes, pas laisser croire que revenir \u00e0 la peseta est quelque chose d&rsquo;enviable ou de facile<\/em>.\u00a0\u00bb Et m\u00eame si mois apr\u00e8s mois l&rsquo;op\u00e9ration s&rsquo;\u00e9tire en longueur, personne n&rsquo;imagine que cela dure toujours. \u00ab\u00a0<em>On ne recycle pas les pesetas, apr\u00e8s on les redonne \u00e0 la banque d&rsquo;Espagne<\/em>\u00ab\u00a0, pr\u00e9cise M. Pino.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Monde | 6 janvier 2012 Dans la boutique de Fina Rodr\u00edguez, l&rsquo;ancienne monnaie espagnole est la bienvenue.Nelson d&rsquo;Aires \/ Kameraphoto pour Le Monde Face \u00e0 la crise, les commer\u00e7ants de ce village de Galice ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019accepter \u00e0 nouveau et pour un temps l\u2019ancienne monnaie nationale. 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