{"id":889,"date":"2013-04-10T12:50:14","date_gmt":"2013-04-10T11:50:14","guid":{"rendered":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/?p=889"},"modified":"2013-04-10T12:52:11","modified_gmt":"2013-04-10T11:52:11","slug":"la-douche-froide-des-refugies-de-leuro-el-pais","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/la-douche-froide-des-refugies-de-leuro-el-pais\/","title":{"rendered":"La douche froide des \u201cr\u00e9fugi\u00e9s de l\u2019euro\u201d | El Pa\u00eds"},"content":{"rendered":"<p>El Pa\u00eds |\u00a015 f\u00e9vrier 2012<\/p>\n<figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Francisco Zamora est arriv\u00e9 en 2009 \u00e0 Bergen, en Norv\u00e8ge, avec 225 euros en poche. \" alt=\"Francisco Zamora est arriv\u00e9 en 2009 \u00e0 Bergen, en Norv\u00e8ge, avec 225 euros en poche. \" src=\"http:\/\/www.presseurop.eu\/files\/images\/article\/spanish-norway.jpg?1329317426\" width=\"490\" height=\"225\" \/><\/p>\n<p id=\"baseLine\">Francisco Zamora est arriv\u00e9 en 2009 \u00e0 Bergen, en Norv\u00e8ge, avec 225 euros en poche.<\/p>\n<\/figure>\n<div>\n<p><strong>Fuyant le ch\u00f4mage, des centaines d&rsquo;Espagnols \u00e9migrent vers une Norv\u00e8ge id\u00e9alis\u00e9e dans l&rsquo;espoir de trouver du travail. En r\u00e9alit\u00e9, peu d&rsquo;entre eux s&rsquo;en sortent : dans la plupart des cas, ils se sont heurt\u00e9s au ch\u00f4mage, au froid et au d\u00e9sespoir. Reportage d&rsquo;El Pa\u00eds dans la ville de Bergen. Extraits.<\/strong><\/p>\n<div id=\"content-author\"><a href=\"http:\/\/www.presseurop.eu\/fr\/node\/1513181\" rel=\"author\">Carmen P\u00e9rez-Lanzac<\/a><\/div>\n<p><em>\u201cJe ne recevais plus aucune aide depuis longtemps. Mes parents, qui sont \u00e2g\u00e9s, payaient depuis plusieurs mois les 540 euros de mon cr\u00e9dit immobilier. Je me rappelle que j&rsquo;\u00e9tais dans un bar avec une t\u00e9l\u00e9 dans un coin. Un reportage parlait des Espagnols dans le monde : un homme install\u00e9 dans le nord de la Norv\u00e8ge \u00e9tait interview\u00e9 et affirmait gagner 4 000 euros. \u00c7a avait l&rsquo;air de lui convenir. A ce moment, je me suis dit : Paco, voil\u00e0 o\u00f9 il faut que tu ailles.\u201d<\/em><\/p>\n<p>Francisco Zamora, 44 ans, est un homme calme originaire d&rsquo;Alcantarilla (Murcie). Pour se prot\u00e9ger du froid, il a enroul\u00e9 son \u00e9charpe trois fois autour de son cou. Il a un dipl\u00f4me d&rsquo;\u00e9lectronique, il a travaill\u00e9 dans le b\u00e2timent et dans des usines, et gagnait, fut un temps, 3 000 euros par mois. Cette \u00e9poque est maintenant r\u00e9volue depuis trois ans.<\/p>\n<p>Tout comme lui, des centaines d&rsquo;Espagnols au ch\u00f4mage depuis des mois ont quitt\u00e9 une Espagne en crise et ont mis le cap sur l&rsquo;un des pays les plus riches au monde, une solution qui semblait infaillible. Une fois sur place, le mythe s&rsquo;est vite effondr\u00e9. Les portes ne s&rsquo;ouvrent pas \u00e0 ceux qui n&rsquo;ont pas assez de qualifications et ne ma\u00eetrisent aucune langue \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<h4>Une vague de migrants espagnols<\/h4>\n<p>Les autorit\u00e9s norv\u00e9giennes ne veulent rien savoir de ces nouveaux arrivants. Certains ont d\u00e9pens\u00e9 toutes leurs \u00e9conomies et survivent tant bien que mal, parfois dans la rue. En ao\u00fbt 2011, Paco a de nouveau emprunt\u00e9 de l&rsquo;argent \u00e0 ses parents et a achet\u00e9 un aller simple pour Bergen [la 2e ville du pays]. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu&rsquo;il quittait l&rsquo;Espagne. Il est arriv\u00e9 avec 225 euros en poche.<\/p>\n<p>Les premiers jours, il a parcouru l&rsquo;une des villes les plus pittoresques au monde. \u201c<em>J&rsquo;avais un petit sac \u00e0 dos que je laissais \u00e0 la consigne de la gare. Pour cinq couronnes (0,75 euros), je pouvais utiliser les toilettes et me laver. Un jour, j&rsquo;ai crois\u00e9 un autre Espagnol qui m&rsquo;a parl\u00e9 d&rsquo;un foyer o\u00f9 l&rsquo;on pouvait aller dans la journ\u00e9e pour manger et \u00eatre au chaud.\u201d<\/em><\/p>\n<p>La Fondation Robin Hood occupe deux \u00e9tages d&rsquo;une maison en bois, dans le centre de Bergen. Le foyer a ouvert en 2003, \u201cavec l&rsquo;objectif d&rsquo;h\u00e9berger les familles norv\u00e9giennes les plus pauvres, incapables de payer quatre euros pour un caf\u00e9\u201d, explique Wenche Berg Husebo, pr\u00e9sidente de cette organisation priv\u00e9e (financ\u00e9e par l&rsquo;Etat \u00e0 hauteur de 270 000 euros).<\/p>\n<p>On est mercredi matin et \u00e0 Robin Hood, on entend surtout parler espagnol. Soixante \u00e0 cent personnes passent quotidiennement dans les locaux. Selon Marcos Amano, le directeur, la moiti\u00e9 d&rsquo;entre elles sont des Espagnols.<\/p>\n<p>\u201c<em>Avant, on voyait des Norv\u00e9giens, des Polonais, quelques familles de r\u00e9fugi\u00e9s politiques&#8230; mais depuis mars dernier, des Espagnols ont commenc\u00e9 \u00e0 arriver,<\/em>affirme Wenche Berg Husebo.\u00a0<em>Depuis d\u00e9but f\u00e9vrier, on en a vu 250. Au d\u00e9but, c&rsquo;\u00e9tait des hommes de tous \u00e2ges, puis sont arriv\u00e9es les femmes c\u00e9libataires dans la trentaine. Et apr\u00e8s, les p\u00e8res de famille, parfois accompagn\u00e9s de leurs enfants. Pour la plupart, ils ne trouvent pas de travail car ils ne parlent ni le norv\u00e9gien ni l&rsquo;anglais.\u201d<\/em><\/p>\n<p>Gr\u00e2ce au p\u00e9trole, \u00e0 l&rsquo;Etat-providence enviable, aux politiques de conciliation et, surtout, aux salaires \u00e9lev\u00e9s et au taux de ch\u00f4mage extr\u00eamement bas (3 %), la Norv\u00e8ge s\u00e9duit : depuis quelques mois, le pays accueille un nouveau genre d&rsquo;immigrant, les Espagnols qui sont partis \u00e0 cause du ch\u00f4mage de longue dur\u00e9e et de la baisse progressive des salaires. Les journaux norv\u00e9giens les ont baptis\u00e9s\u00a0<em>\u201cles travailleurs-r\u00e9fugi\u00e9s de l&rsquo;euro\u201d<\/em>.<\/p>\n<h4>Le froid, la langue et la chert\u00e9 de la vie<\/h4>\n<p>La prosp\u00e9rit\u00e9 norv\u00e9gienne associ\u00e9e aux documentaires sur les\u00a0<a title=\"Opens in new window\" href=\"http:\/\/www.rtve.es\/television\/espanoles-en-el-mundo\/oslo\/\" target=\"_blank\">Espagnols dans le monde<\/a>\u00a0(nombreux sont ceux qui citent ces programmes lorsqu&rsquo;on leur demande pourquoi ils ont choisi ce pays, les trois derni\u00e8res \u00e9missions consacr\u00e9es \u00e0 la Norv\u00e8ge ont \u00e9t\u00e9 regard\u00e9es par 2,8 millions \u00e0 3,5 millions de t\u00e9l\u00e9spectateurs) persuadent de plus en plus d&rsquo;Espagnols (\u00e0 l&rsquo;Ambassade d&rsquo;Espagne, le nombre d&rsquo;inscrits est pass\u00e9 de 358 en 2010 \u00e0 513 en 2011, bien que beaucoup de personnes ne se d\u00e9clarent pas).<\/p>\n<p>Une fois arriv\u00e9s sur place, toutefois, les citoyens de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique se heurtent \u00e0 trois obstacles infranchissables : le froid polaire, la langue et des prix exorbitants (louer une chambre co\u00fbte 600 euros, une brique de lait, deux euros).<\/p>\n<p>M\u00eame si la Norv\u00e8ge refuse d&rsquo;int\u00e9grer l&rsquo;Union europ\u00e9enne, elle a sign\u00e9 l&rsquo;Accord de Schengen, ce qui permet aux citoyens europ\u00e9ens d&rsquo;y entrer librement. Cependant, le pays manque d&rsquo;infrastructures publiques permettant de soutenir ceux qui atterrissent l\u00e0 compl\u00e8tement d\u00e9munis.<\/p>\n<p><em>\u201cLe gouvernement ne propose ni logement, ni argent, ni aides. Ces questions restent \u00e0 la charge de Caritas, de la Croix-Rouge et de l&rsquo;Arm\u00e9e du Salut\u201d,<\/em>explique Bernt Gulbrandsen, qui travaille pour Caritas Oslo.<\/p>\n<p>Les m\u00e9dias locaux ont rapidement commenc\u00e9 \u00e0 parler de ces nouveaux immigrants. Dans un pays qui compte \u00e0 peine cinq millions d&rsquo;habitants, la nouvelle n&rsquo;est pas pass\u00e9e inaper\u00e7ue.<\/p>\n<p>A Bergen (260 000 habitants), une ville prosp\u00e8re o\u00f9 il n&rsquo;y a quasiment aucun sans-abri, les journaux et les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision leur ont consacr\u00e9 plusieurs reportages. \u201c<em>Ils ont fui la crise espagnole, mais la vie \u00e0 Bergen n&rsquo;est pas conforme \u00e0 ce qu&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9taient imagin\u00e9,\u201d\u00a0<\/em>titre un journal.\u00a0<em>\u201cDe nombreux r\u00e9fugi\u00e9s de l&rsquo;euro vivent dans la pauvret\u00e9 \u00e0 Bergen<\/em>\u201d, peut-on lire ailleurs.<\/p>\n<p><em>\u201cC&rsquo;est la premi\u00e8re fois que je suis confront\u00e9e \u00e0 une situation aussi angoissante en Norv\u00e8ge,<\/em>\u00a0confie Astrid Dalehaug Norheim, l&rsquo;une des journalistes qui a couvert le sujet pour le quotidien V\u00e5rt Land.\u00a0<em>Je me souviens \u00eatre all\u00e9e \u00e0 Moscou pendant la crise de la fin des ann\u00e9es 1990, quand les Russes des zones rurales ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9migrer vers les villes pour trouver du travail, pour finir ruin\u00e9s dans des foyers.\u201d<\/em><\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage de Tuna, qui travaille pour l&rsquo;antenne de la Croix-Rouge \u00e0 Bergen, nous en dit plus sur la fa\u00e7on dont certains Norv\u00e9giens vivent cette nouvelle situation :\u00a0<em>\u201cAvant, c&rsquo;\u00e9tait surtout des Polonais qui venaient ici, mais tout \u00e0 coup, des Espagnols ont commenc\u00e9 \u00e0 arriver. Ils n&rsquo;ont pas de quoi manger et n&rsquo;ont pas de travail. Ils demandent notre aide. Il existe bien des aides pour les r\u00e9fugi\u00e9s politiques, mais pas pour les personnes qui viennent ici de leur plein gr\u00e9.\u201d<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>El Pa\u00eds |\u00a015 f\u00e9vrier 2012 Francisco Zamora est arriv\u00e9 en 2009 \u00e0 Bergen, en Norv\u00e8ge, avec 225 euros en poche. Fuyant le ch\u00f4mage, des centaines d&rsquo;Espagnols \u00e9migrent vers une Norv\u00e8ge id\u00e9alis\u00e9e dans l&rsquo;espoir de trouver du travail. En r\u00e9alit\u00e9, peu d&rsquo;entre eux s&rsquo;en sortent : dans la plupart des cas, ils se sont heurt\u00e9s au [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[101],"class_list":["post-889","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","tag-espagne"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/889","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=889"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/889\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":894,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/889\/revisions\/894"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=889"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=889"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/bliss.pro\/fracture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=889"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}