Les plus riches, voyez-vous, se sentent mal-aimés, méprisés, et surtout spoliés par un Etat prédateur. Est-ce grave ? Mais oui. Oh, ce n’est pas tant pour eux, non, mais pour les pauvres, les chômeurs, les classes laborieuses. Il est urgent d’agir ! Le bon sens, la justice, l’altruisme l’exigent !
Prenant la mesure du danger, le président de la République a promis de réduire l’impôt sur les plus-values de cessions de titres. Les revenus du capital resteront donc substantiellement moins imposés que ceux du travail. Cette décision a été saluée avec une rare unanimité. Car, c’est bien connu, la prospérité des plus riches fait le bonheur des plus pauvres. Les riches d’aujourd’hui sont les emplois de demain. Les intérêts des riches, en somme, sont ceux de tous…
La belle fable ! En vérité, les données montrent une déconnexion totale entre l’évolution des très hauts revenus et ceux du reste de la population depuis le début des années 1980. Ce phénomène n’est d’ailleurs pas propre à la France, comme le montrent les données disponibles sur le site Internet The World Top Incomes Database. Les derniers chiffres publiés par l’Insee (Les Revenus et patrimoines des ménages, avril) le confirment. Entre 2005 et 2010, le revenu médian a augmenté de 6 %. Au cours de la même période, le revenu au-dessus duquel se situent les 6 000 personnes les plus riches (0,01 % de la population) a gagné 26 %. Pendant ce temps, le taux de pauvreté des enfants est passé de 14,5 % à 18 %, et le taux de chômage de 9,3 % à 9,7 %. L’allégement de l’imposition des plus-values de cessions de titres ne bénéficiera qu’aux plus riches. L’immense majorité de la population n’en tirera aucun bénéfice, ni aujourd’hui ni demain. Mais il faudra bien le financer ; et cela, tous en porteront la charge. Comment, alors, expliquer la décision du président de la République ? Par l’efficacité de la mobilisation de quelques entrepreneurs et dirigeants de fonds d’investissement ? C’est oublier que ce renoncement n’est pas isolé : pas à pas, et sous divers prétextes, c’est l’ensemble de la réforme fiscale promise qui a été abandonnée.
Un pouvoir démesuré
Les mécanismes à l’oeuvre sont vraisemblablement plus profonds. Des travaux récents menés par des politologues de l’université de Princeton, Martin Gilens ( » Inequality and Democratic Responsiveness « , Public Opinion Quarterly, 2005) et Larry Bartels (Unequal Democracy : The Political Economy of the New Gilded Age, Princeton University Press, 2008), suggèrent une piste qui mérite d’être examinée. Martin Gilens a analysé de manière systématique le lien entre les décisions politiques et l’opinion des citoyens aux Etats-Unis entre 1981 et 2002. Il a en particulier étudié les sujets sur lesquels les riches, les classes moyennes et les pauvres avaient des positions nettement différentes (de la politique fiscale à la politique étrangère, en passant par des questions de société, comme l’avortement ou l’enseignement des doctrines créationnistes dans les écoles). Il a ainsi pu établir que les décisions politiques étaient extrêmement sensibles aux opinions des plus riches, et peu ou pas affectées par celles des classes moyennes ou populaires. Larry Bartels est parvenu, avec une méthode et des données légèrement différentes, aux mêmes conclusions.
Certes, le système politique américain est différent du nôtre ; ce qui vaut là-bas pourrait ne pas valoir ici. Il n’en reste pas moins que ces travaux montrent que les plus riches peuvent, dans une démocratie, exercer un pouvoir démesuré. Il se pourrait donc que l’incapacité du gouvernement à imposer une réforme juste et efficace de l’impôt ne soit que le symptôme d’un mal plus grave : l’inégalité politique des citoyens.
Une étude de la Fondation Jean-Jaurès révèle l’inquiétude de Français estimant être » dans une situation de dégradation qui les tire vers le bas «
L’image est autant frappante qu’inquiétante. » En 2006, pour les milieux populaires, l’ascenseur social s’était mis à descendre. C’était très problématique, mais cela supposait qu’il y avait un ascenseur et, de ce fait, un immeuble. Aujourd’hui, après cinq années de crise, la crainte n’est pas tant de voir descendre l’ascenseur que de voir l’immeuble s’écrouler « ,explique le sociologue Alain Mergier, créateur il y a sept ans du concept de » descenseur social « et coauteur de l’enquête réalisée par la Fondation Jean-Jaurès sur » le grand malaise des classes moyennes « .
Cette étude menée par la Fondation Jean-Jaurès, proche du Parti socialiste, révèle une évolution spectaculaire du tissu social français sur une période récente, » les Français estimant qu’ils sont dans une situation de forte dégradation qui les tire vers le bas « , selon M. Mergier.
Ce glissement général, fortement accentué dans les enquêtes d’opinion depuis le début de la crise économique en 2008, se traduit par un double phénomène : » Une fragilisation à la fois des classes moyennes, mais également des catégories plus favorisées qui ressentent très clairement un alourdissement de la fiscalité les concernant « , précise Jérôme Fourquet, directeur de l’institut IFOP, partenaire de l’enquête et auteur d’une autre étude sur les classes moyennes en 2010.
Un double signal particulièrement alarmant pour François Hollande, élu au terme d’une campagne présidentielle durant laquelle les questions sociales et fiscales avaient été largement abordées, et qui peine toujours, à l’heure où la France est officiellement entrée en récession, à convaincre que sa politique peut conduire à davantage de » justice sociale « .
En quelque six courtes années, le » descenseur social « semble donc avoir gagné en puissance, et ce ne sont plus uniquement les milieux populaires qui en seraient les victimes, mais également les classes moyennes. En 2006, un Français sur deux (52 %) se classait de lui-même dans cette catégorie sociale.
Sept ans plus tard, ils ne sont plus que 48 %, alors que dans le même temps les Français disant appartenir aux milieux » modestes » et » défavorisés « sont passés respectivement de 29 % à 33 % et de 4 % à 6 % – les milieux » aisés » restant stables à 2 %.
Cette érosion de l’ » autopositionnement « parmi les classes moyennes touche majoritairement les professions intermédiaires (salariés, commerçants, artisans, etc.) et se révèle particulièrement inquiétante en ce qui concerne les classes moyennes dites » inférieures « , qui ont augmenté de 24 % à 28 % en trois ans.
Au final, entre 2010 et 2013, le bloc agrégeant les catégories » modestes « , » défavorisées « et les classes moyennes » inférieures « a grimpé de 57 % à 67 %, alors que celui additionnant les classes moyennes supérieures et les catégories » aisées « ou » favorisées » a chuté de 43 % à 33 %.
» Une pente négative est amorcée « sur laquelle » les classes moyennes inférieures apparaissent comme le maillon faible en voie de fragilisation accélérée « , estime M. Fourquet. En trois ans, le nombre de Français, qui ont le sentiment de se situer juste au-dessus du filet protecteur du modèle social et d’y contribuer fortement par l’impôt sans en percevoir les bénéfices, a littéralement explosé, passant de 47 % à 59 %.
Pas de bonne nouvelle à attendre non plus des classes favorisées qui se disent, elles aussi, inquiètes pour leur avenir : 59 % d’entre elles pensent qu’elles vivront moins bien dans dix ans qu’actuellement.
Le paysage social est donc des plus noir et ce ne seront pas les politiques de réduction des dépenses publiques ni une éventuelle future réforme des retraites qui pourraient l’éclaircir. Selon la Fondation Jean-Jaurès, ce mouvement négatif d’ensemble se nourrit à la fois de la dégradation économique liée à la crise, mais aussi de la dégradation sociale à travers le thème de la sécurité dans la vie quotidienne, et de » l’abandon de l’Etat au travers des services publics « .
Depuis 2008, » une rupture culturelle française « s’est opérée dans l’opinion selon M. Mergier, avec, pour point d’ancrage, le rapport des Français à la mondialisation. » La mondialisation a changé de nature aux yeux du public. Jusque-là, elle était présente comme une réalité extérieure à l’Etat- nation. A partir de 2008, elle est devenue interne à l’Etat « , explique le sociologue. Avec une question centrale : qui a le pouvoir réel entre les Etats et les marchés financiers ? » Pour le public aujourd’hui, le rapport de force va à l’avantage de la finance mondialisée « , estime M. Mergier. Celle-là même que François Hollande avait désignée comme son » principal adversaire » pendant la campagne.
Camille Peugny, auteur du Déclassement (Grasset, 2008), vient de publier Le Destin au berceau. Inégalités et reproduction sociale (Seuil, 112 p., 11,80 euros) et a participé à l’étude de la Fondation Jean-Jaurès. De plus en plus de Français disent n’avoir plus le sentiment d’appartenir aux classes moyennes. Est-ce nouveau ?
Depuis les années 1970, enquêtes académiques et sondages ont constaté une hausse constante du nombre de Français déclarant appartenir aux classes moyennes. C’était jusqu’à présent une tendance de long terme. Mais l’étude de la Fondation Jean-Jaurès, pour la première fois, indique un mouvement de reflux. Depuis 2010, environ 6 % des Français ont eu le sentiment de basculer des classes moyennes vers les couches » modestes » ou » défavorisées « . Cette impression de » déclassement » est-elle un simple sentiment parfois exagéré ou une réalité effective ?
C’est certes un sentiment, mais c’est également une réalité croissante : de plus en plus de nos concitoyens vivent moins bien aujourd’hui qu’hier. C’est notamment le cas des » perdants de la mondialisation « , c’est-à-dire des ouvriers exposés à la concurrence internationale ou des employés cantonnés dans des positions subalternes sur le marché du travail, souvent au service des » gagnants « . Ces catégories connaissent des difficultés grandissantes : précarisation du contrat de travail, baisse du pouvoir d’achat, dégradation des conditions de vie… Comment a évolué ce déclassement au fil des décennies ?
Les premiers déclassés furent d’abord les centaines de milliers puis les millions de chômeurs privés d’emploi dès la fin des années 1970. Puis, dans les années 1990, les classes populaires en emploi sont gagnées par cette fragilisation avec le phénomène des » travailleurs pauvres « , estimés aujourd’hui à plus de 2 millions. Désormais, ce sont les franges inférieures des classes moyennes qui sont déstabilisées. Ce phénomène peut-il s’inverser ?
Cette spirale récessive semble solidement ancrée dans les esprits. La majorité des Français sont convaincus de vivre moins bien que la génération de leurs parents, qu’eux-mêmes vivront moins bien dans dix ans qu’aujourd’hui et que la génération de leurs enfants vivra moins bien que la leur. Cette angoisse est nourrie par l’impuissance visible des politiques, qui semblent se contenter d’une gestion comptable de court terme, sans aucun autre horizon qu’une incantation à la croissance et une mise en concurrence généralisée des individus et des groupes. Les salariés sont devenus des coûts, les protections des freins à la compétitivité. Quels peuvent être les effets politiques d’une telle situation ?
Si une relative paix sociale semble encore subsister, c’est parce que les » perdants » de la mondialisation se font la guerre entre eux.
Dans une société travaillée par le déclassement, où chacun se sent, à tort ou à raison, tiré vers le bas, on a tendance à rechercher les boucs émissaires plus bas que soi. On vise plus facilement son voisin de palier chômeur et donc forcément assisté, ou fonctionnaire et donc forcément fainéant, ou étranger et donc forcément profiteur. Ce type de réflexe, dans l’isoloir, profite mécaniquement aux partis populistes, en France et en Europe. François Hollande a été élu en promettant notamment plus de justice sociale. Un an après, doit-il s’inquiéter de ce » grand malaise » des classes moyennes ?
C’est une alerte très sérieuse pour le chef de l’Etat. En mai 2012, plus le niveau de revenus des électeurs était élevé, plus ils ont voté pour Nicolas Sarkozy. François Hollande a donc été majoritairement élu par les classes moyennes et populaires.
Un an après, même si leurs espoirs n’étaient pas démesurés, leur déception est immense, car ils ont le sentiment que la gauche est incapable de parler aux » perdants « . Si la gauche continue dans cette direction, si elle veille davantage à ne pas déranger les vainqueurs plutôt qu’à améliorer le sort des vaincus, alors elle creuse le sillon de ses futurs 21-avril électoraux. Propos recueillis par B. Bo.
Avec le site d’annonces gratuites en ligne, les Français industrialisent leurs choix de consommation. Ils réinventent aussi la proximité. Enfin, ils créent de la valeur loin des chemins balisés. Le signe d’un pays qui bouge.
Apparemment, toutes les pépites d’internet n’ont pas le même éclat. Celle-ci attire plus de 17 millions de Français chaque mois – pratiquement moitié plus que le fameux Dailymotion et même davantage que son prétendant malheureux Yahoo! A en croire Mediametrie , elle est au huitième rang des sites les plus consultés en France (mesure en « visiteurs uniques »). Depuis sa création en 2006, elle était détenue par deux groupes de presse gratuite, le français Spir et le norvégien Schibsted, dans « un partenariat équilibré à 50-50 » – la formule souhaitée par l’actuel gouvernement français pour Dailymotion. Mais l’équilibre n’a pas tenu bien longtemps. Trop endetté, Spir a vendu sa moitié à son partenaire en 2010. C’est ainsi que Leboncoin.fr, site d’annonces gratuites en ligne (22.310.382 offres hier à 12 h 16) est devenu la filiale à 100 % d’un groupe étranger… sans susciter la moindre réaction à Paris.
Bien sûr, le gouvernement a changé depuis, mais on aurait pu entendre à l’époque les protestations de socialistes protectionnistes – il y en avait déjà. Certes, « J’ai « downloadé » la dernière vidéo de « Zombinladen » » fait plus branché que « j’ai chiné un canapé en ligne », et l’anglophone Dailymotion claque mieux dans les salons parisiens que le franchouillard Leboncoin.fr (adopté après la consultation de 400 internautes). Le premier peut espérer une gloire mondiale, alors que le second restera franco-français, puisque le très efficace moteur de recherche à la base de son succès est déjà employé dans des dizaines de pays par d’autres filiales de Schibsted. Mais Leboncoin.fr est déjà très rentable, sans prendre la moindre commission sur le montant des achats transitant par son site, financé par ses publicités et ses tarifs soigneusement ciselés (3 euros pour accoler le mot « urgent » à son annonce dans l’ameublement, 4 côté jardinage, 5 pour une voiture, 5,80 pour une maison…). Et surtout, le succès de Leboncoin.fr, bien plus fort que celui de ses équivalents étrangers, en dit beaucoup sur l’économie française d’aujourd’hui.
Le premier message, c’est… l’économie. L’an dernier, le pouvoir d’achat par tête a reculé de près de 1 %, comme le confirmera l’Insee demain. C’est la plus forte baisse en une génération. Depuis 2007, le même pouvoir d’achat a stagné. C’est sans précédent depuis la dernière guerre. Du coup, les Français économisent. Ils en viennent à limiter leurs achats alimentaires – c’est dire l’ampleur des révisions en cours. Pour préserver leur niveau de vie, ils arbitrent comme jamais entre leurs différents postes de dépenses. Avec un critère de plus en plus employé : neuf ou occasion. Pour l’iPhone, mieux vaut avoir le dernier modèle. Pour le tricycle du petit, c’est sans doute moins indispensable (166 unités proposées hier sur le site, à partir de 5 euros). Pour une chaîne hi-fi dans la résidence secondaire aussi. Avec Leboncoin.fr, ces arbitrages-là peuvent se faire à échelle industrielle, sans s’exposer aux caprices de la météo, qui gâchent les plus beaux vide-greniers. Au-delà est remis en cause l’immense gâchis qui marqua l’apogée de la société de consommation. Nombre d’entreprises vont devoir repenser leur offre en profondeur, retrouver l’utilité, recréer la croissance.
Le deuxième message que délivre le succès Leboncoin.fr est le retour de la proximité. Le site ouvre sur une carte de France. On arrive dans son département en deux clics, dans sa ville, en inscrivant son code postal. Le vendeur est à 2 kilomètres, parfois dans sa rue. Il est possible d’aller voir. Dans l’ancien temps, on apprenait par le boucheà-oreille que le cousin de Georges, qui habite le village d’à côté, avait un cheval à vendre. Aujourd’hui, on le découvre sur Internet. Contrairement au concurrent eBay, qui promet de trouver l’objet rêvé à l’autre bout du monde, Leboncoin rouvre le champ du voisinage. En fait, ce n’est pas seulement le retour de la proximité, une valeur en hausse (le groupe Pagesjaunes a, par exemple, choisi de se renommer « Solocal »). C’est aussi sa réinvention. Sans pour autant sentir le renfermé. Ginette a certes acheté son ordinateur portable à Léon, à trois stations de bus de chez elle. Mais, dessus, elle vient de télécharger la dernière vidéo du coréen Psy, bien qu’elle soit moins réussie que son célèbre « Gangnam Style ». Le message déborde largement la brocante sur Internet. C’est l’amorce d’une société plus horizontale, avec moins d’intermédiaires. Et si les Parisiens sortaient plus souvent de Paris, ils sauraient que la sortie de crise passera justement par cette proximité ouverte sur le monde.
Le troisième message porte sur la valeur. Leboncoin élargit le marché, en y intégrant des millions d’objets qui étaient jusque-là à son pourtour. Le château de Rouffach, en Alsace, mis en vente à 63 millions d’euros, aurait eu un prix de vente sans Leboncoin. C’est moins sûr pour le « superbe tee-shirt Kimbaloo 18 mois » affiché à 1 euro du côté de Montargis. Le même mécanisme est à l’oeuvre dans l’émission de télévision « Un trésor dans votre maison » diffusée par M6, où un animateur et un expert commissaire-priseur aident monsieur et madame Tout-le-Monde à valoriser les objets qui encombrent leur grenier – une émission qui attire près de 2 millions de téléspectateurs. La valeur déborde des magasins, des circuits traditionnels de distribution et de production. Au fond, Leboncoin.fr donne une leçon de marché à tous ceux qui croient déjà le connaître. Ce n’est pas le moindre de ses charmes.
Luxe : le grand écart
« Le groupe de luxe suisse Richemont (Cartier, Van Cleef & Arpels, Jaeger Le Coultre, Montblanc…) a annoncé, jeudi 16 mai, des résultats annuels en très forte hausse : son résultat net a atteint 2 milliards d’euros. La veille, l’italien Tods publiait, en raison d’un affaissement de ses ventes en Italie, non compensées par ses belles avancées en Chine et en Amérique, un recul de 3,7 % de son chiffre d’affaires au premier trimestre, et une baisse de son résultat opérationnel », explique Nicole Vulser dans un article qui paraît ce jeudi dans les pages économie du Monde. « Depuis trois ans, la quasi-totalité des groupes de luxe européens poursuivait au grand galop une croissance qui semblait effrénée. Les 25 à 30 % de hausses annuelles des ventes ou des bénéfices étaient devenues la norme du secteur. Las, la mauvaise conjoncture commence à atteindre certains géants qui pouvaient se croire immunisés contre la crise. C’est le cas de Tods, donc, mais aussi de Louis Vuitton (LVMH) ou Gucci (PPR, bientôt rebaptisé Kering), les deux locomotives des deux grands groupes de luxe français qui doivent désormais se contenter d’une croissance molle », analyse Nicole Vulser. « Cette dichotomie partage le luxe entre les acteurs qui continuent à afficher des résultats étincelants, au-delà ou même très au-delà du fameux ‘double-digit’ (plus de 10 % de croissance) cher aux analystes financiers et ceux qui passent en dessous de cette barre », ajoute la journaliste. Mais les perspectives sont-elles si sombres ?
A lire dans Le Monde.
Editorial du « Monde ». Une cinquantaine de voitures brûlées, une douzaine d’interpellations, quelques bâtiments vandalisés : le bilan de cinq soirées d’émeutes urbaines en Suède, depuis dimanche 19 mai, peut faire sourire dans les commissariats de Strasbourg ou de Brixton, en Grande-Bretagne, où la colère explose régulièrement et dans des proportions plus alarmantes.
Les Suédois, cependant, prennent cette flambée de violences très au sérieux, et ils ont raison. Pas seulement parce que l’image de leur pays, symbole de modération, d’ouverture et de tolérance, est ébranlée. La colère des immigrés des banlieues suédoises illustre aussi les limites du nouveau modèle suédois, celui qui, ces deux dernières décennies, a progressivement transformé le généreux Etat-providence de la social-démocratie en un système moins dépensier mais économiquement plus sain et plus compétitif.
La déréglementation, la discipline budgétaire et une réforme profonde du fonctionnement de l’aide sociale ont permis à la Suède de préserver la qualité de ses services publics sans que le poids de la dette ne grève son économie. L’habile ministre des finances du gouvernement de centre droit à Stockholm, Anders Borg, a d’autres exploits à son palmarès que sa queue-de-cheval et sa boucle d’oreille qui tranchent tant dans les sommets européens : son credo, qui veut que le dynamisme économique et la justice sociale ne soient pas incompatibles, est très convaincant.
Sauf que… un chiffre vient relativiser cette affirmation. Il émane du département des statistiques de l’OCDE : la Suède est le pays développé qui a connu la plus forte augmentation des inégalités depuis vingt-cinq ans. Le coefficient Gini, qui mesure l’inégalité, a augmenté de 25 % en l’espace d’une génération.
Parallèlement, la Suède a maintenu sa tradition de pays d’accueil, en particulier à l’égard des réfugiés politiques. Aujourd’hui, près de 15 % de la population est née en dehors de la Suède, ce qui constitue la proportion la plus élevée des pays scandinaves. Afghanistan, Somalie, Irak, Syrie… les conflits ne manquent pas, qui ont déplacé des centaines de milliers de personnes hors de leurs frontières : généreusement, la Suède a continué à ouvrir ses portes. En 2012, le pays a accueilli 44 000 demandeurs d’asile, soit 50 % de plus qu’en 2011.
La tradition humaniste suédoise, cependant, se heurte aux réalités budgétaires et économiques de « l’Etat-providence light ». Beaucoup de ces immigrés sont logés dans des banlieues transformées, petit à petit, en ghettos, aux écoles sous-équipées qui perpétuent l’échec scolaire. Le chômage, qui atteint aujourd’hui près de 24 % des jeunes en Suède, affecte évidemment plus lourdement encore les jeunes immigrés.
Comme dans bien d’autres pays européens, la montée d’un parti d’extrême droite, les Démocrates suédois, a eu l’effet pervers de légitimer certains propos et attitudes racistes, ainsi que des méthodes policières brutales et discriminatoires.
C’est tout ce contexte qui explique qu’un soir de mai, la mort d’un retraité d’origine portugaise, tué par la police dans un de ces quartiers parce qu’il brandissait un couteau, mette le feu aux poudres. Malgré tous ses mérites, le modèle suédois n’échappe pas au grand défi européen, celui de l’intégration des communautés étrangères.
Par Martin Richer (consultant en «responsabilité sociale des entreprises», membre du think tank Terra Nova)
Les débats sur la « loi de sécurisation de l’emploi », votée mardi 14 mai, ont exacerbé les prises de position des partisans et des adversaires de ce texte. La vivacité des arguments n’a fait que mettre au jour un état de tension qui traverse, en France, le monde du travail et, au-delà, l’ensemble de la société.
La Fondation européenne de Dublin, un institut d’études rattaché à la Commission européenne, vient de publier les premiers résultats de sa « Troisième enquête européenne sur la qualité de vie » (EQLS 2012), qui porte opportunément le sous-titre « Impacts de la crise » (« Third European Quality of Life Survey – Quality of Life in Europe : Impacts of the Crisis », Robert Anderson, Hans Dubois, Tadas Leoncikas et Eszter Sandor, Eurofound, décembre 2012).
Elle confirme que notre pays est handicapé par un niveau de stress particulièrement élevé. En 2011, à la question : « Je me suis senti particulièrement tendu », 5 % des Français répondent « en permanence »(contre 3 % en moyenne européenne), 13 % « la plupart du temps » (contre 9 %), 13 % « plus de la moitié du temps » (contre 11 %).
Parmi les 27 pays de l’Union européenne, seules la Grèce et Chypre font apparaître des taux de stress plus élevés. Dans ce domaine comme dans d’autres, les inégalités sociales sont sensibles : pour le quartile des revenus les plus modestes, la proportion des Français qui se déclarent tendus est de 38% (contre une moyenne européenne de 27%), alors que dans le quartile des revenus les plus élevés, elle est de 28% (contre une moyenne européenne de 19%).
CONDITIONS DE TRAVAIL ANORMALEMENT DIFFICILES
Dans une autre étude publiée fin 2012 (« Fifth European Working Conditions Survey »), la Fondation de Dublin avait déjà montré que la France est handicapée par la persistance de conditions de travail anormalement difficiles par rapport à nos voisins européens sur le plan physique, notamment en matière d’exposition aux postures pénibles, aux risques chimiques et biologiques et à un environnement de travail pénible.
Une particularité de notre pays est donc la mauvaise qualité des conditions de travail, qui s’observe autant sur le plan physique que psychique.
On sait que le manque de reconnaissance est l’un des facteurs de stress les plus significatifs. Or, 30 % des Français déclarent que ce qu’ils font (pas forcément uniquement au travail) n’est pas reconnu par les autres, un niveau très supérieur à la moyenne européenne (22 %) et qui n’est dépassé, là encore, que par la Grèce et Chypre.
La problématique du stress est donc particulièrement ancrée en France.
Un autre facteur de stress réside dans la difficulté à concilier vie professionnelle et vie personnelle : 57 % des Européens déclarent connaître le stress du fait de cette difficulté.
ÉTAT DE FATIGUE
La France (59 %) se situe à un niveau légèrement plus haut que la moyenne européenne. De même, 53 % des Européens (56 % des Français) déclarent qu’il leur arrive souvent de rentrer de leur travail dans un état de fatigue qui ne leur permet pas d’assurer toutes leurs tâches domestiques. Cette proportion est en augmentation (48 % en 2007 pour la moyenne européenne), ce qui reflète la montée des tensions vécues au travail et hors travail.
Autre facteur de stress, l’insécurité de l’emploi s’étend. La proportion des Européens qui pensent probablement perdre leur emploi dans les six mois à venir s’est accrue de 9% en 2007 à 13% en 2011 (15% en France). Cette augmentation très significative masque une explosion dans les pays les plus touchés par la crise: Chypre (de 9% en 2007 à 32% en 2011), Grèce (8% à 31%) et Lettonie (13% à 25%).
Or, on sait aujourd’hui que l’anxiété face au risque de la perte d’emploi est l’un des facteurs de stress les plus aigus, d’autant que la proportion des Européens qui pensent qu’il leur serait difficile de retrouver un emploi en cas de perte du leur est aussi en forte augmentation.
DES CRISPATIONS DANS TOUTE LA SOCIÉTÉ
Mais les tensions ne se cantonnent pas à l’espace professionnel. Sous les coups de boutoir de la crise, elles deviennent crispations et s’exacerbent dans tous les domaines de la société.
C’est ainsi que la proportion des Européens qui considèrent que les tensions sont vives (et pas seulement modérées) se situe à un niveau élevé pour les différences raciales et ethniques (37%), celles qui opposent riches et pauvres (36%), dirigeants d’entreprise et salariés (32%) ou pour les différences religieuses (28%).
Elles sont plus contenues pour les orientations sexuelles (18 %), celles qui opposent jeunes et vieux (13 %) ou hommes et femmes (10 %). Or, chacun des facteurs de tensions recensés par l’étude, sans exception, est plus fortement ressenti en France que dans la moyenne européenne.
Quelque 55 % des Français relèvent des tensions vives entre riches et pauvres, contre 36 % en moyenne européenne (seules la Hongrie et la Lituanie présentent un score plus haut). En janvier 2013, l’Institut français d’opinion publique publiait un sondage réalisé pour le quotidienL’Humanité intitulé « Les Français et la lutte des classes ».
TENSIONS RACIALES ET ETHNIQUES VIVES
La proportion qui répondait par l’affirmative à la question : « Estimez-vous qu’en France, à l’heure actuelle, la lutte des classes est une réalité ? » est passée de 40% en 1964 à 44% en 1967, puis à 64% en 2013… La France se démarque aussi dans le domaine des tensions entre manageurs et salariés : 48 % contre 32 % en moyenne européenne. Seuls trois pays présentent des indicateurs plus élevés : la Hongrie, la Grèce et la Slovénie.
Par ailleurs, un Français sur deux considère que les tensions raciales et ethniques sont vives, contre seulement 37 % en moyenne européenne. Deux pays – la Hongrie et la République tchèque – font pire. La tension religieuse est jugée comme vive par 39 % des Français, contre 28 % en moyenne européenne. La France détient le (triste) record d’Europe.
En France comme ailleurs en Europe, l’ampleur accrue de ces tensions pose la question des conditions de sortie de crise. Les sociétés européennes ont besoin pour cela de s’appuyer sur la cohésion de leur corps social, sur la confiance et la solidarité entre leurs citoyens. Elles n’en prennent pas le chemin.
Martin Richer, consultant en «responsabilité sociale des entreprises», membre du think tank Terra Nova.
Il a été directeur marketing d’Oracle Europe, vice-président Europe de BroadVision et directeur général du cabinet d’études Secafi.
Les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent. Le constat n’est pas nouveau. Un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié mercredi 15 mai, vient sans grande surprise le confirmer, en démontrant que la pauvreté et les inégalités salariales se sont accentuées dans trois quarts des trente pays de l’OCDE au cours des vingt dernières années. Avec toutefois une nuance : la « progression » n’est pas « aussi spectaculaire qu’on le pense généralement »,et permet encore moins « de parler d’un éclatement de la société ».
Cette hausse des inégalités aurait pu être pire si les pouvoirs publics ne les avaient pas contrebalancées par l’Etat-providence, et des dépenses de politiques sociales qui n’ont jamais été aussi élevées qu’aujourd’hui dans les pays de l’OCDE. La tendance actuelle à l’austérité pourrait néanmoins changer la donne, prévient l’organisation : si les gouvernements « ne dépensent plus autant en prestations sociales ou ne ciblent plus aussi étroitement la fiscalité et les transferts sur les personnes aux revenus les plus faibles, alors les inégalités augmenteront beaucoup plus rapidement ».
Des inégalités de salaires accrues depuis la crise
Si cela fait vingt ans que les inégalités de salaire se creusent, la tendance s’est largement accélérée avec la crise économique : l’écart s’est davantage accru entre 2008 et 2010 que pendant les douze années précédentes. En 2010, le revenu des 10 % les plus riches était 9,5 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres.
Ces disparités s’expliquent surtout par l’envolée des hauts salaires, qui ont accentué leur avance sur les autres. En parallèle, les personnes qui ont un faible niveau d’éducation trouvent de moins en moins de travail, et les revenus des ménages les plus pauvres ont diminué, ou moins augmenté, par rapport à ceux des plus riches.
Les inégalités augmentent en Allemagne, baissent en France
Cette hausse des inégalités salariales s’observe tout particulièrement au Canada, en Allemagne, en Norvège ou encore aux Etats-Unis. Tout comme le Mexique, la Grèce ou le Royaume-Uni, la France se démarque, se plaçant du côté de la poignée de pays de l’OCDE qui voient leurs inégalités décroître depuis deux décennies. Au-delà de ces évolutions, les inégalités de salaire sont les plus fortes au Chili, au Mexique, aux Etats-Unis, en Turquie et en Israël, et les plus faibles en Islande, en Slovénie, en Norvège et au Danemark.
En France, si le salaire annuel des plus riches et des classes moyennes se situe dans la moyenne de l’OCDE, celui des plus pauvres (6 967 euros par an) plane 25 % au-dessus. A contre-courant des autres pays de l’OCDE aussi, le taux d’emploi des moins scolarisés a augmenté.
L’Allemagne affiche quant à elle un tableau plus sombre, avec une hausse des inégalités de revenu particulièrement forte à partir de l’an 2000. Outre-Rhin, il y a davantage de jeunes et d’adultes pauvres aujourd’hui qu’en 1985 – même si cette pauvreté dure généralement moins de trois ans. « Les services publics en matière de santé, d’éducation et de logements sociaux ont globalement réduit les inégalités de revenu, mais moins que dans d’autres pays », analyse l’OCDE.
Les enfants et les jeunes s’appauvrissent, pas les seniors
Entre 2007 et 2010, le taux de pauvreté monétaire dans l’OCDE est passé de 13 à 14 % chez les enfants, et de 12 à 14 % chez les jeunes (le taux de pauvreté monétaire mesure la proportion de personnes ayant un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, soit 60 % du niveau de vie médian, celui-ci étant le revenu net en deçà duquel se situe la moitié de la population en Métropole).
En Turquie, en Espagne ou en Belgique, la pauvreté des enfants a même augmenté de deux points. En 2005, un enfant sur huit vivait dans la pauvreté dans les pays de l’Organisation. « Pourtant, on est de plus en plus conscient que le bien-être des enfants est un déterminant clé de la vie qu’ils auront à l’âge adulte – cela influe sur leur niveau de revenu, sur leur état de santé, etc. », note l’OCDE. D’autant que plus les inégalités sont fortes, plus la mobilité sociale est en panne, empêchant donc les jeunes issus de ménages défavorisés de s’en sortir mieux que leurs parents.
Chez les personnes âgées en revanche, la pauvreté a reculé, passant de 15 à 12 %. Elle a même été divisée par deux chez les 51-56 ans. Et ce sont les revenus des 55-75 ans qui ont le plus augmenté ces vingt dernières années. La crise aurait en effet, explique l’OCDE, davantage exposé les ménages actifs, tandis que les retraités bénéficiaient le plus souvent d’une protection sociale.
En cause : Internet, syndicats et structure familiale…
Si le monde semble de plus en plus inégal, « la mondialisation n’explique sans doute pas tout », note l’OCDE, qui avance plusieurs facteurs. Internet par exemple : l’écart entre ceux qui savent l’exploiter et les autres a introduit un « biais technologique », qui défavorise ceux qui n’ont pas ces compétences. L’affaiblissement des syndicats, aussi, a pu priver les travailleurs de la protection dont ils bénéficiaient auparavant.
La structure familiale, par ailleurs, est déterminante dans la hausse des inégalités, avec en première ligne le nombre grandissant de ménages comptant un seul adulte. « Les événements familiaux (divorce, naissance, etc.) jouent un rôle très important dans les situations de pauvreté temporaire, tandis que la réduction des revenus de transfert [prestations sociales, allocations chômage, prestations de sécurité sociale] – à la suite, par exemple, d’un changement dans les conditions ouvrant droit aux prestations – joue un plus grand rôle dans les situations de pauvreté pendant deux années consécutives », explique encore l’OCDE.
… mais l’emploi avant tout
La cause première des inégalités est avant tout liée à l’emploi, ou plutôt à la hausse du chômage. Guillaume Allègre, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques, décrypte ainsi dans un entretien au site de Terra Eco : « Avant la crise, le creusement des écarts était dû à une diminution de la progressivité et de la redistribution des systèmes fiscaux et sociaux dans la plupart des pays. Il était aussi lié à une constante augmentation des revenus parmi les salariés. Depuis 2008 en revanche, c’est la croissance du chômage qui entraîne une hausse des inégalités. »
Pour pallier ces inégalités croissantes, l’OCDE préconise donc des politiques « visant à stimuler la croissance et l’emploi », ainsi qu’une réforme fiscale « afin de veiller à ce que chacun paie sa juste part et reçoive en retour le soutien dont il a besoin ». Le travail reste la priorité –le taux de pauvreté des familles sans emploi est presque six fois supérieur au taux de pauvreté des familles d’actifs –, et les gouvernements doivent donc s’efforcer de faciliter l’accès à l’emploi, à des salaires suffisants pour s’éloigner du seuil de pauvreté, à des perspectives d’évolution professionnelle.
Toutefois, nuance l’Organisation, le travail ne fait pas tout, et plus de la moitié des personnes pauvres appartiennent à des ménages recevant des revenus d’activité trop faibles du fait du volume horaire ou du niveau de salaire.
L’organisation internationale insiste sur le lien entre mobilité entre générations et croissance économique.
Quel est le poids de l’environnement familial et social sur la réussite des enfants ? La question de «l’ascenseur social» mérite l’attention et se pose avec encore plus d’acuité en période de crise économique. Dans une étude publiée cette semaine portant sur l’ensemble des pays de l’OCDE, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques souligne le lien existant entre la mobilité entre générations et le développement économique. «L’absence d’égalité des chances joue sur la motivation, ce qui influe sur la productivité et au bout du compte peut peser sur la croissance», précise l’OCDE.
Première conclusion : il existe un lien direct dans la quasi-totalité des pays entre le milieu socio-économique et les résultats des enfants, en termes d’éducation et de salaire. Une fois encore, l’Europe du Nord, qui est souvent citée en exemple pour ses avancées sociales, témoigne de la plus grande mobilité.
Rôle clé de l’éducation
À l’inverse, l’ascenseur social fonctionne moins bien dans les pays anglo-saxons. Le rêve américain ne serait-il plus qu’un mythe ? «99 % des études parlent de l’immobilisme des États-Unis», indique Orsetta Causa, l’un des auteurs du rapport OCDE. Le rapport entre le salaire du père et celui du fils reste en effet très persistant en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Irlande et dans les pays d’Europe méridionale. «Aux États-Unis,c’est encore plus vrai dans le haut et le bas de l’échelle sociale», précise Orsetta Causa. Dans ces pays, l’avantage salarial dépasse les 20 %. Autrement dit, une personne qui a grandi dans une famille instruite peut gagner en moyenne 20 % de plus que si elle vient d’un milieu au niveau d’instruction moyen.
Au contraire, c’est au Danemark, en Norvège, au Canada et en Australie, que le salaire des parents influe le moins. La France occupe une position intermédiaire : plus égalitaire sur le plan salarial, elle l’est beaucoup moins en termes d’éducation. Comme le confirme encore l’étude, l’éducation constitue un facteur déterminant d’ascension sociale. «Il n’y a pas que le milieu familial qui compte, mais aussi le milieu scolaire, c’est-à-dire l’origine socio-économique des autres élèves. Les enfants sont sensibles aux résultats de leurs camarades», relève Orsetta Causa, qui souligne le manque de mixité sociale des écoles françaises.
Résultat, c’est en France et aux États-Unis que la réussite sociale du père influe le plus sur la performance des enfants dans l’enseignement secondaire. Des inégalités qui se traduisent ensuite dans les études secondaires et se retrouvent dans les salaires.
Au-delà du constat, l’OCDE s’intéresse au rôle des politiques publiques. De quelle manière peuvent-elles contribuer à plus de mobilité ? «En misant sur l’éducation dès la petite enfance, qui s’avère très importante pour les enfants de familles défavorisées», suggère Orsetta Causa.
Concrètement, cela signifie plus de crèches et d’écoles maternelles. Il ressort par ailleurs qu’une sélection précoce dans l’enseignement secondaire, à 10 ans comme c’est le cas en Allemagne et en Autriche, ne favorise pas la mobilité entre les générations. En revanche, des politiques redistributives et des systèmes sociaux plus généraux peuvent y contribuer.
La France obtient d’«excellents résultats» dans l’«indicateur du vivre-mieux» qui compare les 34 pays de l’OCDE sur l’emploi, le logement, les revenus mais aussi les liens sociaux ou la satisfaction personnelle.
Dans l’Hexagone en récession, les Français, plus pessimistes que les Afghans et les Irakiens à en croire un sondage Gallup qui avait fait date, ne sont finalement pas si malheureux que cela. La France figure même «parmi les pays les plus performants sur de nombreux critères de l’indicateur du vivre-mieux». Telle est la conclusion de l’OCDE, qui publie ce mardi la troisième édition de ce classement original. Ce Better Life Index ou BLI, selon l’acronyme anglais, combine onze critères, certains calculés sur des statistiques objectives, portant sur le logement, le revenu ou l’emploi ; d’autres fondés sur des indices subjectifs comme l’autoévaluation de la santé, les «liens sociaux» ou la «satisfaction».
Les statisticiens de l’OCDE ne livrent cependant pas de classement général qui combinerait les onze critères. Car une fois les données publiées sur le site de l’OCDE, chaque internaute peut modifier le classement, d’un simple glissement de souris, en accordant plus ou moins de poids à tel ou tel critère. Dans l’édition 2012, parmi les citoyens de 34 pays de l’OCDE plus le Brésil et la Russie, les Australiens apparaissent néanmoins comme les plus heureux, et les Turcs les moins heureux. Les Français arrivaient en 18e position sur 36, la place médiane, juste derrière les Allemands. Mais cette hiérarchie tient compte de la pondération attribuée par les internautes à chaque critère.
La France championne pour les loisirs
Dans le détail, cette année, la France se classe 10e pour le logement et 11e pour le revenu. Sans grande surprise elle arrive 6e pour… le temps consacré aux loisirs, les Danois étant champions en la matière. S’agissant de la sécurité (critère calculé en combinant les taux d’agressions et d’homicides), la France arrive en 14e position.
Pour l’indicateur subjectif de la «satisfaction à l’égard de la vie», finalement, on retrouve le pessimisme français souligné dans plusieurs enquêtes d’opinion puisque l’Hexagone affiche la 21e position, juste derrière l’Allemagne. Les moins satisfaits sont les Hongrois et les Portugais, les plus satisfaits les Suisses et les Norvégiens. Cependant, malgré ce score peu élevé de la France, 83% des Français interrogés par l’OCDE «indiquent vivre plus d’expériences positives au cours d’une journée moyenne (sentiment de repos, fierté d’avoir accompli quelque chose, plaisir, etc.) que d’expériences négatives (douleur, inquiétude, tristesse, ennui, etc.)».
La création de cet «indicateur du vivre-mieux» par l’OCDE s’inspire de travaux dans la mouvance du Nobel d’économie Joseph Stiglitz qui cherchent à pallier les insuffisances du PIB, thermomètre de la richesse, impropre à mesurer le bien-être d’une population. Le BLI est à l’OCDE ce que le «bonheur national brut» est au petit royaume himalayen du Bhoutan.
Depuis septembre 2008, les Européens font face aux conséquences d’une crise économique si forte qu’elle a profondément changé leurs préoccupations, pas uniquement à propos des questions économiques mais de manière plus générale, entrainant une montée du pessimisme, un renforcement des inquiétudes et même parfois des attitudes de rejet (que ce soit des étrangers, de la mondialisation, de l’Europe ou encore de l’Islam).
Pour comprendre comment la crise économique a profondément remodelé les opinions et les comportements des citoyens européens, mais aussi pour mettre en évidence les forces et les faiblesses sur lesquelles les Européens doivent compter pour sortir de la crise économique, Publicis a demandé à Ipsos/CGI d’interroger plus de 6000 personnes vivant dans six pays emblématiques de l’UE : France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni et Pologne. Dans chacun de ces pays, un échantillon de plus de mille personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus a répondu à un questionnaire en ligne du 14 mars au 7 avril 2013.
Le résumé des principaux enseignements de cette enquête est présenté ci-après, l’intégralité de la synthèse étant proposé en téléchargement à la fin de cet article.
I – La crise a un impact réel sur les attitudes et comportements des Européens
Pour plus de la moitié des Européens interrogés, la crise a aggravé les difficultés qu’ils connaissaient jusque là (60% dont 40% «un peu » et 20% « beaucoup »). Les Italiens et les Espagnols ont été particulièrement touchés (79% et 72%). Moins d’un Espagnol ou Italien sur trois est capable aujourd’hui d’épargner de l’argent à la fin du mois. Beaucoup d’entre eux (ou leur entourage) ont été victimes de sérieuses conséquences de la crise économique. Les Britanniques, et surtout les Allemands, sont quant à eux les moins impactés négativement par la crise : une majorité d’entre eux considère qu’elle n’a pas affecté leur vie quotidienne, ou qu’elle leur a même fait découvrir de nouvelles opportunités.
Les Français et les Polonais sont dans une situation intermédiaire : ils ont été moins impactés que les italiens ou les Espagnols, mais plus que les Allemands ou les Anglais. Les Polonais sont dans une clairement moins confortable que beaucoup d’autres pays Européens, mais l’impact de la crise est assez limité. Les Français sont quant à eux moins impactés qu’ils ne craignent l’être.
Les Européens ont changé leur comportement pour s’adapter à cette situation. Certains de ces changements suscités par la crise économique sont certes positifs (par exemple, 62% déclarent que la crise leur a fait prêter plus d’attention à l’impact de leur consommation sur l’environnement ; 61% sont incités à être plus entreprenants ou à prendre plus d’initiatives).Vertueux lorsque considérés sous l’angle de l’écologie et de la lutte contre le gaspillage, certains de ces gestes ont néanmoins un effet pervers : ils participent au ralentissement de l’économie à travers la réduction de la consommation. Ainsi,88% des Européens déclarent que la crise les incite à beaucoup moins gaspiller ; 76% qu’elle les force à réduire leur consommation. Ces changements participent au déclin de la consommation, et nourrissent le cercle vicieux de la crise.
Dans de nombreux domaines, les Européens ont en effet déjà réduit leur consommation et prévoient de la réduire encore. C’est particulièrement le cas des Italiens et des Espagnols. Près d’un quart d’entre eux envisage même de réduire les dépenses alimentaires.
II – L’Europe semble enlisée dans la crise et la fin de cette dernière est encore peu probable
Si les perspectives d’évolution de la consommation sont aussi sombres, c’est avant tout parce que les Européens n’ont plus confiance dans l’avenir. Trois Européens sur quatre considèrent même que la crise va encore s’aggraver dans leur pays cette année. Une majorité d’entre eux a de plus le sentiment qu’ils ne contrôlent plus la manière dont leur vie se déroule. C’est plus spécialement le cas des Italiens et des Espagnols aujourd’hui. Ce sentiment de perte de contrôle nourrit indéniablement les peurs quant au futur. Une majorité d’Européens (51%) pense même que lorsque leurs enfants auront leur âge, ils vivront moins bien qu’eux (seule une majorité relative de Polonais considère que leurs enfants vivront mieux). Dans la Vieille Europe, le sentiment de la fin d’un âge d’or domine. Les Européens craignent la fin de leur système social. D’ailleurs, c’est la peur de ne pas pouvoir vieillir dans des conditions dignes qui est la plus forte des inquiétudes des Européens (40%), davantage même que la peur de perdre son emploi (19%).
Encore plus inquiétant, les Européens ne croient plus à l’efficacité des réformes. Plus de la moitié d’entre eux considère même que la crise génère des réformes qui auront un impact négatif sur la situation économique et sociale des citoyens (58%, et même 76% des Espagnols). Les Polonais sont les seuls qui croient que la crise suscite des réformes qui vont améliorer leur situation (71%). De plus, la crise est considérée davantage comme un obstacle qu’une opportunité pour faire les changements nécessaires (seulement 39% considèrent que cela nous permettra de retomber sur nos pieds en nous forçant à faire les changements nécessaires, alors que 47% considèrent au contraire que la crise nous empêche de faire les réformes nécessaires puisqu’elles pourraient empirer la situation).
Les Européens ne croient pas en un effet positif de la crise. Une majorité d’entre eux considère que leur pays en sortira affaibli (66%). Les Européens semblent persuadés d’être engagés sur une voie sans issue : celle du déclin.
III – Les acteurs de la sortie de crise : gouvernements, entreprises ou citoyens-consommateurs ?
Dans l’esprit des Européens, les acteurs institutionnels ne sont clairement pas ceux qui peuvent mettre fin à la crise. Ils sont davantage à leurs yeux responsables de l’échec du système que capables de proposer des solutions constructives à la crise. Seuls 29% pensent que leur gouvernement propose des solutions constructives. L’opposition (24%), les syndicats (27%) ou les institutions européennes (29%) ne font guère mieux. Seule une courte majorité d’Européens pense même aujourd’hui que le fait que leur pays fasse partie de l’UE est plutôt un avantage (52%). Pour une majorité d’Allemands, de Britanniques ou d’Italiens, c’est plutôt un inconvénient.
Les autorités ne sont pas seulement incapables de trouver des solutions à la crise, elles aggravent la situation selon beaucoup d’Européens. Dans leur esprit, le problème principal à résoudre pour mettre fin à la crise est d’ailleurs le niveau excessif des impôts (35%), avant même l’égoïsme des riches (27%) ou la fermeture des entreprises industrielles (25%). Les Européens, convaincus de l’impuissance des acteurs publics, jugent même majoritairement nécessaire le fait que des entreprises privées prennent en charge des services publics que seul l’Etat ou des collectivités publiques assuraient jusqu’ici (57%, et même 62% en France).
Face à l’incapacité des acteurs publics de contribuer à la sortie de crise, les entreprises apparaissent comme les acteurs les plus à même de trouver les solutions, surtout quand il s’agit de PME (45% des Européens considèrent qu’elles proposent des solutions constructives face à la crise, soit le meilleur score pour les différents acteurs testés ; 38% pour les grandes entreprises).
Cependant, pour garder cette confiance, les entreprises doivent respecter une sorte de contrat social : préserver les emplois. C’est la priorité principale qu’assignent une majorité d’Européens aux grandes entreprises de leur pays en temps de crise, avant même la baisse de leurs prix.
Conscients de la sévérité de la crise, les citoyens-consommateurs sont prêts à faire de nouveaux efforts, tant que cela n’impacte pas leur pouvoir d’achat. Une majorité est même prête à renoncer à 3 ou 4 jours de congés par an pour mettre fin plus rapidement à la crise.
Les citoyens-consommateurs essaient aussi de regagner le contrôle sur leurs vies en adoptant de nouveaux comportements de consommation (tel que le développement de l’achat et de l’échange de particulier à particulier). Ces changements, bien qu’ils participent à l’actuelle stagnation de la consommation, sont aussi un remède contre la baisse du pouvoir d’achat et l’opportunité de créer une croissance plus durable.
(Reuters) – Global wealth grew faster in 2012 than in the previous two years, boosting the number of millionaires and improving the outlook of the wealthy, according to new studies.
Private investable assets increased 7.8 percent last year, compared with being up 3.6 percent in 2011 and 7.3 percent in 2010, according to the « Global Wealth 2013 » report released Thursday by the Boston Consulting Group. The study calculated the global number of millionaires at 13.8 million, which accounts for 0.9 percent of all households. BCG calculates millionaires by their investable assets excluding a primary residence or business.
One major driving force of the uptick, the rising stock market, has also buoyed the Spectrem Millionaire Investor Confidence Index which measures the outlook of wealthy investors. The latest reading Wednesday was at a 2-1/2 year high. Spectrem measures millionaires differently than BCG, assessing total net worth minus a primary residence.
Still, this brings the numbers almost back to where they were in 2007, before the financial crisis, said George Walper, president of the Spectrem Group, a consulting firm based in Chicago.
« Markets being up has been a great boost moralewise, » he says. « That being said, this population is still really concerned about the recovery being long-term, and about unemployment rates. They know that a great deal of the recovery has been supported by the government. »
U.S. STILL LEADS
Among millionaire households, as BCG defines them, the U.S. has the most with 5.9 million.Japan is next on the list with 1.5 million, followed by China with 1.3 million, but BCG forecasts that they will switch places by 2017.
While it will be some time before those countries unseat the United States, BCG predicts the growth rate in U.S. millionaires will likely not continue to be so heated, slowing to 2.3 percent.
Qatar, notably, has the highest density of millionaires – 143 out of every 1,000 households.
ASSETS UNDER MANAGEMENT
Wealth managers have profited from the growth of global wealth by increasing their assets under management by 13 percent globally in 2012, according to BCG. In North America, specifically, assets under management were up 10 percent, and American banks had a track record for return on assets of 93 basis points.
While this might sound promising, other studies, like Fidelity’s annual Millionaire Outlook study in 2012, show that investors are skeptical about the value of the financial advice they get. Some 43 percent said they did not receive sufficient value from their adviser.
For further growth, wealth managers may want to look at the millennial generation. A new report out Thursday by the Spectrem Group on the behaviors of high-net-worth young people shows that they do not feel as knowledgeable about their investments as their older peers, says Walper. They are also much more interested in using their wealth to help others than previous generations, a desire their advisers can help them pursue.
North America reclaims position as region with most High Net Worth individuals while Asia-Pacific leads overall wealth growth
Toronto, Paris, June 18, 2013 – Fueled by global recovery in the equity and real estate markets, the investable wealth of the world’s High Net Worth Individuals (HNWIs*) rebounded in 2012, growing by 10 percent to reach a record high of $46.2 trillion, after declining 1.7 percent in 2011, according to the World Wealth Report 2013 (WWR), released today by Capgemini and RBC Wealth Management. One million individuals joined the global HNWI population, which reached 12 million, reflecting an increase of 9.2 percent.
North America reclaimed its position as the largest HNWI market in 2012 after being overtaken by Asia-Pacific the year prior. North America’s population of 3.73 million HNWIs surpassed Asia-Pacific’s 3.68 million, while its HNWI wealth reached US$12.7 trillion, above the US$12.0 trillion in the Asia-Pacific region.
« HNWI population increases were strong in 2012, » said Jean Lassignardie, Chief Sales and Marketing Officer, Capgemini Global Financial Services. « However, North America’s lead in both population and wealth is likely to be eclipsed again in the future by Asia-Pacific. Interestingly, while North America led in HNWI population, Asia-Pacific actually had a higher overall wealth growth rate at 12.2 percent, compared to North America’s 11.7 percent. »
Global investable wealth growth was led by HNWIs in higher wealth bands, with ultra-HNWIs** expanding in wealth and number by approximately 11 percent, following declines in 2011.
All regions experienced strong growth in HNWI population and wealth except Latin America, which led growth in 2011, but faltered in 2012 due to slow GDP growth and challenged equity markets.
Record wealth levels achieved despite cautious HNWI investing approach in 2012
HNWIs remained cautious in 2012, highlighting a pronounced focus on wealth preservation in the Global HNW Insights Survey introduced this year in the WWR***, based on feedback from over 4,400 global HNWIs. Despite recent market improvements, one-third (33 percent) of HNWIs are more focused on preserving, versus just 26 percent on growing, their wealth.
Asset allocation trends followed the preservation trend, with almost 30 percent of HNWI wealth held in cash and deposits. Regional differences were clear with equities taking up the largest portion of North American HNWI portfolios (37 percent), while HNWIs in Latin America and Asia-Pacific (excluding Japan) preferred real estate (30 percent and 25 percent of portfolios respectively).
« Despite a marked focus on capital preservation and high cash allocations, high net worth individuals achieved a record level of wealth in 2012, suggesting further growth lies ahead if trust and confidence in the markets increase further, » said M. George Lewis, Group Head, RBC Wealth Management & RBC Insurance.
HNWI trust in Wealth Management industry grows
Global HNWI confidence in the wealth management industry has improved, with 61 percent having a high degree of trust in both wealth managers and their firms in early 2013, up four and three percentage points respectively from last year. Increased trust and a cautiously upbeat economic outlook contributed to 75 percent of HNWIs feeling confident about generating future wealth. At the same time, HNWIs expressed a low level of confidence in markets and regulators, with fewer than half having a high level of trust in each (45 percent and 40 percent, respectively).
In terms of meeting wealth management needs, HNWIs indicated preference for a seamless approach, working with a single firm (41 versus 14 percent preferring multiple firms) and single point of contact (34 versus 24 percent preferring multiple contacts). While 31 percent prefer direct in-person contact, almost one in four HNWIs feel digital communication to be more important, a trend driven by younger HNWIs and those in Asia-Pacific (excluding Japan).
Future outlook cautiously upbeat, led by Asia-Pacific
Looking forward, with the ongoing economic recovery providing an environment of reduced risk and improving investor confidence, global HNWI wealth is forecast to grow by 6.5 percent annually over the next three years. This is in contrast to the sluggish 2.6 percent growth since the financial crisis in 2008. The Asia-Pacific region, which is projected to grow at one and a half times the global average at 9.8 percent, is expected to lead global growth.
The World Wealth Report 2013
The World Wealth Report from Capgemini and RBC Wealth Management is the industry-leading benchmark for tracking high net worth individuals (HNWIs), their wealth, and the global and economic conditions that drive change in the Wealth Management industry. New to this year’s 17th annual edition is findings from one of the most in-depth primary research works available on global HNWI perspectives and behavior. Based on responses from over 4,400 High Net Worth Individuals across 21 countries, the Global HNW Insights Survey explores HNWI confidence levels, asset allocation decisions, as well as their wealth management advice and service preferences.
Download the report at www.worldwealthreport.com
Global private financial wealth grew by 7.8 percent in 2012 to reach a total of $135.5 trillion. (See Exhibit 1.) The rise was stronger than in either 2011 or 2010, when global wealth grew by 3.6 percent and 7.3 percent, respectively.
Global Overview
The growth of private wealth varied considerably by region in 2012, as in previous years, once again highlighting the differences in how the year’s economic forces affected the traditional, mature economies of the “old world” and the rapidly developing economies (RDEs) of the “new world.” Wealth increased measurably in the old-world regions of North America, Western Europe, and Japan, while stronger, double-digit growth characterized the new-world regions of Asia-Pacific (excluding Japan), Eastern Europe, and Latin America. Wealth in the Middle East and Africa (MEA) saw near-double-digit growth.
Overall, private wealth grew by 5.9 percent in the old world in 2012 (representing just over half of the total increase in global wealth), compared with 12.9 percent growth in the new world. (See Exhibit 2.) In terms of newly created wealth—stemming primarily from rises in gross domestic product (GDP), income, and savings rather than from returns on existing wealth—the old world accounted for roughly one-third of the increase in global wealth, with the new world accounting for roughly two-thirds.
North America and Western Europe remained the wealthiest regions in 2012, with total private wealth of $43.3 trillion and $35.8 trillion, respectively. Asia-Pacific (excluding Japan) was the third-largest market, with wealth of $28.0 trillion. Growth in overall wealth in 2012 amounted to nearly $10 trillion, from $125.7 trillion in 2011 to $135.5 trillion in 2012.
Unlike in 2011, the principal driver of the rise in global private wealth in 2012 was the strong rebound in equity markets in most countries, particularly during the second half of the year. In 2012, the S&P 500 rose by 13.4 percent, the Nikkei 225 by 22.9 percent, and the Euro Stoxx 50 by 13.8 percent. Strong stock returns allowed existing assets to contribute far more than usual to the overall growth in wealth, particularly in mature markets. Only a few countries suffered equity market losses, among them European countries such as Spain and Slovakia and MEA countries such as Qatar, Morocco, and Bahrain. The drivers of stronger equity markets included generally supportive monetary policies by central banks (notably in Europe with regard to the euro) and a measure of economic clarity after national elections in countries such as the U.S., Japan, China, France, and Russia.
The proportion of assets held in equities gained 1.5 percentage points to reach 33.9 percent globally in 2012—still 4.8 percentage points below the precrisis level of 38.7 percent. The amount of private wealth held in equities grew globally by 12.6 percent in 2012 to $45.9 trillion, compared with 3.5 percent growth in bonds (to $27.6 trillion) and 5.7 percent growth in cash and deposits (to $60.8 trillion). Currency fluctuations had only a minor impact on the change in wealth as measured in U.S. dollars.
Growth in private wealth was also strongly driven by savings as a percentage of GDP. This effect was especially noticeable in the new world, where savings rates are high. Additionally, high nominal GDP growth rates in RDEs, particularly in India (12.8 percent) and China (11.4 percent), stimulated wealth creation. The BRIC countries as a whole achieved average nominal GDP growth of 10.8 percent in 2012.
Looking ahead, global private wealth is projected to post a compound annual growth rate (CAGR) of 4.8 percent over the next five years to reach $171.2 trillion by the end of 2017. Wealth will continue to grow more rapidly in the new world—at a projected CAGR of 10.5 percent over the next five years compared with 2.1 percent in the old world—driven mainly by high savings rates and continued strong GDP growth in RDEs. The share of private wealth held in the old world will shrink from 71 percent in 2012 to a projected 62 percent by the end of 2017, with the share held in the new world rising from 29 percent to a projected 38 percent.
Overall, the Asia-Pacific region (excluding Japan)—and especially its new wealth—will account for the bulk of the increase in global wealth through 2017. (See Exhibit 3.) In fact, the projected growth in wealth in the new world through 2017 will be driven primarily by new wealth creation. By contrast, projected growth in the old world—where both GDP growth and savings rates are projected to be lower than in the new world—will depend more on the returns on existing assets. Globally, new wealth creation will account for approximately 80 percent of the total growth in wealth through 2017, assuming moderate asset returns.
As a result, wealth managers in the old world will largely be playing a “share stealing” game for existing wealth in which both an institution’s starting position and its ability to retain clients will be critical. In the new world, where aggressive market entrants can grow rapidly, the emphasis will be on capturing a significant slice of the new wealth that is being created.
Millionaires
The total number of millionaire households reached 13.8 million globally in 2012, or 0.9 percent of all households. The U.S. had the largest number of millionaire households (5.9 million), followed by Japan (1.5 million) and China (1.3 million). (See Exhibit 4.) China should surpass Japan in 2013.
The highest density of millionaires was in Qatar, where 143 out of every 1,000 households had private wealth of at least $1 million, followed by Switzerland (116), Kuwait (115), Hong Kong (94), and Singapore (82). The U.S. had the largest number of billionaires in 2012, but the highest density of billionaire households was in Hong Kong (15.1 per million), followed by Switzerland (9.4 per million).
More broadly, the wealthy will continue to get wealthier globally. Over the next five years, global wealth among households with $5 million to $100 million in wealth will grow by a projected CAGR of 8.0 percent, compared with 9.2 percent for the ultra-high-net-worth (UHNW) segment (households with more than $100 million in wealth). (See Exhibit 5.) UHNW households held $7.5 trillion, or 5.5 percent of global private wealth, in 2012—an increase of 0.2 percentage points over 2011—and will hold an estimated $11.6 trillion (6.8 percent of global private wealth) at the end of 2017.
All segments below the $5 million mark will grow at significantly lower rates, and all segments in the old world will grow at lower rates than those in the new world.
Regional Variation
As in previous years, the dynamics of growth in private wealth varied widely across all regions in 2012, and RDEs continued to gain importance. For example, of the BRIC nations, only China was among the top 15 wealthiest countries in 2007. In 2012, China was joined by India. In 2017, China is projected to be ranked second, with India ranked ninth and Russia eleventh. (See Exhibit 6.) By contrast, some old-world countries are losing ground. Switzerland, for example, dropped to thirteenth place in 2012 from eleventh in 2007, and is projected to fall to fifteenth in 2017.
North America. Despite concerns about consumer confidence stemming from the so-called fiscal cliff in the U.S., private wealth in North America rose by 7.8 percent in 2012 to $43.3 trillion. The amount of wealth held in equities grew by 12.5 percent—driven by a strong stock market and relatively solid nominal GDP growth of 4 percent—compared with increases of 2.8 percent for bonds and 5.7 percent for cash and deposits. Private wealth in the U.S. rose by 8.1 percent, far above the 2011 level of 0.5 percent.
With a projected CAGR of 2.1 percent, private wealth in North America will grow to an estimated $48.0 trillion by the end of 2017. In stark contrast with the Asia-Pacific region (excluding Japan), however, less than half of this growth will come from new wealth.
The generally positive market sentiment can be attributed to a somewhat stabilized economic outlook in the U.S., as well as to the continued monetary stimulus provided by the Fed in the form of the third round of quantitative easing. The U.S. savings rate was relatively low, making growth in private wealth more dependent on equity returns, especially compared with RDEs.
Western Europe. Private wealth in Western Europe rose by 5.2 percent to $35.8 trillion in 2012. The amount of wealth held in equities rose by 11.3 percent, bolstered by overall stock-market strength, compared with rises of 1.5 percent for bonds and 3.5 percent for cash and deposits. This strength contrasted with low nominal GDP growth, which varied significantly across countries. For example, the economic growth of France (1.6 percent), Germany (2.0 percent), and the U.K. (1.7 percent) was modest, while Italy (0.9 percent), Portugal (–3.9 percent), and Spain (0.6 percent) fared even worse. The growth in wealth was generally higher in northern Europe than in southern Europe.
Some equity markets in Western Europe performed negatively in the first half of the year, owing to rising economic uncertainty linked partly to the Greek elections. But they rallied in the second half after the head of the European Central Bank (ECB), Mario Draghi, committed to doing “whatever it takes” to save the euro, and the ECB launched the outright monetary transactions initiative.
With a projected CAGR of 2.5 percent, private wealth in Western Europe will grow to an estimated $40.6 trillion by the end of 2017.
Japan. Japan achieved a modest increase of 2.4 percent in private wealth in 2012 to reach $17.2 trillion—but the rate of increase was nonetheless the highest since 2007. Private wealth held in equities grew by 6.5 percent, helped by rising Japanese stocks and generally positive equity sentiment globally, as well as by the depreciation of the yen and the election of a new Japanese president apparently dedicated to fighting deflation in the country—an initiative viewed favorably by investors. Wealth held in bonds fell by 6.5 percent, while wealth held in cash and deposits rose by 1.5 percent. The weakening yen, which fell by 8.1 percent in 2012 against the U.S. dollar, aided the important Japanese export sector, but GDP was flat.
With a projected CAGR of 1.1 percent, private wealth in Japan will grow to an estimated $18.2 trillion by the end of 2017. This growth will be driven mainly by returns on existing wealth. The share of total wealth held by households with less than $1 million was 78 percent in 2012, a high level compared with all other regions.
Asia-Pacific (excluding Japan). Asia-Pacific (excluding Japan) was the fastest-growing global region in terms of private wealth in 2012, posting an increase of 13.8 percent to reach $28.0 trillion. Strong GDP growth in India and China was the principal driver of this expansion, aided by high savings rates. The amount of wealth held in equities (including alternative investments) rose by 21.9 percent, driven largely by improving economic data for China in the second half of the year. Wealth held in bonds rose by 10.6 percent, and wealth held in cash and deposits rose by 10.4 percent. The strongest growth in the region was in the higher wealth bands, with the share of total wealth held by millionaire households reaching nearly 40 percent in 2012.
With a projected CAGR of 11.4 percent, the region will see its private wealth grow to an estimated $48.1 trillion by the end of 2017—just surpassing North America as the world’s wealthiest region—driven strongly by new wealth creation.
Eastern Europe. Eastern Europe’s private wealth rose by 13.2 percent to $2.3 trillion in 2012, underpinned by strong GDP growth in Russia. As in many other regions, the growth in private wealth was supported by generally rising stock markets. Private wealth held in equities rose by 17.7 percent in 2012, compared with increases of 13.0 percent in bonds and 11.6 percent in cash and deposits.
With a projected CAGR of 11.3 percent, private wealth in Eastern Europe will grow to an estimated $4.0 trillion by the end of 2017—more than double the 2010 level but still small compared with Western Europe. The increase will be driven principally by new wealth creation.
Latin America. Latin America achieved double-digit growth in 2012, with total wealth rising by 10.5 percent to $3.9 trillion. Major factors were robust GDP growth in the region as well as the equity market recovery. Private wealth held in equities rose by 20.5 percent in 2012, compared with increases of 11.1 percent in bonds and 8.0 percent in cash and deposits. With a projected CAGR of 8.3 percent, private wealth in Latin America will grow to an estimated $5.9 trillion by the end of 2017.
One overarching trend in Latin America is that the wealth management market is becoming far more competitive than in previous years. There are several reasons for this. First, offshore offerings in the region are becoming more sophisticated as international offshore players enter the market and develop an onshore presence. (See “Trends in Offshore Wealth.”) Other new players are breaking into the market as well, such as asset managers that are moving into the wealth management space and universal banks that are developing new wealth-management products. Family offices are deepening their own offerings. Overall, the global relevance of regional Latin American players is increasing.
Middle East and Africa. Despite the Arab Spring and tensions in Syria, private wealth in the MEA region grew by 9.1 percent to reach $4.8 trillion in 2012. Wealth held in equities in the MEA region grew by 18.3 percent (although significant country differences existed), compared with increases of 9.2 percent in bonds and 5.2 percent in cash and deposits. Equity markets in the region posted sharply different results: for example, the Moroccan equity index fell by 15.1 percent, while the Egyptian equity market rebounded by 50.8 percent.
With a projected CAGR of 6.2 percent, private wealth in the Middle East and Africa will grow to an estimated $6.5 trillion by the end of 2017, with most of the increase coming from new wealth creation linked to strong GDP expansion in oil-rich countries.
Le Monde | 16.06.2013 à 17h25 | Par Pseudonyme collectif « Nous sommes les 1% »
Nous faisons partie du « 1 % » détesté par l’opinion, de ceux qui ont les rémunérations les plus élevées parce qu’ils comprennent les rouages de nos économies globalisées et savent les utiliser à leur avantage ou à celui de leur employeur.
Certains sont des experts en délocalisations compétitives, d’autres en trading à haute fréquence ou en produits dérivés, et nous nous enrichissons au détriment du produit intérieur brut de nos patries, car c’est mathématiquement la meilleure façon de le faire à cause de l’inepte tissu de lois qui nous y incite.
Cela étant, nous préférerions que le tissu législatif nous incite à des activités à plus forte valeur ajoutée pour le bien commun, et que l’enrichissement individuel ne puisse se réaliser sans enrichissement collectif. Nous aussi souhaitons un monde moins inégalitaire et plus durable pour nos enfants.
La crise des » dettes souveraines « actuelle sera sans porte de sortie avec le système législatif, et surtout fiscal, en vigueur. Et, si la plupart des acteurs politiques ont fini par comprendre que les » marchés « (nous, vous, tout le monde) ne prêteraient plus d’argent sans avoir une chance de le revoir et que l’ » austérité « (réalisme budgétaire) était un passage obligé, ils n’ont toujours pas tous assimilé que l’on ne pouvait réellement rembourser ses dettes qu’avec de la richesse créée et non pas empruntée.
FAVORISER LA CRÉATION DE VALEUR
Les méthodes habituelles ne s’appliquent plus au stade où nous en sommes, et toute politique de relance par l’endettement est vouée par avance à l’échec. La première femme de ménage venue sait qu’elle n’obtiendra plus de crédit de personne si elle ne peut faire face à ses échéances, et elle recherchera alors avant tout des compléments d’activité pour augmenter ses revenus.
Par pitié, essayons d’être collectivement aussi intelligents qu’elle.
Il incombe aux législateurs de mettre en place le cadre favorisant la création de valeur, et jusqu’à présent, c’est plutôt raté. Partout nous entendons » il faut se répartir la richesse « , mais toujours ce n’est que le revenu du travail qui est considéré, or dans une économie mondialisée l’offre de travail locale est économiquement très élastique au coût du travail (ce qui signifie que, comme une savonnette, plus vous allez appliquer une pression forte dessus, plus il partira loin…). Il n’y a pas d’alternative, si nous voulons avoir plus de revenus, il faut produire plus à l’intérieur du pays (PIB).
Un réflexe simpliste consiste à diaboliser les marchés financiers et les investisseurs, car le commun des mortels se rend bien compte des nombreuses injustices qu’ils impliquent (sans comprendre forcément lesquelles). Mais il importe de distinguer l’investissement créateur de valeur (outils de production, formations, etc.) de l’investissement prédateur de valeur (trading à haute fréquence, marchés locatifs, bulles sur les matières premières, etc.) et de favoriser le premier au détriment du second.
Toute richesse immobilisée pour en obtenir une rente (et non pas financer une production) ne crée pas de valeur, mais ne sert qu’à en prélever sur l’économie productive et devrait donc être découragée par les législateurs censés défendre les intérêts de la collectivité (ou alors nous avons fait 1789 pour rien, car le système s’est reproduit).
9 600 MILLIARDS D’EUROS
Durant les dix dernières années, le patrimoine des Français est passé de 3 800 milliards à 9 600 milliards d’euros, et le montant global de la dette de la France n’est « que » de 1 700 milliards. Nous aurions donc très largement pu nous libérer de notre endettement en appliquant une structure de taxation différente.
Si vraiment l’économie n’est pas un sujet qui vous parle, pour comprendre notre situation actuelle, nous pouvons utiliser l’analogie suivante : prenez un malade (nos économies) sur son lit d’hôpital, il est couvert d’hématomes (liquidités immobilisées qui ne servent à rien), à tel point que la plupart de ses organes ne sont plus irrigués par ce sang immobilisé et sont en train de mourir (austérité, récession, chômage), alors on lui transfuse du sang en grande quantité dans l’espoir d’irriguer ces organes mourants (mise à disposition de liquidités des banques centrales…), mais en fait la majeure partie de ce sang part augmenter la taille des hématomes (augmentation des inégalités, développements des bulles spéculatives sur les matières premières, l’art, l’immobilier), jusqu’à ce que le malade décède par la nécrose des organes mal irrigués ou qu’un bon médecin ferme les canaux alimentant les hématomes et les résorbe ce qui permet de forcer le sang a circuler correctement à nouveau.
Pour réellement sortir de la crise il faut, et il suffit de :
Premièrement, supprimer autant que possible les charges et impôts portant sur le travail créateur de richesses, ainsi que sur les ressources mobilisées pour le financement de ces activités. Par exemple, diminuons les charges sur le travail de 30 %, et supprimons l’impôt sur les revenus des activités salariées et des investissements productifs. En revanche, continuons à taxer les activités prédatrices pour financer ces mesures (voir le deuxième point).
A l’heure actuelle, les montants des impôts et charges pesant sur le travail sont tellement élevés que nous avons tous tendance à essayer de tout faire par nous-mêmes (pelouse, peindre ses volets, faire garder les enfants, gérer la dépendance des personnes âgées, etc.), alors que nous supportons par ailleurs un chômage grandissant.
CREUSER LES INÉGALITÉS
Il serait quand même largement préférable de pouvoir rémunérer quelqu’un de plus qualifié pour réaliser ces tâches, à des coûts raisonnables, sans que cela soit appelé du travail au noir. Cela réduirait les inégalités par une meilleure circulation des revenus, tout en faisant progresser la qualité de vie de tous. )
Si tous les français décident de donner un euro à un chanteur parce que sa dernière chanson leur plaît, il ne semble pas indécent que son revenu dépasse 60 millions d’euros et qu’il en garde la libre disposition, sous réserve que ce montant soit dépensé (réinjecté dans l’économie) ou investi dans des sociétés qui vont créer des produits ou des services pour nos concitoyens.
Par contre, si ces sommes sont par exemple immobilisées dans des biens immobiliers pour en retirer une rente, elles ne servent plus qu’à prélever de la richesse produite par des travailleurs pour augmenter un enrichissement sans fin (jusqu’à destruction du système) et creuser les inégalités (d’autant plus que cela alimente la spéculation immobilière, et le renchérissement des actifs immobiliers).
Deuxièmement, mettre en place une imposition des ressources non investies dans la production de richesse. Taxons, par exemple, les revenus financiers venant d’investissements réalisés sur des matières premières par des acteurs non capables de transformer ces matières ou, de manière plus générale, toute ressource (options, futures) détenue par un acteur non industriel qu’il ne sait pas transformer lui-même.
Cela réduira notablement l’intérêt de la plupart des produits dérivés ; taxons aussi chaque émission de transaction financière, qu’elle soit ultérieurement annulée ou pas, pour supprimer tout intérêt aux activités de trading à haute fréquence ; enfin, rendons progressive la taxe foncière en fonction du nombre de mètres carrés détenus (franchise de 20 m2 par résident de la résidence principale, puis taux croissant par tranche de 50 m2 supplémentaires détenus), ce qui forcera les gros investisseurs à réorienter leurs placements vers l’économie productive, tout en fluidifiant le marché de l’immobilier.
Actuellement, de nombreux investisseurs misent sur une dégringolade économique des pays » industrialisés « (en voie de désindustrialisation…) et parient sur les matières premières, l’or, le blé, le pétrole, grâce aux tonnes de liquidités mises sur le marché par les banques centrales.
Ce faisant, ils relancent la pire des inflations qui soit (pour les individus) et participent à la déstabilisation de nos économies (tout en s’enrichissant sans rien produire).
Qu’un fabricant de pain puisse acheter des contrats » futurs « sur le blé est normal, qu’une banque, un fond, etc. puisse acheter des actions d’un fabricant de pain est normal, mais qu’une entité purement financière soit laissée libre d’investir en direct sur des matières ne sera jamais que de la spéculation sans aucun intérêt pour la collectivité.
Quand nous laissons faire ça, à notre détriment collectif et au bénéfice des seuls bonus de certains, et qui plus est grâce à des liquidités provenant de l’endettement souverain, il y a de quoi se demander si après tout nous ne méritons pas ce qui nous arrive.).
SÉPARER LES ACTIVITÉS DE DÉPÔT DES ACTIVITÉS D’INVESTISSEMENT
Troisièmement, mettre en place une taxation de la consommation avec une échelle de progressivité en fonction inverse de la nécessité des produits et activités taxés et de leur impact sur l’environnement. Cela permettra aux importations de participer au financement de notre système social (sans protectionnisme) et aura un impact positif sur notre balance commerciale.
Il y a de plus en plus de gros SUV circulant partout, et particulièrement dans les centres villes, ne serait-il pas normal de faire porter une taxe sur la consommation (à taux très élevé, 40% à 60%) à ce type d’engins qui puent, polluent, et prennent une place considérable pour ne transporter le plus souvent qu’une seule personne ?
En allant au bout de la logique actuelle, un célèbre concepteur de tablettes tactiles (très très bien valorisé par les marchés) concourt en fait au déficit commercial de son pays, car il n’en fait travailler aucun producteur (trop cher).
Ne serait-il pas normal que la vente de ses produits finance, grâce au renchérissement des taxes sur la consommation, les coûts sociaux que la collectivité doit supporter pour assumer ses décisions ?
La plupart des dirigeants des grosses sociétés cotées occidentales (dont notre CAC40) ne se plaignent pas auprès des structures politiques, car elles se sont adaptées et sous-traitent sur les pays à » bas coûts « la majeure partie amont de leur chaîne de valeur tout en préservant leurs résultats financiers propres, ce faisant elles pilotent la désindustrialisation de nos économies et externalisent toute croissance potentielle.
« RÈGLE D’OR »
A l’inverse, pour vendre aux grosses sociétés chinoises équivalentes vous avez obligation de produire en Chine via une joint venture à majorité chinoise (ce qui pénalise forcément ces sociétés, mais améliore la croissance chinoise via les transferts d’activité induits).
Quatrièmement, appliquer la « règle d’or » suivante : l’assiette des impôts et taxes évoquées aux deuxième et troisième points doit être calculée de façon à équilibrer le budget de l’Etat tout en maintenant le financement de notre système social.
Enfin, cinquièmement, séparer les activités de dépôt des activités d’investissement au sein des banques.
Jusqu’ici, la collectivité a pris à sa charge le sauvetage de l’actionnariat des banques, ainsi que de leurs dirigeants et de leurs cadres, pour qu’il n’y ait pas de conséquences sur les titulaires des comptes de dépôt.
Si les activités bancaires étaient dissociées dans des entités juridiques différentes en fonction de leur nature, la collectivité aurait pu laisser ces – très riches – banquiers perdre leur emploi, leur actionnariat – qui s’est bien enrichi jusque-là – assumer leurs pertes, sans que cela ait d’effet sur les titulaires des comptes de dépôt et sur l’endettement souverain.
DE DROITE MAIS DE GAUCHE
Aujourd’hui, lorsqu’un banquier fait prendre des risques à sa banque, il ne s’exposera même pas à la perte de son emploi, et, tant que le risque ne se matérialise pas, il engendre des bonus faramineux… Il aurait bien tort de s’en priver.
Conclusion : nous sommes de droite, car nous voulons que les entrepreneurs aient plus de chances de succès et que les revenus du travail et du capital investis pour financer des activités productives ne soient plus taxés.
Mais nous sommes de gauche, car nous voulons la préservation de notre système social (dont on pourrait quand même améliorer la productivité…), la réduction des inégalités et la redistribution des richesses immobilisées. Et nous sommes écologistes, car nous voulons que les gaspillages superflus soient le plus possible découragés par une taxation plus forte de tout ce qui pue, pollue ou nuira à l’environnement de nos enfants.
Ces décisions auraient dû être prises lors de l’apparition de la crise, mais l’occasion a été ratée. Nous avons été profondément déçus de voir des mesures similaires être comprises trop tardivement (TVA sociale, mais avec une amplitude très insuffisante), et nous sommes effondrés de voir qu’il n’en est plus de prévues.
En appliquant les principes qui viennent d’être énoncés, même une décroissance permettant de préserver notre environnement serait indolore grâce à la réduction des inégalités qui en résulterait.
Malheureusement, dans nos vieilles démocraties européennes, où l’on fait carrière en politique avec peu de possibilités de retour à la vie » civile « , le but de nos politiques est avant tout leur réélection et ils savent que les électeurs votent avant tout » contre « quelqu’un, avant de voter » pour « des idées, par suite la réalisation de vraies réformes structurelles relève d’un quasi-suicide politique, alors il n’est pas étonnant de ne voir que des successions de » mesurettes « plus ou moins consensuelles et sans effet économique autre que d’augmenter notre endettement.
Ainsi, aucun nouveau Roosevelt ou De Gaulle n’a osé se montrer pour faire (re-faire (?)) le travail, mais il serait temps d’y penser avant que ce soit un nouvel Hitler qui s’y colle.
« Nous sommes les 1 % » est le pseudonyme collectif d’un groupe d’industriels, entrepreneurs, investisseurs, banquiers et économistes, acteurs de l’économie française.
C’est un symbole qui peut en dire long, soit de l’état désastreux des finances américaines, soit de l’extravagance des sommes qui peuvent aujourd’hui être réunies par une seule et même société commerciale. Nous l’avions déjà vu au sujet de Microsoft, qui a pu sortir en cash l’équivalent d’une année de PIB d’un pays comme Madagascar pour s’offrir Skype, qui n’est pourtant qu’un logiciel de communication.
Le Financial Times rapporte qu’Apple, dont les seuls bénéfices sont désormais équivalents au chiffre d’affaires annuel de Google (!), possède désormais davantage de dollars dans ses réserves que le gouvernement américain (mise à jour : La Tribune rapportait récemment que c’était le cas pour 29 établissements). Ce qui ne doit cependant pas être confondu avec la richesse, qui repose avant tout sur les actifs.
La société de Steve Jobs compte un peu plus de 75 milliards de dollars sur son compte en banque, alors que la balance opérationnelle des Etats-Unis a baissé à seulement 73 milliards de dollars. S’il dépense plus que ses réserves, le gouvernement américain devra relever le plafond de sa dette, ce qui fait actuellement l’objet d’un bras de fer très tendu entre l’administration Obama et le Congrès.
En France, au 31 décembre 2010, la trésorerie nette de l’Etat affichait 64,6 milliards d’euros. Total, première société du CAC40, comptait au même moment 14,5 milliards d’euros de trésorerie.
U.S. balance now less than Apple cash
Matt Hartley | 11/07/28 | Last Updated: 11/08/09 3:21 PM ET
David Paul Morris/Getty Images
Steve Jobs is now more liquid than Uncle Sam.
While it’s highly unlikely that President Barack Obama is looking to ask the founder and chief executive of Apple Inc. for a loan, it became a fact as of Thursday afternoon — the world’s largest technology company now has more cash on hand than the most powerful democracy on Earth has spending room.
As Republicans and Democrats continue to work towards a compromise to the country’s debt ceiling crisis, the U.S. Treasury Department said on Thursday that Washington now has a total operating balance of only US$73.768-billion.
Meanwhile, Apple currently boasts a cash reserve of US$75.876-billion, as of its most recent quarterly earnings report at the end of June.
Of course, the numbers aren’t directly comparable; the government’s number represents how much financial headroom it has before bumping up against an arbitrary debt ceiling, while Apple’s cash reserve represents the pile of money the Cupertino, California-based company has available on its balance sheet.
Still, the numbers show just how powerful Apple has become since the launch of the iPhone in 2007. Earlier this week, shares of Apple began trading North of US$400 on the Nasdaq Stock Market for the first time in the company’s history.
Apple’s market capitalization currently stands at US$363.25-billion, making it the second largest company on the planet, after Exxon Mobil.
Les liquidités détenues par les entreprises non financières du CAC 40 sont reparties à la hausse en 2012 pour atteindre un montant record de 161 milliards d’euros. Si les supports d’investissement conformes à IAS 7 restent largement majoritaires, les entreprises plébiscitent toujours plus les dépôts à terme à échéance longueAprès une brève stagnation en 2011, le montant des liquidités à disposition des entreprises non financières du CAC 40 a retrouvé le chemin de la croissance l’an dernier pour atteindre un montant record de 161 milliards d’euros au 31 décembre, en hausse de 6 % sur un an et de 61 % depuis fin 2007. Observable chez deux tiers des membres du CAC 40, mais loin de refléter la situation d’entreprises de plus petites tailles, qui ont-elles été davantage exposées au durcissement de leurs conditions d’accès au financement, la progression des soldes de trésorerie met un peu plus en exergue la notion de coût de portage dans un contexte marqué par la faiblesse historique des taux interbancaires, qui se répercute en bout de chaîne sur les rémunérations des placements financiers. « Le taux d’intérêt effectif moyen des dépôts bancaires à court terme ressort à 0,98 % en 2012 contre 1,38 % en 2011 », illustre le rapport annuel de Michelin. Celui de Gemalto, qui fait partie avec Solvay des deux dernières entreprises à avoir intégré la composition du CAC 40 en remplacement de Peugeot et Alcatel-Lucent, mentionne lui « untaux d’intérêt effectif moyen des placements à court terme de 1,44 % en 2012 contre 1,61 % en 2011 ». La situation est vouée à perdurer en raison du très probable maintien de politiques monétaires accommodantes par les grandes banques centrales.
Article original, qui contient un tableau complet sur la trésorerie des entreprises du CAC 40.
La part des revenus captée par les 1 % les plus riches a nettement baissé pendant les Trente Glorieuses (1945-75). Depuis, le phénomène s’inverse.
Les années 1930 et 1940 sont marquées par une nette diminution de la part du revenu global que reçoit le 1 % le plus riche de la population. La crise des années 1930, puis la guerre, sont passées par là : elles ont nettement réduit les niveaux des revenus du patrimoine. Par la suite, le développement de la protection sociale a amélioré la condition des catégories défavorisées. Ainsi la part des revenus perçue par le centième de la population le plus riche est passée de 15 % en 1935 à 9 % en 1950 en France, de 15,7 % à 11,4 % aux Etats-Unis, de 18,7 à 7,7 % au Japon.
La part des revenus concentrée dans les mains du 1 % des plus riches s’est plutôt stabilisée ensuite, dans les années 1950 et 1960, entre 6 % (Suède) et 12 % (Allemagne). Mais dès les années 1970, elle se remet à progresser dans les pays anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni et Canada), où elle retrouve les niveaux d’avant-guerre. La remontée est moins forte et plus récente (années 1980 et 1990) dans les autres pays riches, mais elle est de plus en plus nette.
Les données ne sont pas encore disponibles, mais l’effondrement du cours des actions et la baisse des dividendes versés va certainement faire fléchir la part du 1 % le plus riche, au moins pour l’année 2008…
Part des revenus avant impôts perçue par les 1 % les plus riches
Source : Moyenne mobile sur les données d’Anthony Atkinson, Thomas Piketty et Emmanuel Saez « Top Incomes in the Long Run of History » Oxford University Press, Avril 2009
Part des revenus avant impôts perçue par les 1% les plus riches
Pays occidentaux
Unité : %
1919
1935
1950
1974
1986
1995
2005
États-Unis
15,9
15,6
11,4
8,1
9,1
13,5
17,4
Royaume-Uni
19,6
17 (*)
11,9 (**)
6,5
7,6
10,8
14,3
Allemagne
19,5
12,0
11,6
10,1
9,9
9,2
11,1 (***)
Japon
15,3
18,7
7,7
7,2
7,2
7,3
9,2
France
19,5
15,4
9,0
8,5
7,4
7,7
8,2
Suède
16,3
12,3
7,6
5,5
4,1
5,2
6,3
(*) 1937 (**) 1951 (***) 1998 Source : « Top Incomes in the Long Run of History » Anthony Atkinson, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, Oxford University Press, Avril 2009
Dans les nouveaux pays industrialisés tels que l’Argentine ou Singapour, la concentration des richesses reste très élevée. Toutefois, l’Inde a connu une baisse durable de la part détenue par les 1 % les plus aisés grâce au développement d’une classe moyenne. Les données chinoises sont à considérer avec précaution, car la propriété privée est peu développée mais ce qui appartient à l’Etat est souvent approprié par les cadres du parti communiste chinois…
Part des revenus avant impôts perçue par les 1% les plus riches
Nouveaux pays industrialisés
Unité : %
Article original :
http://www.slate.com/articles/news_and_politics/the_great_divergence/features/2010/the_united_states_of_inequality/can_we_blame_income_inequality_on_republicans.html
The United States of Inequality
Posted Thursday, Sept. 9, 2010, at 10:14 PM
Ronald Reagan
Liberal politicians and activists have long argued that the federal government caused the Great Divergence. And by « federal government, » they generally mean Republicans, who have controlled the White House for 20 of the past 30 years, after all. A few outliers even argue that for Republicans, creating income inequality was a conscious and deliberate policy goal. Until recently, the consensus among academics—even most liberal ones—was quite different. Economists argued that the Great Divergence was the result not of Washington policymaking but of larger « exogenous » (external) and « secular » (long-term) forces. In June, the Congressional Budget Office calculated that spending by the federal government made up 23 percent of U.S. gross domestic product, after averaging 18.5 percent during the previous four decades. But even with federal spending at this unusually high level (necessitated by a severe recession), Washington’s nut remains less than one-quarter the size of the economy. Most of that nut is automatic « entitlement » spending over which Washington policymakers seldom exert much control. Brad DeLong, a liberal economist at Berkeley,expressed the prevailing view in 2006: « [T]he shifts in income inequality seem to me to be too big to be associated with anything the government does or did. »My Slate colleague Mickey Kaus took this argument one step further in his 1992 book The End of Equality, positing that income inequality was the inevitable outgrowth of ever-more-ruthlessly efficient markets, and that government attempts to reverse it were certain to fail. « [Y]ou cannot decide to keep all the nice parts of capitalism, » he wrote, « and get rid of all the nasty ones. » Instead, Kaus urged liberals to combatsocial inequality by nurturing egalitarian civic institutions (parks, schools, libraries, museums) and by creating some new ones (national health care, national service, a revived WPA) that remove many of life’s most important activities from the « money sphere » altogether.
Finding ways to increase social equality is an important goal, and Kaus’s book remains a smart and provocative read. But the academic consensus that underlay Kaus’s argument (and DeLong’s more modest one) has lately started to crumble.
Economists and political scientists previously resisted blaming the Great Divergence on government mainly because it didn’t show up when you looked at the changing distribution of federal income taxes. Taxation is the most logical government activity to focus on, because it is literally redistribution: taking money from one group of people (through taxes) and handing it over to another group (through government benefits and appropriations).
Another compelling reason to focus on taxation is that income-tax policy has changed very dramatically during the last 30 years. Before Ronald Reagan’s election in 1980, the top income tax bracket stood at or above 70 percent, where it had been since the Great Depression. (In the 1950s and the Mad Men early 1960s, the top bracket exceeded 90 percent!) Throughout the Great Compression, as the economy boomed and income inequality dwindled, the top bracket resided at a level that even most Democrats would today call confiscatory. Reagan dropped the top bracket from 70 percent to 50 percent, and eventually pushed it all the way down to 28 percent. Since then, it has hovered between 30 percent and 40 percent. If President Obama lets George W. Bush’s 2001 tax cut expire for families earning more than $250,000, as he’s expected to do, Tea Partiers will call him a Bolshevik. But at a whisker under 40 percent (up from 35), the top bracket would remain 30 to 50 percentage points below what it was under Presidents Eisenhower, Nixon, and Ford. That’s how much Reagan changed the debate.
But tax brackets, including the top one, tell you only the marginal tax rate, i.e., the rate on the last dollar earned. The percentage of total income that you actually pay in taxes is known as the effective tax rate. That calculation looks at income taxed at various rates as you move from one bracket to the next; it figures in taxes on capital gains and pensions; it figures in « imputed taxes » such as corporate and payroll taxes paid by your employer (on the theory that if your boss didn’t give this money to Uncle Sam he’d give it to you); and it removes from the total any money the federal government paid you in Social Security, welfare, unemployment benefits, or some other benefit. Reagan lowered top marginal tax rates a lot, but he lowered top effective tax rates much less—and certainly not enough to make income-tax policy a major cause of the Great Divergence.
In 1979, the effective tax rate on the top 0.01 percent (i.e., rich people) was 42.9 percent,according to the Congressional Budget Office. By Reagan’s last year in office it was 32.2 percent. From 1989 to 2005 (the last year for which data are available), as income inequality continued to climb, the effective tax rate on the top 0.01 percent largely held steady; in most years it remained in the low 30s, surging to 41 during Clinton’s first term but falling back during his second, where it remained. The change in the effective tax rate on the bottom 20 percent (i.e., poor and lower-middle-class people) was much more dramatic, but not in a direction that would increase income inequality. Under Clinton, it dropped from 8 percent (about where it had stood since 1979) to 6.4 percent. Under George W. Bush, it fell to 4.3 percent.
Measuring tax impacts is not an exact science. There are many ways to define rich, poor, andmiddle class, and many variables to consider. Some experts have looked at the same data and concluded that effective tax rates have gone up slightly for people at high incomes. Others concluded they’ve gone down. The larger point is that you can’t really demonstrate that U.S. tax policy had a large impact on the three-decade income inequality trend one way or the other. The inequality trend for pre-tax income during this period was much more dramatic. That’s why academics concluded that government policy didn’t affect U.S. income distribution very much.
But in recent years a few prominent economists and political scientists have suggested looking at the question somewhat differently. Rather than consider only effective tax rates, they recommend that we look at what MIT economists Frank Levy and Peter Temin call « institutions and norms. » It’s somewhat vague phrase, but in practice what it mostly means is « stuff the government did, or didn’t do, in more ways than we can count. » In his 2007 book, The Conscience of a Liberal, Princeton economist and New York Times columnist Paul Krugman concludes that there is « a strong circumstantial case for believing that institutions and norms … are the big sources of rising inequality in the United States. » Krugman elaborated in his New York Times blog:
[T]he great reduction of inequality that created middle-class America between 1935 and 1945 was driven by political change; I believe that politics has also played an important role in rising inequality since the 1970s. It’s important to know that no other advanced economy has seen a comparable surge in inequality.
Proponents of this theory tend to make their case not by measuring the precise impact of each thing government has done but rather by charting strong correlations between economic trends and political ones. In his 2008 book Unequal Democracy, Larry Bartels, a Princeton political scientist, writes:
[T]he narrowly economic focus of most previous studies of inequality has caused them to miss what may be the most important single influence on the changing U.S. income distribution over the past half-century—the contrasting policy choices of Democratic and Republican presidents. Under Republican administrations, real income growth for the lower- and middle-classes has consistently lagged well behind the income growth rate for the rich—and well behind the income growth rate for the lower and middle classes themselves under Democratic administrations.
Bartels came to this conclusion by looking at average annual pre-tax income growth (corrected for inflation) for the years 1948 to 2005, a period encompassing much of the egalitarian Great Compression and all of the inegalitarian Great Divergence (up until the time he did his research). Bartels broke down the data according to income percentile and whether the president was a Democrat or a Republican. Figuring the effects of White House policies were best measured on a one-year lag, Bartels eliminated each president’s first year in office and substituted the year following departure. Here is what he found:
Overall, pre-tax income increased 1.42 percent annually for the 20th percentile (poor and lower-middle-class people) and 2 percent annually for the 95th percentile (upper-middle-class and rich people). The White House during this period was occupied by five Democrats (Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton) and six Republicans (Eisenhower, Nixon, Ford, Reagan, Bush I, Bush II). Bartels plotted out what the inequality trend would have been had only Democrats been president. He also plotted out what the trend would be had only Republicans been president.
In Democrat-world, pre-tax income increased 2.64 percent annually for the poor and lower-middle-class and 2.12 percent annually for the upper-middle-class and rich. There was no Great Divergence. Instead, the Great Compression—the egalitarian income trend that prevailed through the 1940s, 1950s, and 1960s—continued to the present, albeit with incomes converging less rapidly than before. In Republican-world, meanwhile, pre-tax income increased 0.43 percent annually for the poor and lower-middle-class and 1.90 percent for the upper-middle-class and rich. Not only did the Great Divergence occur; it was more greatly divergent. Also of note: In Democrat-world pre-tax income increased faster than in the real world not just for the 20th percentile but also for the 40th, 60th, and 80th. We were all richer and more equal! But in Republican-world, pre-tax income increased slower than in the real world not just for the 20th percentile but also for the 40th, 60th, and 80th. We were all poorer and less equal! Democrats also produced marginally faster income growth than Republicans at the 95thpercentile, but the difference wasn’t statistically significant. (More on that in a future installment.)
What did Democrats do right? What did Republicans do wrong? Bartels doesn’t know; inUnequal Democracy he writes that it would take « a small army of economists » to find out. But since these are pre-tax numbers, the difference would appear to be in macroeconomic policies. (One clue, Bartels suggests, is that Republicans always worry more than Democrats about inflation.) Bartels’ evidence is circumstantial rather than direct. But so is the evidence that smoking is a leading cause of lung cancer. We don’t know exactly how tobacco causes the cells inside your lungs to turn cancerous, but the correlation is strong enough to convince virtually every public health official in the world.
Jacob Hacker and Paul Pierson, political scientists at Yale and Berkeley, respectively, take a slightly different tack. Like Bartels and Krugman, they believe that government action (and inaction) at the federal level played a leading role in creating the Great Divergence. But the culprit, they say, is not so much partisan politics (i.e., Republicans) as institutional changes in the way Washington does business (i.e., lobbyists). « Of the billions of dollars now spent every year on politics, » Hacker and Pierson point out in their new book, Winner-Take-All Politics, « only a fairly small fraction is directly connected to electoral contests. The bulk of it goes to lobbying…. » Corporations now spend more than $3 billion annually on lobbying, according to official records cited by Hacker and Pierson (which, they note, understate true expenditures). That’s nearly twice what corporations spent a decade ago.
According to Hacker and Pierson, industry began to mobilize in the early 1970s in response to liberalism’s political ascendancy (which didn’t end when Richard Nixon entered the White House in 1969):
The number of corporations with public affairs offices in Washington grew from 100 in 1968 to over 500 in 1978. In 1971, only 175 firms had registered lobbyists in Washington, but by 1982, 2,500 did. The number of corporate [political action committees] increased from under 300 in 1976 to over 1,200 by the middle of 1980. […] The Chamber [of Commerce] doubled in membership between 1974 and 1980. Its budget tripled. The National Federation of Independent Business (NFIB) doubled its membership between 1970 and 1979.
The resultant power shift, they argue, affects Democrats and Republicans alike.
Academics who believe that government policies are largely responsible for the Great Divergence don’t breeze past the relevant mechanisms. Bartels writes at length about repeal of the estate tax, and the decline of the minimum wage; Hacker and Pierson about financial deregulation. But their approach to them is more impressionistic than comprehensive. They offer examples and make arguments that are a little more speculative. We’ll look at one such example in the next installment.